‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 58 sur 90 · PROPOSITION XI · texte numérisé non relu

PROPOSITION XI

L'impuissance est PERMANENTE, lorsque la cause qui la produit persiste elle-même , ettient sans cesse les organes génitaux sous sou influence.

On peut comprendre dans ce cas l'extrême jeunesse, la caducité, Les passions débilitantes, la plupart des aliénations mentales, les infirmités et les lésions des orga-

nes sexuels.

Age trop précoce (1). Le développement trop

(1) Les adolescens doivent redouter les premières ardeurs de Vénus, si leur tempérament n’est pas formé, ou semblable à un bouton près d'éclore, qu’un rayon de soleil dessèche; celui qui a abusé de l’apparence de la virilité perd, sans espoir de retour, les facultés procréatrices. « Jeune homme, dit M. de L..... (t.IF, p. 239), qui voulez l'être long-temps, attendez que votre tem-

pérament soit décidé avant de vous livrer à l'amour : vous mesurerez alors le plaisir selon vos forces. À dixhuit ans, si vos veines sont gonflées d’esprits vivifians qui portent l'empreinte des désirs sur votre visage; si

la vue d'une belle femme allume dans vos yeux le flam-

( 168 } précoce de la puberté, soit naturellement ; soit

artificiellement, ou par suite de masturbation , énerve les parties génitales et dispose à l’ana-

beau de l'amour ; si les images folâtres et voluptueuses qui se jouent de votre imagination pendant le sommeil, frappent vos sens assoupis, en donnant le signal du plaisir aux parties qui en sont les organes... Jeune homme, cherchez une compagne qui augmente et partage avec vous la volupté. »

« Quelques médecins ont observé les règles, dans les filles, depuis leur naissance sans interruption. On les a vues paraitre à six mois, à deux ans, à trois, à cinq, etc., dans les filles qui jouissaient également d'une bonne santé. (Voyez les Observations rares de médecine , d'anatomie ; ete., par Vander Wiel, t. 1; le Journal des S'avans, février 1683 ; la Collection académique, t. 1, p. 2965 t. IIT, p. 132 et 263, etc.) Mandelshof a vu , aux Indes, une fille qui avait les mamelles formées à deux ans; elle fut réglée à trois et accoucha à cinq. » (Voyez le Dictionnaire raisonné d'anatomie ; art. RÈ- GLES ; M. de L:..., t. Il, p: 242.)

À Porto-Réal et Ardée, le flux menstruel est déterminé, chez les petites négresses, en introduisant un pessaire de bois tendre, creux, et rempli de fourmis, à

plusieurs reprises, dans leur vagin; et le purit occasioné

phrodisie. L'imperfection des organes générateurs chez les enfans, et leur caducité chez les vieillards, consignent l’état d’impuissance avant la puberté, et après le terme de la fécondité. Ainsi, les enfans sont impuissans parce qu'ils n'ont pas les forces nécessaires, les vieillards, parce qu'ils les perdent.

Dans les villes où ces scènes scandaleuses se perpétuent chaque jour, où des Messalines méprisables travaillent dans l'ombre de la nuit à séduire la faible ou trap confiante jeunesse, où les alimens échauffans, les lectureslicencieuses, les tableaux et spectacles obscènes , réveillent les sens et exaltent l'imagination, les jeunes gens s'y exténuent avant d’y avoir pris leur accroissement, et préparent une postérité infirme ou

par ces Insectes détermine l’afflux du sang dans les parties sexuelles. (Coutumes et Cérémonies religieuses de Picart, t. VIT, p. 229 ; mot FEMME du nouveau Dictionnaire des Sciences médicales.) Mais, en général, les femmes partout sont plus tôt pubères que les hommes, parce que leur constitution plus faible demande moins de temps pour parvenir à son parfait accroissement relatif : elles ont aussi quatre onces de cervelle de moins

que l'homme.

(170 ) | débile, qui devient le résultat fâcheux du déreglement des mœurs et de l'usage de ces plaisirs anticipés.

« Ce n’est que dans la vigueur de l’âge qu'il y a une véritable éjaculation. Dans l'enfance, où la liqueur spermatique n’est point encore formée , les muscles, à peine développés, laissent à l’urètre seul l'office de conduire au-dehors quelques gouttes d'humeur prostatique , sollicitées le plus souvent par des manœuvres indiscrètes. Dans la vieillesse, outre que l’éjaculation estpresqu'impossible, à cause de l’affaiblissement des muscles destinés à cet acte, la verge, incapable d’une érection complète, n'offrant plus qu’un canal presque sans ressort, le peu d'humeur prolifique qui y parvient, loin d’être expulsé avec vélocité, n’en sort que lentement, et en quelque sorte par son propre poids. » (mot Ejaculation du noûv. Dict des Sc. médic. ) Les Gaulois, appréciant les avantages pour l'espèce humaine de ne pas sacrifier à l'amour dans un âge trop précoce, infligeaient une peine infamante à ceux qui étaient convaincus d’avoir recu les embrassemens d’une femme avant l'âge de vingt ans En général, les individus chez qui la nature est beaucoup trop précoce cessent, avant trente

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ans , d'engendrer (1) : l'effort prématuré de leur consütution les conduit bientôt à la vieillesse. « Hermogène , qui possédait la rhétorique à quinze ans, avec beaucoup de réputation, dit M. de L.... , oublia à vingt-quatre tout ce qu’il savait. L'histoire du premier âge de ces êtres surnaturels est l’époque la plus intéressante de leur vie, dont les derniers temps sont marqués par les infirmités.

Les jeunes demoiselles elles-mêmes, égarées par les femmes de chambre auxquelles on a l’imprudence de les confier, se livrent à ces plaisirs solitaires qui dégradent l'humanité et alterent puissamment la santé.

(1) Dans la jeunesse, lanaphrodisie a lieu par l’affaiblissement ou l’inertie des organes sexuels » reconnus par l'écoulement précoce d'humeur prostatique, que de coupables enfans provoquent par des moyens désavoués. Dans la vieillesse, par la paralysie de ces organes, ou bien encore à la suite d’excès ou de maladies.

Nous pensons aussi qu’une femme est dans le cas d’impuissance par torpeur de l'utérus, si elle n’est pas réglée à vingt-cinq ans, étant d’ailleurs bien portante.

Nous observerons cependant que l'extrême jeunesse n'est pas une cause permanente d'impuissance, attendu

que tous les jours les progrès de l’âge la font dis araître . prog $ >

Quod licet ingratum est, quod non licot acrius urit.

( Over, lib. II. Eleg. XIX, v. 3.)

« Les jeunes poules, dit M. Mare (art. coru- Larron du nouv. Diction. des Sciences médic.), quelle que soit d’ailleurs la force du coq, pondent des œufs de moitié plus petits que ceux provenant de poules formées. Et comment en serait-il autrement, puisque c’est dans le sein de la femelle que le fœtus se développe, et que ce développement doit éprouver des obstacles lorsque l'utérus n'offre ni assez d'espace ni assez de résistance? Aussi les femmes imparfaitement formées produisent-elles presque toujours un fruit débile, et sont-elles sujettes aux avortemens. » |

On voit tous les jours des enfans dont le père est de frêle complexion, devoir leur embonpoint et la forme athlétique de leur stature à une mère fortement constituée.

et que, du moment quon cesse d'être impuissant, on devient apte à reproduire son semblable. Cependant la puberté, qui quelquefois est tardive et incomplète, peut offrir une cause d’impuissance permanente, par la raison qu’elle est toujours la compagne d'une faiblesse consti-

tutionnelle.

« Dans l'enfance (1), les sensations sont d’abord vives et multipliées ; mais comme le cerveau est peu habile à les saisir, il en résulte que les impressions sont légères et fugaces.

« Dans l'enfance, le tissu cellulaire est trèsabondant et chargé de graisse ; il y a prédominance marquée des systèmes lymphatique et nerveux. »

L'âge de puberté (2) s'annonce par des phénomènes que les sexes caractérisent. L'organe de la voix change, son timbre devient plus sonore , l'appareil génital se développe, le sperme est sécrété en abondance et acquiert sa vertu

(1) Legouas, ouvr. cité.

(2) « L’éruption des menstrues, l’accroissement du sein pour les femmes; la barbe et l'émission de la liqueur séminale pour les hommes, sont dessignes de puberté propres aux deux sexes. Îl est vrai que ces signes ne sont pas aussi constans les uns que les autres. La barbe, par exemple, ne paraît pas toujours précisément au temps de la puberté : il y a même des nations entières où les hommes n’ont presque point de barbe, et il n’y a au contraire aucun peuple chez qui la puberté des femmes

ne soit marquée par l'accroissement des mamelles. » (Histoire naturelle, Buffon, t. IV.)

prolifique (1}, les passions éclosent, l'homme devient a plaindre s’il est trop sensible. De là la perturbation des fonctions organiques et intellectuelles, qui conduit à l’anaphrodisie.

« La jeunesse (1) ne voit rien avecindifférence; il semble qu’elle embrase tout ce qui l'entoure du feu qui la dévore. » De là les passions, dont les excès conduisent à l’anaphrodisie. Il résulte de cette conséquence, que la lecture des romans est perfide dans l’anaphrodisie , dans l’érotomanie, puisqu'elle ne sert qu’à exalter l’imagination, dont, au contraire, l’ardeur a besoin d’être modérée. Une fille qui, à douze ans, lit des romans, dit Tissot (2), sera une femme à vapeurs à vingt.

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