CHAPITRE V
De l'Anaphrodisie résultant de passions exaltées.
« Nuz homme n'est sans passions (1). Sa vie animale n’est que le résultat de l’action des organes des sens, et ces organes ne peuvent recevoir d'impression , sans transmettre au sersorium , des sensations plus ou moins vives , source intarissable des passions.
4 Mais ces passions peuvent être douces et modérées ; alors, semblables aux zéphyrs qui enflent les voiles, et sur la foi desquelles le pilote se repose et s'endort, elles sont plus sa-
(1) Debreuze, p. 10, ouvr. cité.
lutaires que nuisibles, malgré la faiblesse et le sommeil de la raison; tandis que quelquefois , au contraire, elles imitent les aquilons fougueux qui triomphent des efforts du pilote, bouleversent les flots, brisent la mâture, et entraînent dans l’abîime le vaisseau, que, plus calmes, elles eussent favorablement servi. »
« Les passions douces, dit Roussel (1), sont les plus familières à la femme, parce qu'elles sont les plus analogues à sa constitution physique. L’attendrissement, la compassion , la bienveillance, l'amour, sont les sentimens qu'elle éprouve et qu’elle inspire le plus souvent. Chacun sait qu’une bouche faite pour sourire, que des yeux tendres ou animés par la gaîté, que des bras plus jolis que redoutables, et un son de voix qui ne porte à l’âme que des impressions touchantes, ne sont pas faits pour s’allier avec les passions haineuses ou violentes (1),» qui sont autant de tigres prêts à nous dévorer.
(1) Système physique et moral de la F'emme.
(2) Certes, ce tableau, élégamment tracé par un adorateur de la beauté, et vrai à beaucoup d'égards, souffre néanmoins plusieurs exceptions. J'ai connu des femmes douées de tous les dons de la nature, favorisées
particuliérement sous le rapport physique, charmer en
( 345 ) PROPOSITION XXHIT.
Il n’est pas impossible, mais cependant il est rare que chez les paysans l’anaphrodisie reconnaisse pour causes l'excès d'amour, l’exaltation de l’imagination, les préoccupations morales , etc. Ceci n'exclut pas le principe posé dans la proposition XXII, et qui a trait aux influences morales : car les différentes causes qui agissent sur notre esprit, ne doivent être considérées que comme des irritations qui mettent en jeu un système d'organes aux dépens d’un autre qui en est plus éloigné, et dans cette hypothèse, il importe peu que cette excitation soit produite par un excès d'amour, des
préoccupations morales, etc...
public par leur douceur, et concentrer des haines implacables et des ressentimens violens.
Les négresses, je le dis à regret pour le sexe, au milieu des massacres de Saint-Domingue, ont été beaucoup plus féroces que les hommes, et plus cruelles, plus raffinées dans la modification des supplices que leur haine et vengeance (mots du guet) préparaient aux blancs.
(On en voit des exemples au troisième volume de mes
Voyages.)
FS