‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 81 sur 90 · DÉFINITION ANATOMIQUE DE LA CAUSE DES PASSIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITION ANATOMIQUE DE LA CAUSE DES PASSIONS

Passions excitantes.

« On conçoit aisément que les passions vives et fortement excitantes doivent, en accélérant le mouvement du sang, porter le trouble dans la poitrine, dont la circulation est déjà, pour ainsi dire , trop vive; ou dans le cerveau , dont la pulpe est trop faible pour résister, soit au choc impétueux des colonnes de sang qui lui arrivent. soit à la compression qu'elles peuvent y exercer.»

« Un autre effet des passions vives ou profondes, est d'imprimer au système nerveux un rithme de vibrabilité qui , une fois établi, triom-

(60 ) phe de tous les moyens employés pour le faire cesser. »

Passions débilitantes.

« Au contraire, dans les passions débilitantes, dans celles qui affaiblissent le mouvement du cœur, et diminuent la tonicité des fibres , C'est le plus ordinairement dans le ventre que s’opère le désordre qui les suit, surtout lorsque ces passions persévèrent , et que leurs effets se développent avec lenteur (1).».

Ainsi les passions excitantes agissent sur les organes de la poitrine, où elles causent les plus grands troubles; tandis que les passions débilitantes, au contraire, affectent les viscères abdominaux , dont elles altèrent les fonctions. »

« Comme la sensibilité ne peut être mise en jeu que par le plaisir ou la douleur (2), de même l'âme n'est soumise qu’à deux espèces de mouvemens, l’un qui la porte à se rapprocher du bien , l’autre à s’éloigner du mal.

Dans le premier cas, le système nerveux s’épanouit , l'âme se dilate, et par un mouvement

(1) Debreuse, p. 41.

(2) Le même, p. 15.

CSPOE )} excentrique semble vouloir s’élancer au-devant de la sensation.

Dans le second, le système nerveux se resserre , l'âme se concentre et semble vouloir S'y dérober. Or, l’action du système nerveux ne peut être augmentée ni diminuée sans que les fonctions auxquelles il préside ne le soient dans le même rapport ; de là la division des passions en excitantes et débilitanies , où en agréables et pénibies.

La douleur et autres sentimens pénibles sont donc, en général, des passions destructrices ; je dis en général, car on a vu des personnes mourir par excès de joie. Les passions agréables étant modérées , sont réputées conservairices, suivait le même système de M. Debreuze.

Quelle que soit la passion d’un homme, la science, la renommée ou les richesses , personne ne veut changer contre son voisin. Les savans s’estiment heureux de développer les secrets de la nature ; l'ignorant est heureux de ce qu'il n’en sait pas davantage ; le riche s’applaudit de son abondance; le pauvre se contente du soin de la Providence ; l’aveugle danse, et le boiteux chante; l’ivrogne se croit nn héros, et le lunatique un roi. Le chimiste, qui meurt de faim, est souverainement heureux avecses espérances dorées,

et le poète l’est avec sa muse. Quelle merveilleuse consolation accompagne chaque état! L'orgueil est donné à tous, comme un ami commun.

Des passions sortables aident à chaque âge ; l’espérance voyage avec nous, et ne nous quitte point, même à l'heure du trépas. Jusqu'à ce terme fatal, l'opinion, avec ses rayons changeans, dore les nuages qui embellissent nos Jours. »

« Deux principes (1) règnent dans l’homme, J’amour-propre et la raison; l’un pour exciter, l’autre pour retenir. N’appelons point celui-ci un bien, celui-là un mal: chacun produit sa fin : l’un meut, l’autre gouverne ; et il ne faut leur attribuer le bien ou le mal, que suivant qu'ils agissent d’une manière convenable ou non convenable à leur nature. »

Nous naviguons diversement sur le vaste océan de la vie : la raison en est la boussole, mais la passion en est le vent. La raison nous montre le port, et la passion nous en éloigne.

« Comme d’un sauvageon greffé, dit Pope, les fruits, auparavant ingrats au soin du jardinier, naissent avec abondance, de même les plus solides vertus naissent des passions : la vi-

(1) Pope, Essai sur l'Homme.

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