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naison des passions qui constituent l'amour: et quoique en général, dans cette affection simple en apparence, et non perturbatrice, les fonctions vitales ne soient pas perverties au premier abord, elles le deviennent bientôt, parexemple, lorsqu'un amant passionné, attendant au rendez-vous l’objet de ses amours, sa maîtresse adorée, apprend qu'elle est dans les bras d’un autre !... Alors, commotion universelle et reflux précipité du sang vers le cervau ct vers les poumons ; alors dyspnée, tintement d'oreilles, bouche pâteuse; les yeux, naguère tranquilles, s'allument, son pouls s'élève, sa parole n'est plus libre, et à une passion douce succède la fureur. De à, mépris pour la parjure qui est devenue indigne de son culte; de là abolition de l'énergie vitale dans l’appareil générateur. En vain il s’apprêterait à célébrer les doux mystères de l’hyménée, il ne pourrait donner à cette infidèle, s'il l’aimait de cœur, la moindre marque de sa tendresse, ni accomplir ses vœux les plus ardens. |
Le Désir. Affection de l'âme qu'accompagne l'inquiétude, et que suit souvent le dégoût; ce mouvement spontané vers un objet qu'on n'a pas, provoque plus facilement l’impatience, l’irrésolution et la distraction , inter-
( 372 ) rompt même l'œuvre de la digestion; alors anophrodisie. Cependant si les désirs ne font que naître, s'ils sont bientôt satisfaits, les organes sexuels n’ont pas le temps d’être énervés par le travail de l'imagination, en ce cas il ne peut y avoir anaphrodisie.
L'espérance, au contraire, plus calme en ses mouvemens, produit le plus ordinairement à l'économie une douce impulsion. Alors le pouls est réglé, la respiration libre, la voix douce et égale, l'imagination empreinte de tableaux rians, et l’âme tranquille etsoumise. L'espérance, dansce cas, est une passion plutôt Salutaire que désorganisatrice, puisque, loin de troubler les fonctions vitales, elle en conserve l'équilibre.
ÿ IV.
La Gañé, la Satisfaction morale et le Plausir. Ces sensations n'étant qu'une modification de la joie, ne peuvent être considérées comme passions nuisibles, et elles facilitent plutôt le congrès qu'elles ne s’y opposent.
Les individus susceptibles d’anaphrodisie sont plus souvent bilieux et mélancoliques , que gais et sanguins. Dans la gaîté, toutes les fonctions se font régulièrement, l’appareil circulatoire
n’éprouve aucune altération; de là respiration égale, et transpiration facile et non interrompue. La tristesse conduit à lanaphrodisie, tandis que la gaîté en dégage.
« La joie de l'esprit, dit Salomon ( Proverbes chap. XVIL. v. 22 }, rend le corps plein de vigueur, mais la tristesse dessèche les os.
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« La Jote (1) paraît être un mouvement de l’âme par lequel elle s’épanouit, diverge, pour ainsi dire, vers toutes les extrémités sentantes pour se livrer exclusivement à la sensation du bien qui luiestoffert. Tous les traits de l’homme joyeux sont rayonnans ; certaine vivacité brille dans ses yeux, le sourire est sur ses lèvres, son visage est épanoui, une couleur rosée l'anime, ses yeux expriment surtout ce que son Cœur éprouve, et annoncent d'avance ce que sa bouche va bientôt publier; car, n’omettons pas de le dire, de tous les caractères de la joie, la loquacité est le plus remarquable et le plus constant. L'homme joyeux croit que tout doit prendre part à son bonheur; il le raconte, il le publie,
(1) Debreuze, page 55.
(374 ) il veut que tout partage l'émotion qui le trans-
porte ; aussi l’amoureux Orosmane s’écrie-t-1l en conduisant Zaïre à l'autel :
Je veux que tous les cœurs soient heureux de ma joie.
On a vu des personnes mourir d’un excès de joie ; d’autres guéries de paralysie et de goutte par la secousse inattendue d’une nouvelle ou d’un événement qui les comblait de joie. Denis, tyran de Syracuse, périt de l'excès de sa joie, en recevant le prix de la poésie à Athènes. Aulu- Gèle, Sophocte et F an-Swieten citent plusieurs de ces exemples.
Dans la joie vive, la douce excitation que produit la gaîté fait place à une agitation tumultueuse qui cause des palpitations , des sanglots, des anévrismes, l’hémoptysie, l’insomnie, la fièvre, le délire, les.syncopes, le spasme, le tremblement des membres, l’apoplexie, le trouble de l'esprit, la folie, et enfin quelquefois une mort subite (1). » |
Cependant une joie vive, une frayeur soudaine , un accès de colère, et toute passion vive capable de déterminer le collapsus du système
(1) Debreuze, page 37.
nerveux, peuvent produire l’anaprhodisie. Combien de fois, au milieu des ébats d'une gaîté folâtre, n’a-t-on pas vu des femmes jalouses, soupçonnant injustement leur amant, les accabler d’injures, leur adresser des reproches si peu mérités qu'ils tombaient dans une espèce d'idiotisme? La syncope génitale est subite en ce cas , et elle suit immédiatement l'affection morale qui l’a provoquée. Sans être amant transis, on ne saurait plus, dans ce cas, être dispose aux jeux de Cythere et d'Amathonte; on serait, au contraire, presque assuré de faire naufrage avant d'entrer au port.
La violente secousse, la profonde commotion qu’une passion vive fait éprouver à l’ensemble du système nerveux suffit pour changer l’ordre actuel des fonctions, réveiller des organes depuis long-temps endormis, lever des obstacles qui s’opposaient à la libre circulation des fluides, en un mot, remettre en activité toutes les fonctions. Alors disparaissent les catalepsies, les paralysies, la mélancolie, et autres névroses des organes essentiels à la vie. On peut citer à l'appui de ce principe l’exemple d’un jeune Marseillais qui me consulta, à Saint-Domingue, sur l’anaphrodisie qu'il éprouvait depuis qu’il croyait sa maîtresse infidèle, état humiliant duquel il
( 376 ) triompha lorsqu'il se fut convaincu de l’innocence de sa belle par des preuves incontestables. Alors sa vigueur et sa puissance durent leur énergie à l’excès de joie qu'il éprouva de n’avoir point été trompé. | $ VE
La Hardiesse est une assurance dans les entreprises avec espoir de succés. Autant la confiance dans les puissances motrices de l'appareil générateur relève l'énergie vitale, autant la défiance en ses propres forces, les plaisanteries d’une coquette sur le peu de valeur d’un fier et courtois chevalier, nuisent comme propos débilitans, et éloignent d’un congrès parfait, en privant les organes de leur puissance par la rétrocession vers le centre, du sang et des forces vitales qui y affluent pour la consommation du coit.
La hardiesse est donc le résultat de la confiance que nous avons en nos propres forces. On ose sans craindre ; alors l'équilibre de l'appareil générateur persiste, et il n’y a plus à craindre la retraite des fonctions vitales vers les organes du cœur et du cerveau.