Lorsque cette épée dut de nouveau être brisAe
dans la mort de Christ, la terre trembla, le soleil perdit son éclat, les rochers se fendirent devant la forte puissance de Dieu qui brisa ainsi de nouveau la mort. £a même temps s'ouvrirent les tombeaux des saints, et leurs corps ressuscitèrent; car Tépée était rompue et l'ange qui gardait le puradis éloigqé : les corps des saints rentrèrent dans le paradis.
4. Lorsqu'Âdam et Eve mangèrent du fruit terrestre ^ ils tombèrent enti*e les mains des meurtriers qui les frappèrent, les dépouiQèrent et les laissèrent là demi-morts : Icui sortie du paradis est le pasbaiic de Jérusalem à Jéricho, car ils passèrent du ciel dans ce mauvais monde corrompu, dans la -maison de péché; attendu qu'aussitôt, dans leur base affective» dans le centre de la nature, la roue des sens commença à in* qualifier dans la source terrestre, où chacun des sens était opposé à l'autre, dont l'envie, l'orgueil, l'avarice, la colère et l'aversion s'élevaient en abondance; car U noble lumière de Tamour était éteinte, qui auparavant rendait la source de la fureur aimable, amicale et douce, dans laquelle agissait l'esprit de Dieu et reflosait la belle vierge de la sagesse divine : ils étaient sortis de la belle sagesse.
5. Dieu avait créé Âdam dans la chaste vierge de sa sagesse, mais il reçut en place une méchante, con* U ai iaïUc et terrestre femme, avec laquelle il dut vivre à la manière de$ bétes, dans un pur souci, dans l'angoisse et la misère ; et le jardin de délices qu'il avait en lui fut converti en un buisson hostile d'épines et de chardons, où il s'avisa peut-être de chercher le
fruit virginal; mais il lui arriva comme à on Voleur
qui ayant été dans un jardin de plaisance, commis à sa garde, en fut chass(^ pour vol, et désirant néanmoins beaucoup en manger du Iruit, mais ne pouvant y pénétrer, rôde autour, porte une main sur le fruit que le jardinier lui arrache, et est enOn obligé de se retirer avec dépit, sans avoir satisfait son désir : ainsi en est-il de l'homme h î'épfard de la Tomme.
6. Pendant qu'il était dans l'amour divin et que la femme était en lui une chaste vierge , dans la dou« ceur et la sagesse divines, il en mangeait les fruits et pouvait très bien se délecter avec son propre amour dans la matrice de Vénus, car la teinture du feu a une immense délectation dans la teinture de la lumière. Adam avait cela en lui : il était homme et femme. Maintenant il est réduit à tourner autour de ce jardin et n'attouche la teinture de Vénus que par un membre ; les teintures internes se joignent alors dans la semence et travaillent à produire une vie. Biais le corps extérieur n'est pas digne de jouir de rinqualification du royaume de joie interne, dans lequel est semé la vie de Tàme; les essences internes seules en jouissent, car elles proviennent de l'éternel^ et l'animal extérieur assouvit seulement une passion bestiale; il ne sait rien de la joie des essences quand une teinture se joint à l'autre ; il ignore ce qui se passe là , bien que ce soit quelque chose de paradisiaque; mais l'essence terrestre s'y mêle ])ientot et ce n'est que comme un aperçu plein de joie où est engendrée la volonté pour la vie, qui se perpétue ensuite et s'engrosse de sulphur, jusqu'à ce qu'il puisse
atteindre le principe et allumer le feu dans le centre : alors c'est une vraie vie et une nouvelle âme est engendrée.
7. La belle image étant ainsi sortie de l'amour divin, reconnut qu'elle était passée dans une autre source ;
alors conunencéi'ent la crainte et la frayeur de la fureur de Dieu, car elle s'élevait en eux. Ils se regardèrent donc, virent leur forme bestiale et leur nudités Satan aura dansé ici et se sera moqué de Dieu, car ils eurent peur, se réf\igièrent derrière les arbres et couvrirent leur lionte de feuilles do lli^^uier, parce que la vierge céleste avait disparu; ils reconnurent la chute et furent remplis de confusion ; ce qui veut dire que l'âme issue de i'Ëtemel eut honte de la qualité bestiale, comme il atrive encore aujourd'hui que nous avons honte de nos or^^'ines bestiaux. Et de là vient que la femme couvre sa honte d'un linge blanc, aiîn que l'es- . prit de Tàme qui se reflète par les yeux, n'en soit point troublé; car il connaît la matrice de Vinus et commence aussitôt , dans le mâle , à porter son imagination en elle, ce qui, si la femme s'habillait de noir et couvrait ses ^eux, n'aurait pas lieu aisément, liiàîs seulement par imagination ; tandis que, de l'au-^ tre façon, les deux teintures de l'homme et de la femme se saisissent aussitôt par les yeux , miroir de l'esprit.
8. Adam et Eve étant ainsi en frayeur devant la colère divine, Dieu appela Âdam et lui dit : Âdam, où es-tu? Et celui-ci répondit : me voici, j'ai peur, car je suis nu. Et Dieu lui dit : qui t'a dit que tu es nu? N'as- tu pas mangé du fruit de l'arbre auquel je t'ai
défendu de U>iicber?-Et il répondit : la femme m'en a donné et je )*ai mangé. Dieu dit alors alors à la
femme : Puurquui as-tu fait cela? Elle l épondit : le serpent ni*a trompée et fait que j'en ai mangé (Gen.* m : 9, iâ).
9. Ici est manifeste le grand amour de Dieu qui appela de nouveau Adam pour qu'il reconnût, chercliàl et trouvât, et retournât de nouveau à Dieu ; car Adam avait été en Dieu» mais il était sorti de l'amour divin, de Fautre principe , du saint paradis de Dieu, et passé dans le régne extérieur terrestre de ce modde des astres et des éléments, dans le troisième principe. C'est pourquoi Dieu lui dit : On es-tu Adam? Ne voistu pas que tu n'es plus dans le ciel? 11 tourna de nouveau sa*gi*acieuse face vers la partie de Tétre d'Adam qu'il Bvait i*eçue de la substantialité céleste et la considéra de rechef par son esprit ; puis s'a<fa*essant au serpent, à l'ancien démon, il lui dit : parce que tu as fait cela^ sois maudit. Ët au serpent créaturel, qui désormais devait être une créature (car Satan s'était transformé en serpent, raison pour laquelle le serpent devait demeurer) : tu ramperas sur ton ventre et lu mangeras de la terre. Parce que le serpent a séduit l'homme et la rendu terrestre, l'image de Satan devait aussi, être terrestre et manger de la source furieuse terrestre, savoir du poison; cela devait être sa punition.
10. Et ici, noub tlevons reconnaître (|ue Satan s'était créé, des astres et des éléments, pai son imagination, une image en serpent; car il eut une grande puissance, jusqu'à ce que le Seigneur le maudit tout
à lait et- interposa le précieux nom de Jésus pour limite : alors finît sa grande puissance ; car Dieu dit à
Adam et à Eve : la semence de la femme écrasera la tète du serpent, et toi, serpent, tu lui mordras le talon (Gen. 111 : 15), c'est-à-dire, dans la fureur de Dieu,, tu le tueras; mais il verdira de la mort et t'écrasera la tête ; c'est-à-dire encore , il f ôtera ta puissance et vaincra la fureur par i'aiiiuur. VA ici, en cet endroit, sV?( fjn^urée dans la lumière de la vie la promesse de la semence de la femme, ce fut le précieux nom de Jésus avec sa qualité (de lils de Dieu) ; et dans cette qualité, la très cbére vierge de la sagesse divine, dan» laquelle Christ devait, comme vainqueur de la mort, devenir un vrai lioiiuTie, ôter à la mort sa puissance et rompre Taiguiilon de Satan; fouler la cuve de la fhreur et de la colère , pénétrer dans la colère ou dans le centre du feu et éteindre le feu avec son sang céleste et avec l'eau de la douceur de la source jaillissante de l'esprit de Dieu.
11. £t tenez pour cerlam que si la parole de la promesse ne s'était pas imprimée dans la lumière de la vie, lorsqu'Adam et Ëve tombèrent dans la source terrestre, Tesprit de Tâme serait devenu un démon furieux et le corps une méchante bête, comme il l'est bien aussi : si l'eau élémentaire n'abattait pas à la fureur son orgueil, on verrait plus d'un homme devenir un féroce démon.
19. RemarqtionB donc que le monde, avant Tincarnation Christ, a été sauvé pai- la foi en cette parole unprmié(^ et au nom de Jésus. Ceux qui ont fixé leur volonté en Dieu^ ont reçu le Verbe de la pro-
messe» car Tâme y était comprise, et la loi entière de Moïse sur le sacrifice n'est absolument aotre chose
qu'une image, un lv[)o de riiumanilé de Christ; ce qu'en son humanilé Christ a fait par son sacrifice, en noyant dans son sang et dans son amour la colère de Dieu, Moïse le ût par le sang des animaux dans ses sacrîfices; car le Verbe de la promesse était dans l'alliance, Dieu s'en fit en conséquence une figure et se laissa apaiser dans i'alhance par une similitude : le nom de Jésus étant dans l'alliance, apaisait, par l'imagination, ia eolére et la fureur de la nature du Père. Les Juifs ne comprirent certes pas cela, mins l'alliance le comprit bien ; car l'homme animal n'était pas digne de le savoir avant que Christ fut né. Alors eut lieu le retentissement, qui néanmoins fut bientôt couvert par Taotechrist en babel, car l'homme bestial et pervers n'est pas digne du précieux nom de Jésus; ce nom n'appartient pas non plus à la partie bestiale (de l'homme), mais ;\ la partie divine; l'animal doit demeurer sur la terre sauvage et au dernier jour être dévoré par le feu divin. Mais la partie céleste doit être introduite dans la puissance divine; c'est pourquoi Dieu a en dégoût que l'homme fasse ainsi parade de sa bête. L animal n'est pas l'imaç^e, pas jdus (lue le sacrifice de Moiise n'était la réconciliation, laquelle git dans l'ailianee de grâce et dans le Verbe de la vie dans l'alliance.
13. La circoncision des Juifs qui ne dut s'exercer que sur les enfants mâles, était luiidée légalement comme suit : Adam fut l'homme unique que Dieu Gréa, et en faii était l'image de Dieu : la création
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d'Eve, Gomme ea femme, n'entrait point dans le plan
de Dien ; rimapre devait naître d'uii seul; mais parce que ce seul luniba et que Dieu dut lui faire une femme, ralliaoce revint, avec la promesse, à Tunique, afin que par nn tous fussent cîiangés et engen)drés à nonveau, savoir du second Adam, non de la femme Marie, mais de Christ, 1 Ad-n i r( lesie. Car c'est le sanpr du premier homme, soil le premier sang d'Adam, celui qu'il reçut de la substantialilé divine, qui est valable , et non le sang terrestre de la femme, dans lequel Adam devint terrestre et eut besoin de l'association d'une femme. Ainsi l'espèce masculine seulement fut circoncise, et cela précisément au membre que Dieu a en dé(^oùt, dont l'âme a h on le, car l'engrossement ne devait pas être bestial. La circon» cision fut donc un signe, une figure, indiquant que ce membre devait être retranché de l'homme et ne pas i»araître avec lui dans réternilé. Christ dut revêtir ûne forme masculine, bien qu'à l'intérieur il fut une image vii'ginale, et cela alin que le plan de Dieû subsistât; car c^est la propriété masculine on du feu qui doit avoir le régime, et la propriété féminine ou (le la lumière doit apaiser soft feu et l'introduire dans la douce image de Dieu.
14. Le sang de la femme n'eût pas apaisé la colère de Dieu, cehii de l'homme seul devait le faire, car la femme appai tient à Thomme et sera, dans le royaume de Dieu, une vierge masculine, comme l'était Adam, non une femme : la femme est sauvée dans ralliance de l'homme; car l'alliance se fit pour l'amom* de l'homme, soit de la vierge niasculiiie, afin que celle-*
ci fut réconciliée. C'est pourquoi Saint-Paul dit : la femme est sauvée par Tenfaiitement, si elle demeure dans la foi et dans Tamour, dans la sanctification et dans la chasteté (I, Tiin. II : 15). — Et nonseulement cela, mais aussi dans l'alliance de Thomme, car elle est extraite d*Adam, Dés lors» toute femme doit être soumise à Tbomme et il doit dominer. Dieu donna aussi à l'homme la sagesse virginale; il doit gouverner l;i femme, non comme un tyran, mais comme sa propre vie ; il doit aimer sa femme comme son propre corps,^car elle est sa diair et son corps, son image, sa compagne, son jardin de délices ; bien qu*elle soit terrestre et faible, il doit néanmoins savoir qu'il en est lui-même la cause et avoir patience avec elle , ne pas se laisser emporter à la fureur pour la perdre.
15. La femme doit aussi savoir qu'elle est sauvée dans Talliance et le sang de l'homme, qu'elle est la côte et la teinture (rAdaui et de rhornme, la propriété de l'homme; elle doit être humble : comme un membre sert le corps, ainsi doit agir la femme à l'égard de l'homme, el l'aimer comme eUe-mème. Son amour doit reposer uniquement en lui , car ainsi elle obtient la vierge céleste, avec 1 intelligence divine et Tesprit de ralliaiice.
16. Mais quant aux personnes non mariées des deux sexes, ainsi qu'aux veuves, on leur dit qu'elles ont l'alliance de Christ pour époux, devant lequel elles duivenL vivre dans la chasteté el Thumilité; car Christ est l'épouse de rhornme, sa chaste vierge, qu'Adam perdit, et il est auasi Tépoux des vierges et des veu-
ves; car sa virilité est leur virilité, afin qu* elles apparaissent devant Dieu comme une vierge masculine ; notre image est maintenant engendrée dans la volonté et dans la foi ; donc où se portent notre eœur et notre volonté , là aussi sont notre trésor et notre image.
17. Gardez-vous dès lors de libertinage et de faux amour, car la vraie image est détruite par là. Le libertinage est le plus grand crime que l'homme commette en soi-même; les autres péchés- sortent de lui en une figure, mais la prostituée demeure en lui, car il procrée une fausse image dans laquelle n*est pas reconnue la vierge divine, mais bien une bestiale. Que cela te soit dit, 6 homme : il y a une si grande abomination là-dessous que le ciel en frémit en son imagination. Il n'entre pas aisément dans Timagination bestiale, et c'est pourquoi tant d'hommes-bêtes sont engendrés, comme cela pourra être expliqué plus loin.