‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 16 sur 54 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

De la naissance de Jésus-Gbrist, le Fils de Dieu; comme à l'égal de tons les enfants des hommes, il demeura neuf mois dans le corps de sa mère,

et ce qu'est proprement son homiflcation.

i . On a beaucoup disputé au sujet de rincarnation de Jésus-Christ, mais presqu*en aveugles; il en est résulté toute sorte d'opinions tendant à amuser l'homme et à laisser là la vraie incarnation , dans laquelle gît

notre salut éternel. La cause de tout cela fut qu'on a cherciic dans la sagacité et la ^^ri* nce extérieure et non à la vraie source. Si l'on était entré dans l'incarnation de Christ, si Ton fût né de Dieu, toute dispute eût été sup^flue, car l'esprit de Dieu manifeste bien à chacun, dans son intérieur, L'incarnation de Christ, et sans cet esprit on ne trouve rien. Car comment voulons-nous trouver cela dans la raison de ce monde, puisqu'il n'y existe pas dans ce inonde? A peine en trouvons -nous dans la raison extérieure un reflet : dans l'esprit de Dieu seul est le vrai trouver.

S. L'incarnation de Christ est un tel mystère que ki raison extérieure n'y entend rien; car il s'est accompli dans tous les trois [Jiincipes et ne peut être sondé qu'autant qu'on connaîtra à fond le premier homme

dans sa créaiioa » avant la chute ; car Adam devait eagendrer de soi son semblable selon le mode de la Satnte-TriBilé, dans laquelle le nom de Jésus était in* corporé, mais cela ne se put pas : G^est pourquoi devait venir un autre Adam qui le pouvait ; car Christ est l'image virginale selon le mode de la Sainte-Trinité : il est conçu dans l'amour de Dieu et né dans ce monde. Adam avait la substantialité divine et son àme était du premier principe» de la qualité du Père; cette âme devait porter son imagination dans le cœur du Père, soit dans le Verbe et l'esprit d'amour et de pureté, et manger de la substanlialiié de l'amour; elle aurait ainsi conservé en soi l'être divin dans le Verbe de la vie, et aurait été engrossée par la puissance émanant du cceur de Dieu ; dont alors elle (l'âme) se serait de son propre fond ^ imprégnée par l'imagination , et aurait eUe-méme engrossé sa substantialité ; d'où serait ainsi résulté, par riinap:ination et l'abandon de la volonté de l'âme, une entière ressemblance selon la première image , ressemblance conçue dans la puissance de la substantialité.

S. Mais parce que cela ne se pouvait pas en Âdam^ à cause de la terresiréité attachée à lui, cela s'eitécuta dans l'autre Adam, Christ, qui fut conçu de cette manière par l'imaginaiiuii de Dieu et l'entrée dans l'image du preuûer Adam.

4. Et nous pouvons reconnaître que parée que le premier Adam a porté son imagination dans k ter- • restréilé et est devenu terrestre, ce qu'il fit contre le dessein de Dieu, le plan de Dieu devait néanmoins demeurer. Car ici Dieu le reporta sur l' enfant d Adam ;

il introduisit son imagination dans Timagie altârée

Tengrossa de sa puissance et suitstantialité divines, en même temps qu'il retourna la volonté de l'âme de la ten*estréilé eu Dieu; en sorte que Marie devint enceinte de cet enfoni dont Àdam devait le devenb, ce que ne put la propre puissance qui tomba dans le soroniéil ou dans la mag^ie ; sommeil pendant lequel la femme fut extraite d'Adam, ce qui ne devait pas avoir lieu, puisqu'Adam devait s'engrosser lui-ménie, dans la matrice de Vénus et engendrer magiquement. Mais parce que cela ne se put, Adam fût partagé, aa propre volonté de la grande puissance brisée et enfermée dans la mort ; puisqu'il ne voulait pas placer son imagination dans l'esprit de Dieu, sa grande |)iiissance devait demeurer coie dans la mort et laisser l'esprit de Dieu placer son imagination en elle et &ire de lui ce qu'il voudrait.

5. C'est pourquoi l'esprit de Dieu lui éveilla de cette mort la vie et fut son esprit de vie, afin que l'image et la ressemblance de Dieu ( qui dès l'éternité avait été vue dans la sai?e^se divine), put pourtant être engendrée et demeurer ; car elle existait dés avant les temps du monde et dés l'éternité dans le miroir virginal, dans la sagesse divine, et cela en deux formes; savoir, selon le premier principe du Père, dans le feu, et dans l'autre principe du Fils, dan> la lumière, et n*était pourtant manifeste que dans la lumière; puis, dans le feu, comme dans une magie, comme une possibilité. Tout comme le del astral imjnîme dans la base affective de Tbommé qui dort une figure selon son pouvoir, ainsi est apparue Timage

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dans le centre de la nature dû fea, tout à fait invisi* ble; mais dans la sagesse, dans le miroir de la dîvi*

nité, elle est apparue comme une figure resseuiblant à une ombre, mais sans substance matérielle, bien qu'clanl dans l'essence de Tesprit; lequel» en se considérant dans le miroir de la sagesse , a reconnu et TU cette imai^e, et. prémédité de l'amener en être» afin que Dieu eût une image ou ressemblance vivante et n'eût plus besoin de se considérer comme dans un miroir, mais se trouvât dans la substance. En conséquence, dès que la première image eut imaginé dans la sévère puissance, ce qui la rendit terrestre et la tua, l'esprit de Dieu conduisit sa volonté et sa vie dans la mort et reprit de la mort la première vie en soi, afin que la première demeurât en toute obéissance devant lui et que Lui seul fût le vouloir et aussi le pouvoir.

6. Nous reconnaissons donc que Dieu est entré dans rimage moitié morte, en Marie, entendez, et cela dans cette même forme virginale qui était enfermée dans la mort, dans laquelle Adam devait devenir

enceinte et engendrer, dans la cliaslelé virginale, une image selon lui. C'est dans cette matrice virginale prisonnière et moitié-morte que le Verbe de Dieu ou cœur de Dieu, comme le centre de la Sainte-Trinité, est devenu , sans atteinte k son être , une forme humaine. Et puisque la première vivante et virginale matrice ne voulut pas en Adam obéir h Dieu , elle lui tut ici, après avoir été retirée de la mort, obéissante; elle s'abandonna très humblement et promptement à la volonté de Dieu. Ainsi fut donc retracée la

mie imagé irirginale dans TobéissanGé à IMeu; car la première volonté devait demearer dans la m<»i;

celte volonté qui avait imaginé contre la volonté de Dieu ; et une volonté pure, obéissante, surgit, qui demeura dans la douceur et l'être célestes, qui ne laissa plus rimage sourdre (s'élever) ea elle (volonté) dans le feu, dans la (qualité du Père, mais demeura dans une source, de même que la divinité ne vit ^habite) que dans une source, savoir dans la lumière, dans le Saint-Esprit, et étend toutefois sa domination sur tous les trois principes.

7. Ainsi devons -nous entendre l'incarnat ion de Christ. Lorsque l'esprit de Dieu réveilla en Marie la vie virginale, cpii dans l'essence terrestre était enî^ mée dans la mort et dans la fureur, cette vie s'adonna désormais à une seule volonté, savoir l'amour de Dieu, et se livra à l'esprit de Dieu ; elle (cette vie) devint ainsi enceinte d*une vraie image virginale, ce qui devait se faire en Âdam, mais n'eut pas lieu, car une imagination se livra à Tautre. L'imagination de Dieu reciU rimagination (d'Adam) dans la mort et la ramena à la vie, et cette vie imagina de nouveau erf Dieu, devint enceinte de Dieu : ainsi devinrent la divinité et l'humanité une personne; la divinité était suspendue, à la céleste subsUmtialité qui existait dès Fétemité, avec règne, puissance et majesté, soit le royaume paradisiaque, le monde angélique, ea Laut que l'esprit, et la septième rdi nio au centre de la nature, comme cela est amplement détaillé dans la troisième partie ou livre de la triple vie. L'humanité était suspendue au régne de ce monde. Mais comme la

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vc^oalé de rhmnanité se lifrait à la divinité, cette image virginale ne fût en JésuM^hrist qu'un hdte dan$ ee monde, et sa divinité était un dominateur de ce

même monde. Car ainsi devait-il en être d'Adam : le plus petit et impuissant soutins au plus grand et tout puissant; mais la volonté d'Adam alla dans le petit et impuissant, d'où il devint sans aucune puissance et tomba dans le sommeil; pnia échut de nouveau (retourna) an créateur. Mais en Christ, cette image de» meura fixe dans la substantialitc divine; la source terrestre lui était suspendue et soumise; elle ne dominait plus comme en Adam et en Marie sa mère, avant la haute bénédiction et manifestation de la divi< nité; elle était servante; car cette image était actuel* lement dans l'esprit et la puissance de Dieu, souveraine du troisième principe de ce monde.

8. La raison dit maintenant : Comment donc a eu lieu cette incarnation? La vie a-l-elle donc commencé, contre Tordre naturel, à l'instant même de la conception, de manière cpie la portion provenant de Marie ou la semence.de la femme ait pris vie aussitôt? tîon, car ce fut une semence essentielle (pii se mut (prit vie) en son vrai temps naturel, avec l'âme et l'esprit, comme tous les enfants d'Adam ; mais la partie divine, enveloppée de la substantialité et de la sagesse divines, vécut d'éternité en éternité : il ne fut rien «Qouté ni ôlé à la divinité, elle demeura ce qu'elle était, et ce qu'elle n'était pas, elle le devint. Ëlle se livra en substantialité céleste et divine à l'essence et à la substantialité de Marie : l'essence de Marie et rèss^ce divine devinrent une personne, mais l'es-

sence de Marie était mortdle et reaseii6e divine immortelle ; c'est pourquoi les essences de Marie durent mourir sur la croix et entrer dans la vie par la mort ; à quoi coopérèrent les essences divines, autrement c'eût été impossible. Ainsi, l'essence divine nous vint en aide et nous* aide encore maintenant à entrer, par la mort de Christ, dans Tessence et la vie divines.

9. L'homificatinn de Christ lut donc naturelle, comme celle de tous les eniants des hommes, car la substantialité céleste, divine, se donna avec sa vie à la sobfitantialité terrestre demi*morte : le maître se soumit au valet, afin qae le valet pût vivre ; en neuf lunes, il devint un homme parfait, tout en demeuranl un vrai Dieu; il est arrivé dall^^ ce monde de la même manièi'e que tous les enfants d'Adam , par la même voie que tous les hommes. — Et cela, non qu'il en eût besoin, car il eût pu naître magiquement, mais parce qu'il voulait et devait remédier à notre génération et entrée en cette vie impures et bestiales. Il devait nous suivre dans notre entrée on ce monde et de là, nous conduire à l'enti'ée divine, nous sortir de la source terrestre.

10. Car s'il, fût né magiquement, à la manière divine, il n'eût pas été dans un état naturel en ce monde , puisque la substantialité céleste eût dû en* gloutir la source terrestre ; il ne nous eût donc pas été semblable. Comment alors aurait-il voulu souffrir la mort, entrer dans la mort et la briser? — Mais il n'en est point ain^ : il est véritablement la semence de la femme et il est^ entré dans ce monde par la

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Toie naturelle, comme tons les hommes; mais il en est sorti selon la voie divine, dans la puissance et la

suhstantialité divines, par la iiim t. Ce tut sa substantialitc divine, vivante, qui résista dans la mort, qui s'en joua et la brisa, et introduisit, pai* la mort, l'humanité blessée, demi-morte, dans la vie étemelle. Car la partie terrestre, venant de Blarie, sa mère, qu'il prit à soi, c'est-à-dire admit dans son être divin, mourut, sur la croix, à la source terrestre. — L'àuie se trouva ainsi dans la substantialité divine et entra, comme un prince victorieux, dans l'enfer de Satan» soit dans la colère de Dieu , et Téteignit par Tamour et la douceur divine de la substantialité de l'amour divin. Le feu de l'amour pénétra le feu de la colère et noya la colère dans laquelle Satan voulait être dieu; ainsi le diable lut fait captif avec les ténèbres et perdit sa domination , car rai^iillon ou Tépee du chérubin ou ange de la mort , fut ici brisée. Ce fut pour cela que Dieu devint homme, afin qu'il nous introduisit de la mort dans l'éternelle vie et éteignit, par son amour, la colère qui brûlait en nous.

11. Comprenez liien couiuient la colère de Dieu fut éteinte ; non par le sang mortel de Chiist qu'il répandit et au st^et duquel les Juifs se moquèrent de lui, mais par le sang de Tétemelle vie, de l'Être divin, qui était immortel; celui-là avait la source de l'eau de la vie éternelle et fut répandu, sur la croix, avec le sang extérieur, et lorsque l'extérieur (sang) mourut, le céleste le suivit, mais il était immortel.

iâ. La terre a donc reçu le sang de Christ, ce dont elle trembla et frémit, car la fureur de Dieu fitt

alors vaincae en elle et le sang vivant la pénétra, sang qui, Venant du ciel, de la snbstantialité divine, onvrlt

les tombeaux des saints, ouvrit la mort, et traça un chemin au travers de la mort, qui, par l«à, tut donnée en spectacle ; car lorsque le corps du Christ ressus-^ cita, ce corps fut une dérision de la mort, sa puis-" sance était brisée!

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