Mais Tesprit de ce monde est corrompu par l'en
tlammeiiiL'iil du diable et le poison qu'il y a introduit, car Satan habite ce monde ci infecte constammpnt la nature et la propriété extérieures, bien qu'il ne soit puissant que dans la fureur ou dans l'âpre désir; mais il porte son imagination et sa fausse teinture même
dans i'amoui' et empoisonne le meilleur joyau des âmes; il a infecté l'âme d'Adam par son imagination et son méchant esprit ai&mé, de teUe sorte qu'elle désira la source terrestre et s'en engrossa par ce désir, ce qui introduisit le règne extérieur dans Tintcrieur et éteijjfnit la lumière dans le feu du premier principe ; de plus , sa substantialité divine, dans laquelle il devait vivre éternellement» fut enfermée dans la mcflL terrestre.
5. C'en était donc fait de cette image et de cette âme, à moins que la divinité ne se mut en elles, dans l'autre principe, savoir dans la lumière de réternelle
. vie et n'allumât de nouveau, par l'éclat de l'amour, la substantialité enfermée dans la moit, ce qui s'efféctua par l'incarnation de Christ» et c'est ici ia plus grande merveille que Dieu ait opérée, que de s'être mu, par le centre de la Sainle-Tiiiiilè , dans la semence de la femme; car le cœur de Dieu ne voulut pas se manifester dans le feu, soit dans ia teinture masculine, mais dans la teinture de l'esprit, soit en Vénus, dans l'amour de la vie, pour que le feu, dans; la teinture masculine , fût saisi par la douceur et IV mour divins; car de la mort captive devait et pouvait verdir de nouveau réternelle vie : ici a verdi la racine de Jessé et vraie verge d'Aaron, et porté de be^^x firuits; lorsqu'Âdam devint terrestre, le paradis fut enfermé dans la mort, mais en Christ, il verdit de nouveau de la mort.
6. D^Vdam nous avons tous hérite la mort, de Christ nous héritons la vie éternelle : Christ est l'image virg^^l^ qu'Adam devait engendrer de soi aveç
les deux temtuies; mais comme il ne le put pas, il Cut divisé et dut engendrer de deux corps, jusqu'à ce que vint le SUoh , c'est-à-dire le Fils de. la vierge, qui naquit de Dieu et de rfaomme. D est le vainqueur dont les prophètes ont parlé , qui s'élève comme un géant et verdit comme un laurier dans TEtre divin : il a brisé la mort par son entrée dans Tessence humaine demi-tuèe» car il a verdi en même temps dans l'essence humaine et dans Tessence divine. Avec lui est entrée dans notre humanité la chasteté virginale de la sagesse divine, il entoura l'essence de notre àme de subslantialilé céleste. Il fut le héros en combat alors que les deux régnes se coinbaliaient, savoir la colère de Dieu et rameur divin; il se livra volontairement à la colère et Téteignit par son amour, entendez dans l'essence humaine. Il vint de Dieu en ce monde, et prit notre âme en lui pour nous retirer de la terrestréité de ce monde et nous iiUi oduire de nouveau en Dieu. H nous engendra de nouveau en soi, aiin que nous devinssions de nouveau susceptibles de vivre en IMen ; il nous engendra de sa volonté, afin que nous missions notre volonté en lui, et de cette manière, il nous conduisit en soi au Père et de nouveau dans notre première patrie, dans le paradis, d'où Adam était soi li. il est devenu noire source vive, son eau jaillit en nous : il est notre fontaine et nous S|6S gonttes en lui. 11 est devenu la plénitude de notre substantialité, afin qu'en lui nous vivions en Dieu: car Dieu est devenu homme ; il a introduit son être insondable ci incomiiiciisurable dans rhaiiianité, il a manifesté, dans oette humanité, son élie qui remplit le
Piflitized by G«.
ciel. Ainsi l'élre humain et Fétre divin sont devenus un seul être, une i^énitude de la divinité : notre être est sa motion dans son ciel; nous sommes ses enfants, sa merveille, sa motion dans son oorps insondable. Il est père, et nous sommes ses enfants en lui : nous demeurons en lui et lui en nous; nous sommes son insti umenl, avec lequel il cherche et fait ce qu'il veut; il est le feu et aussi la lumière en toutes choses; il est caché et Toeuvre le manifeste.
7. Ainsi nous reconnaissons que Dieu est un esprit et que son éteraeDe volonté est magique , désirante; il fait conslaiiiiii ni ilc rien l'être, et cela en deux suui'ccs, savoir selon le feu et scion la lumière : du feu naît la fureur, rélèvement, l'orgueil, une opposition à s'unir à la lumière, une volonté Airieuse, sévère, selon laquelle il ne s'appelle point Dieu, mais un feu dévorant, furieux. Ce feu n'est pas non plus manifesif dans la divinité proprement dite, car la lumière a englouti le Icu en soi et donne au feu son amour, sa substantialité, son eaîi, en soi te que, <ian8 rélre divin, il n*y a qa*amour, joie et délices, aucun feu n'y est en évidence ; mais le feu est seulement cause de la volonté désirante et de l'amour, ainsi que de la lumière et de la majesté , sans quoi il n'y aurait point d'être, ce qui a été exposé en détail dans les précédents écrits.
8. Nous voyons maintenant en quoi consiste notre nouvelle naissance (puisqu'enfîn nous sommes couverts en ce monde d'une enveloppe terrestre et dévolus à une vie terrestre), savoir, uniquement dans l'imagination: nous devons entrer, par n^ùe volonté, dans
la vohxnté de Dieu, nous unir et nous abandonner entièrement à lui, ce qui s'appelle la foi. Car le mot
foi n'est point historique , mais c'est un pi endrè de rEtre divin, manger de l'Etre divin, conduire l'Etre divin, par rimagination, dans son feu d'âme, apaiser par là sa iaim, et ainsi revêtir l'Être divin, non comme un vêtement, mais comme un corps de l'âme : l'âme doH posséder l'Etre divin dans son feu; elle doit manger du pain de Dieu, si elle veut être son enfant.
9. De cette manière, elle sera réengendrée aussi dans Tesprit et l'être de Dieu qui l'a transplantée du champ de la fureur èt de la colère dans celui de l'amour, dé la douceur et de «l'humUitè divines, oit elle pousse une fleur nouvelle qui croît dans l'amour divin, dans le champ divin; cette fleur est la vraie, pure image de la divinité que Dieu désirait lors(]u'il créa Adam à sa ressemblance, et c'est Jésus-Christ qui nous l'a rèengendrée, liii. Fils de Dieu et de l'homme. Car sa régénération de Dieu et de notre être, est noire régénération ; sa puissance, sa vie, son esprit : tout est à nous; el notre (jou}>éiaLion h cela consiste uniquement à ce (ju'avec notre esprit de volonté nous entrions par lui dans l'Etre divin; alors notre volonté est renouvelée (réengendrée) dans la volonté de Dieu et reçoit la puissance et l'être divins ; non étrangers, mais iHiîuiiifs, que nous possédions alors que nous mourûmes en Adam ; nous les recouvrons par le premier-né d'entre les morts, savoir par Christ, n est Dieu, mais né de nous, pour nous rap* peler à la vie; non à une vie étrangère que nous
n'auiions jias eue en ce monde, mais à notre propre vie, car le pian de Dieu doit demeurer : la belle Ûeur et image doit croître du champ corrompu, et non seulement cela, mais encore du dliamp pur.
10. Nous devions renaître de la vierge et non de l'homme de la colère, de la teinUire du feu, ni.iis de la vierge de raraûui% de la teinture de la lumiei o. N uts revêtons, par notre ai)andon, la vierge-Christ, et devenons par là des vierges pudiques, chastes et pures dans le Saint-Ternaire, dans le monde angélique, un miroir de la Sainte-Trinité , dans lequel Dieu se considère, (ju'il a pris pour époux; il est notre époux, auquel nous sommes, en Christ, mariés, unis et incorporés ; nous sommes maintenant Mai ie dans l'alliance de la grâce, de laquelle naît le Dieu-homme. Uarie fut la première quant à la haute bénédiction, car en elle était le but que rallianoe avait en vue. Elle lui lecrinnue en Dieu, dans le précieux nom de Jésus, avant que le londeiuent du monde tut posé ; non qu'elle tirât la vie de la mort , mais pai ce que Dieu voulait en elle ramener la vie de la mort. C'est pmrquo elle fut hautement bénie et revêtue, de la pure et virginale chasteté» Or, de cette même virginité dont ('hrist naquit, devons-nous tous naili-e aussi, car nous devons devenir des vierges el suivre Tagneau divin, autrement nous ne verrons pas Dieu, aussi Christ dU : il vous feut naître de nouveau, si vous voides voir le royaume de Dieu, et cela par Teau et le Saint-Esprit. L'eau est la virginité, car k vierge siège dans la teinture de la lumière el de rpaa ou tes ramoui* k douceur et l'esprit dont nous de-
y(m naître est eelui qui» pdr la moUon de la divinité, se donBa à la semence de la femme, brisa la mort et fait naitre de Teau une fleur de lumière flamboyante
dont il est l'esprit et la vie , non selon la soui ce de feu de la IWeui', mais selon la soiu'ce de la lumière dans la douceur et 1 humilité.
GHAPITRE XII.
De la pure virginité ; comment nous, pauvres enfants d'Eve, nous devons, de la pure et virginale chasteté, être conçus dans rincamation de Christ et naître de noiiTean en Dieu, autrement noua ne ▼errons pas Dieu.
i. Nous, pauvres enCants d'Eve, ne trouvons en nous aucune vrainienl pure, chaste et virginale pensée, car la mère Eve qui était une femme , nous a tous fait mâle ou femelle : par Adam et Ëve nous sommes tous devenus des hommes et des femmes, & moins que par notre volonté désirante nous n'entrions dans la céleste virginité en laquelle Dieu nous a réengendrés de Christ en vierges. Non selon la vie terrestre, dans laquelle il n'y a ni cba^eté ni pureté, mais selon la vie de la céleste vierge çn laquelle Christ devint horame, dont fut revôtue Marie par Tobombrement du Saint-Esprit; qui est sans fond, sajjs iiniilc ni fin, qui est en tous lieux devant la divinité et est un miroir et ressemblance de la divinisé. Dans cette vierge, en laquelle habite la Sainte TriiUté, dans laquelle avant (es t^mps de ce inonda
nous avons clé vus par l'esphl de Dipu et reconnus dans le nom de Jésus, devons-nous entrer par notre esprit de volonté. Car notre vraie image» dans laquelle nous sommes la ressemblance de Dieu, s'est éclipsée pour nous en Âdam et Eve et est devenue terrestre, ce qui eut lieu par le désir ou imagination : ainsi nous fut cachée la claire face de Dieu, car nous perdîmes la céleste chasteté.'
â. Biais puisque, par grâce et par amour pour nous, Dieu nous a de nouveau découvert dans l'incar* nation de Christ sa iuroineuse face, il ne »'agit plus que de ceci, savoir, que tout comme en Adam nous avons porté notre imagination dans la passion lenestre et en sommes devenus terrestres , nous mettions maintenant de nouveau notre volonté désirante dans la céleste vierge et y placions notre amour; alors notre image sort de la femme terrestre et reçoit Tes-sence et la propriété virgmaies, dans lesquelles Dieu habite et où l'imaf^e de l'âme peut de nouveau atteindre la l'ace de Dieu.
8. La raison extérieure dit : Gomment peut^U se faire que nous soyons réengendrés de la vierge de laquelle Christ naquit? — Elle voit uniquement Marie. — Mais nous n'entendons pas Marie qui esL une vierpre créaturellc, telle que nous devenons dans rimmalénel régime virginal. — Nous seions réengendrés, si nous entrons dans rincamation de Christ, non selon la vie extérieure, dans les quati'e éléments, mais selon Tin* térieure, dans l'élément unique où le feu divin engloutit en soi les quatre éléments; et si, dans sa lumière, savoir, dans l'autre principe, dans lequel
rhomme et la femme extérieurs doivent» par la mort, entrer dans la résurrection de Christ, nous reverdissons (renaissons)^ dans la vraie virginale sagesse divine, une vierge dans rélément unique, renfermant les quatre. Il nous faut mourir à l'homme et à la femme et crucifier l'Adam corrompu : il doit mourir avec Christ et être jeté dans la colère du Père, qui engloutit l'homme et la femme terrestres et donne à râme , par rincamatîon de Christ , une image virginale, où l'homme et la femme ne sont qu'une inia^e, avec Famour de soi-même. Maintenant Thomme place son amour dans la femme et la femme dans l'homme; mais si les deux amours sont convertis en un seul, il n'y a plus, dans l'image unique, aucun désir pour le mélange, l'image s'aime soi-même.
4. Au commencement, l'image a donc été créée dans la virginale sagesse divine, soit de la sulisLintialité divine, et comme la substantialité est devenue terrestre et est tombée dans la mort, le Verhe qui devint homme la réveilla; alors la source terrestre demeure à la mort dans la colère, et ce qui a été ré* veillé demeure dans le Verhe de la vie, dans le régime virginal. Ainsi nous sommes sur celte teiie un homme douhle en une personne ; savoir, une image virginale née de l'incarnation de Christ et une image teiTestre, d'homme ou de femme, renfermée dans la mort et dans la colère de Dieu. La terrestre doit porter la croix, se laisser tourmenter, persécuter et mépriser dans la colère, cntin mourir; alors la colère l'engloutit dans le feu divin inqualifiant (essentiel); mats si le Verbe de la vie, qui en Marie devint hom-
me, se trouve dans l'image terrestre, Christ, qui ap* porta de Dieu la parole de vie , ressnscite, et conduit
l'essence du feu imiualiliant, entendez l'essence humaine, hors de la morl, car il est ressuscité de la mort et vit en Dieu; sa vie est devenue notre vie, sa mort notre mort; nous sommes ensevelis dans sa mort; mais nous reverdissons dans sa résurrection, dans sa victoire, dans sa vie.
5. Mais entendez bien le sens : Adam était l'image virginale , il avait le propre amour, car l'esprit de Dieu le lui avait insufflé. Quoi d'autre, en effet, peut souffler de soi Tesprit de Dieu qoe ce qu'il est luimême? Il est bien tout, mais non, cependant, de toute source, nommé Dièu : en toutes il n'y a qu'un seul esprit qui est Dieu, selon l'autre principe, dans la lumière, et cependant, il n'y a pas tle lumière sans feu. Mais dans le feu il n'est pas l'esprit d'amour ou le Saint-Esprit, mais bien la furenr de la nature et une cause du Saint-Esprit, nne colère et nn feu dévorant car dans le feu , l'esprit de la nature devient libre, et le feu essentiel donne cependant aussi la nature, et est lui-même la nature.
6. Nous n'entendons cependant qu'un seul esprit saint dans la lumière, et quoique ce soit bien un tout, nous entendons néanmoins que la mati^e engendrée de la douceur de la lumière est comme impuissante et sombre, attirant à soi et engloutissant le feu; mais donnant de la source matérielle, du feu, un esprit puissant qui là est libre de la matière et aussi du feu; bien que le fea le retienne, il n'atteint cependant pas sa source; comme nous voyons que la la-
mière demeure <lan8 le fett et n'a cependant pas la
source du feu] mais une douce source d'amour, ce qui n'aurait pas lieu non plus si la matière n'était pas morte dans le feu et n'avait pas été dévorée par lui.
7. Nous considérons le premier Âdam comme sait : ' Il avait été imaginé de l'essence et sttbstanttalîté de
la lumière ; mais parce qu'il devait devenir une créature et être une ressemblance parfaite de Dieu, selon tout son être, selon tous les trois principes, il fut saisi (rassemblé) par le Verbe fiât dans tout l'être des trois principes et formé en créature. Les trois principes étaiént à la vérité libres en lui, reposant Tnn dans l'autre , chacun dans son ordre ; c'était une entière, parfaite ressemblance de Dieu, selon et de l'être de tous les êtres ; mais il nous faut reconnaître que le troisième principe du la source de ce monde était devenu, par Tembrasement de Lucifer, tout à fait furieux, altéré (soif) et mauvais, et qucT cette source a eu immédiatement soif en Adam de l'autre principe ou de la matiére-Gclesle, d'où naquit en Adam la passion. Car la source du pur amour, émanant du Saint- Esprit, avait défendu cela ; mais lorsque l'amour entra dans la source terrestre, pour étancfaer la soif de celU-d, le pur, immatériel amour reçut la passion désireose, terrestre et corrompue. Ici s'éteignit l'aulr< piincipe, non comme une mort, non qu'il soit devenu un rien ; mais il fut saisi par la furieuse soif, et comme Dieu est lumière, la pure source d'amour se trouva enfermée dans la mort, hors de la lumière divine: ici l'image fut altérée et prisonnière de la fo-
renr de Dieu, le propre amour perdit sa puissance, car îl fut enfermé dans la terrestréité corrompue et l'aima.
8. De cette inia^c dut donc être fait une femme, et les deux teintures, savoir Tessence de feu el l'essence aqueuse de la matrice, divisées en un homme el une femme, aûn que l'amour pût pourtant se mouvoir ainsi en deux sources différentes, qu'une teinture aimât et désirât l'autre, et qu'elle se mêlassent, pour la conservation et la multiplication de rcspéce.
9. Mais la race humaine, ainsi étahîie dans la source terresti'e, ne pouvait ni connaître ni voir Dieu, car le pur amour sans tache était captif derla source terrestre altérée (soif) et se trouvait prî^ dans la soif de la fureur de l'étemelle nature que Lucifer avait allumée, la lureur avant attiré à soi Tamour avec la terrestréité. Or, dans cet amour captif gisait la chasteté virginale de la sagesse divine, qui, avec I autre prmcipe, avec la céleste substantialité , plutôt l'esprit de leur douce substantialité^ avait été incorporée à Adam par l'insufflation du Saint-Esprit.
10. Maintenant, il n'y avait plus aucun remède, si non que la divinité se mut dans In vierpre divine, selon l'autre principe, dans la virginité renfermée dans la mort, et qu'une autre image sortit de la première. Il nous est connu et assez compréhensible que la première image devait être livrée à la fureur pour apaiser sa soif, et être détruite dans le feu essentiel, hien que l'essence ne passe ni ne meure , pour quelle cause Dieu a ûxé un jour où l'essence du vieil et premier Adam sera par lui passée au travers du feu,
poor qu'elle soit délivrée de la vanité, ainsi qae de îa passion du diable et de la colère de Tétemelle nature. *
11. Nous comprenons en outre comment Dieu a ramené en nous la vie de son saint Etre , savoir en se mouvant de son propre cœur ou parole et puissance de la vie divine, dans la virginité enfermée dans la mort, c'est-à-dire dans le vrai pur amour; en allumant de nouveau cet amour et en introduisant sa céleste substantialité , avec la pure virginité, dans la virginité renfermée dans la mort : de la céleste virginité et de celle renfermée dans la mort et la colère, il a engendré une nouvelle image.
12. Nous comprenons, en troisième lieu, que cette nouvelle image a dû, par la mort et la fureur du feu, être introduite de nouveau dans la céleste, divine substantialité, dans le Saint-Ternaire; car la passion terrestre que le diable avait possédée, devait demeurer dans le feu de la colère et fut donnée au démon pour son aliment; il doit être prince là-dedans, selon la source de la fureur de l'étemelle nature^ car Satan est i'aluiieiit de la fureur, et la iureur celui de Satan.
18. Puis donc que le Verbe de rélemelle vie s'est de nouveau mu dans notre froid amour et dans notre virginité renfermée dans la mort, et a pris à lui notre virginité altérée, en devenant un homme selon l'inté-
ncur et l'extérieur, et qu'il a introduit le centre ou notre feu d'âme dans son amour, nous reconnaissons son amour et sa virginité introduits en nous pour noti'e propre virginité; car son amour et sa virginité se sont
mariés el donnés à noire froid amour, à notre virgi-
liiLé, afin que Dieu et riionime iussenl éternellement une seule peïsuiinc.
14. La raison dit ici : Gela s'est effectué en Marie soit dans une seule personne, mais moi, où demeureje? Christ n'est pas né aussi en moi.
15. Hélas f ici se dévoile notre grande misère et aveuglement, nous ne voulons pas comprendre. Combien la passion matérielle nous a aveu^rlésel le démon séduils par et avec l'abominable antechiist en fia* bel, au point que nous ne voulions faire aucun usagée de notre entendement! Vois pourtant, misérable et dé* plorable raison ce que tu es! Rien autre qu'une pro^ lituée devant Dieu. Comment te nommerai-je autrement , puis(iu'enfin tu es violatrice cl parjure devant Dieu à la piue virginité? N'as-tu pas la chair, l'âme et Tesprit d'Adam, n' es-tu pas prévenue de lui? I^'es-v tu. pas issue de Teau et du feu d*Adam? Tu es bien son enfant. Fais ce que tu voudras, il faut que tu te tiennes coie; tu nages dans le mystère d'Adam, soit dans la vie soit dans la mort.
16. Le Verbe divin (la virginité renfermée en Adam dans la mort) est bien devenu homme : le cœur de Dieu 8*est. mu dans la virginité d'Adam, et de la mort, au travers du feu divin, l'a introduite, dans la source divine ; Christ est devenu Adam , non l'Adam divisé, mais l'Adam virginal, tel qu'il était avant son sommeil. Il a conduit l'Adam corrompu dans la mort, dans le feu divin, et, a retiré de la mort l'Adam par,, virginal, par le feu. Tu es son fils, en tant que tu ne demeures pas étendu dans la, mort comme un bois
^rH qui ike péUt ntfqfinlifiei', qni^ disilè ftb né
donile aucune essence, mais se réduit en cendré ié^* terne.
47. La raison dit encore : Comment se fait-il donc, ^ttisquel je dd» Ud membre de Christ et Tenfant dé Dieu, que je île le sente ni ne Taperçoive^ Réponse, dni, ici est le ncead, moii cher (ietit tronc souillé, fouille en Ion sein, qu*appètes-lu? la passion du (lialiîp, savoir : la volupté tf^mporelle, Tavarice, les honneurs et la puissance. Ecoute : c'est là le vêtement du diable; dépouille-le et le jette; place toii désir dto9 la- vie de Christ, dans son esprit, sa chair et son sang ; porte ton imagination là-dedans,- oomme tu Tas portée dans la passion terrestre ; alors tu revêtiras Christ dans ton corps, ta chair et ton sang; tu deviendras Christ; son incarnation se mouvra aussitôt en loi, tu renaîtras en Christ.
18. Car la divinité ou le Veri»e qui se mut en Hà* rie et devhit homme, le devint en même temps aussi dans tous les hommes morts dés Adam qui avaient remis et abandonné leur esprit à Dieu ou au Messie prorais. Ce Verbe reposa aussi sur tous ceux qui devftienti eiM^re naître de TAdâta corrompu et se lais* sdrldeikl' seolein^l réiveill^ par Inî; car le premier hdtnme cdinf»rend aussi le dernier. Adam est le ti^onc, lions tous sommes ses branches Christ est âévetm notpe suc, noti-e forcé, notre vie; Si, maintenant, une branche sèche à Farbre, qu'y peut la sève et la Ibrce àé l'ativre? La force se distribuant à toutes les branoheS) pourquoi Ift braliehe^n|'attire<'t-»ellè'pas à sôr Ik sève et 1a< forte? C'est la fâole de l-honûtte' ^11 at->
tire ea lui le pouvoii* et l'essence diaboliques au lieu de Tessence divine, et se laisse entraîner par le démon au désir et à la passion terrestres. Car Satan connadt la branche qui lui a poussé et pousse encore
dans son ci-devant royaume. Puis, couiuie il a été un menteur et un meurtrier dés le commencement, il Test encore» et infecte les liommes, parce qu'il sait que, par le régime extérieur des astres, ils sont tom- -bés dans son attrait magique. Il est donc un empoisonneur constant de la complexion et oh il flaire une étincelle qui lui s'^ert, il la présente sans cesse à Thomme; si celui-ci y porte son im^iginalion , il l'infecte aussitôt.
19. C'est pourquoi il est dit : Veillez, priez, soyez sobres, menez une vie tempérante; car Satan, votre adversaire, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant qui il pourra dévorer (I Pierre V : 8). Ne reciierchez donc pas i avarice, l'argent, le bien, la puissance et les honneurs , car en Christ nous ne sommes pas de ce monde. Christ alla au Père soit dans l'Etre divin, afin que, de nos cœurs, de nos sens et de notre volonté, nous le suivissions ; alors il sera avec nous tous les jours, jus^ju à la fin du monde (Math. XXVIII : 20); uiaib non dans la source de ce monde, r^ous devons sortir de la source de ce monde, de rhomme terpes|,^e, et abandonner notre volonté à la volonté de Christ, introduire notre imagination et notre dé«r en lui; alors nous devenons enceintes . dans sa virginité qu'il a de nouveau animée en nous et recevons la parole qui se mut en lui, dans notre virginité enfermée dans la mort: nous n^ssons de
Diç) )o<?le
nouveau en Christ en nous-mêmes. Car de même que
la mort pénétra en nous tous par Adam , de même pénètre en nous tous, par Christ, le Verbe de la vie : la motion de la divinité dans Fincarnation de Christ subsiste encore et est ouverte à tous les hommes ; il ne manque que la volonté d'entrer, l'homme se laisse retenir par le démon. Christ ne peut avant quitter son siège et faire son entrée en nous , lorsque nous renaissons en lui, car rElre divin, dans lequel il naquit, renferme en tout espace et en tout lieu l'autre principe. Partout où Ton^geut dire Dieu est là présent, on peut dire de même là est aussi présente Tincarnation de Christ ; car elle s'est manifestée en Marie et inqualifie ainsi en arrière d'elle jusqu'à Âdam, et devant soi jusqu'au dernier houiuie.
20. Maintenant, la raison dit : la foi l'atteint seule. Oui, certes, dans la vraie foi commence la grossesse, car la foi est esprit et désire la substance, et la substance est sans cela en tous les hommes; il ne manque autre chose , sinon ' qu'elle saisisse l'esprit de la foi ; et s'il est saisi , le beau lys lleurit et croît ; non-seulement un esprit, mais encore l'image virginale passe de la mort à la vie. La verge d'Aarpn, qui est sèche, verdit de J'aride mort et prend corps de cette mort : de la virginité demi-morte, la belle et nouvelle vie virginale. La verge sèche d'Aaron signifiait cela ; de môme le vieux Zacharie, Abraham et sa vieille Sara; lesquels, selon le monde extérieur, étaient tous comme demi-morts et stériles. Mais la promesse, dans la nouvelle naissance, devait le faire, la vie devait verdir de la mort. Non le vieil Adam qui était terreàtre, doit
étfifi seigneur ; noa piu^ £s^» le pre^iiei^ né, ai^4)ii^ CjepenilaAt rhéritage aur^t a|ip^tenu $i A(|am axait auhsisté; maiç Vautra Adam, Christ, qai verdit premier par la mort, doit demeurer Seigneur. Non l'homme ou la femme doit posséder le rouiiime de Dieu, niais la vierge qui est engendrée de la mort de Tbomme et de ^a lemme, doit éti*e reine des cieux. Un sexe» non deux, un arbre, non plusieurs. Christ fut le tronc, parce qu'.ii fut la racine du nouveau corps qui verdit de la mort ; qu'il tira de la mort, comme une belle branche, la vierge demi-tuée. Nous tous sommes les branches et reposons toi^s s,ur un tronc qui est Christ.
21. Ainsi, Ujou^ sommes les branches de Christ, ses rameaux, ses enfants, et Dl^u psH à nous tous et ansçi le Père de Christ; nouç vivons, nous nous mouvjons et nous reposons en lui ; mais en tant que nous naissons de nouveau ; car c'est dans l'esprit de Christ que nous renaissons. Lequel, en Marie, en rhumaqité iporte, devint un homme vivant, sans l'attoiicti^aient d'un homme. C'est lui auçsi qui, en nous-Q^dines» dans nQtre virginité mortfB, devint \m nouvel homme. Il ne manque désormais qu'une chose, c'est que nous jetions le vieil Adam ou l'enveloppe dans la mort, que la source de la vie terrestre s'en aille dp ^pus et qu'ainsi nou^ sortiojpis % dQ^^^in^ du diable.
ââ. Ët pas même ceU, car le vieil Ad^ pe doit pas être ainsi totalement rejeté, mais s^iilement Teii» veloppç, la couverture dans laquelle la semence est cachée;; l'homme nouveau doit, de la vieille essence, ^ ^. «ûo^oft 4ixia^,, cftP^m^ u»e Uf^ ^or^
du grain, ainsi que mm renséigrie Christ. C'est pourquoi ressenoe doit être jeléc dans la colère divine, être persécutée, tourmentée, méprisée et succomber sous la croix; car c est du leu de la colère divine que le nouvel homme doit verdir; il doit être éprouvé par le feu ; nous étions échus à l'essence de la colère, mais l'amour de Dieu se plaça dans la colère et réteignit dans le sang de la substantialité céleste dans la mort de Christ; ainsi la colère retint l'enveloppe ou l'homme corrompu, entendez la source terrestre» et l'amour retint Thomme nouveau; o'est pourquoi nul homme ne doit plus répandre de sang céleste, mais le terrestre, mortel seulement. Christ uniquement, conçu sans homme et tomme, pouvait le faire; car dans sa céleste substantialité ne se trouvait point de sang terrestre ; il répandit son sang céleste parmi le terrestre , afm de nous délivrer, nous autres pauvres hommes terrestres, de la fureur; son sang céleste dut, lors de sa crucifixion, se mêler avec le terrestre pour que la turba, dans la terrestréité en nous, qui nous tenait eaplils, lui noyée et la colère éteinte par l'amour du sang céleste. 11 abandonna, pour nous, sa vie à la mort, alla pour nous en enfer, dans la source de feu du Père, et de l'enfer, de nouveau en Dieu, pour briser la mort, noyer la colère et* nous frayer le chemin. Lorsque Christ fut suspendu à la ( rtjix et y mourut, nous y lunu's suspendus avec lui et en lui, et mourûmes en lui; nous ressuscitâmes aussi avec lui et vivons éternellement en lui , comme un membre au corps. C'est ainsi que la semence de la femme a écrafliè la tête du serpent : Chrisi Ta hit
en nous et nous en loi : l'essence divine et l'essence humaine Font fait.
23. Il ne s'agît plus maintenant, poui nous, que de le suivre : Christ a bien brisé la mort et éteint la colère; mais si nous voulons devenir semblables à son image, nous devons le suivre aussi dans sa mort» charger sa croix sur nous» nous laisser persécuter^ mépriser, mocpier et tuer. Car la vieille enveloppe appartient à la colère de Dieu; elle doit être balayée, parce que non le vieil homme , mais le nouveau doit vivre en nous ; l'ancien est abandonné à la colère ; car de la colère fleurit le nouveau, comme la lumière luit du feu. Le vieil Adam doit ainsi servir de bois pour le feu, afin que le nouveau veitlisse dans la lumière du leii, car il iaul tju'il subsiste <laiis le feu. Rien de ce qui ne peut résister au feu et qui n'en tire pas son origine n'est éternel.
â4. Notre âme est née du feu divin et le corps du feu de la lumière; entends cependant toujours, quant au corps, une substantialité passive, qui n*est pas esprit, mais un feu essentiel; l'esprit est beaucoup plus élevé, car son origine est le feu de la fureur, de la source de la fureur, et sa vraie vie ou corps, qu'il a en lui, est la lumière de la douceur; cela demeure dans le feu et donne au feu sa douce nourriture ou amour; sans x|uoi, le feu ne subsisterait pas, il veut avoir à dévorer. Car Dieu le Père dit : je suis un Dieu colérique, jaloux, furieux, un feu dévorant (Deut., IV : 24); et se nomme pourtant aussi un Dieu miséricordieux, aimant (I, Job, lY : 8), selon sa lumière, selon son cœur. C'est pourquoi il dit: je suis
miséricoi'diein, car dans la lamière naît l'eau de Té*
lernelle vie qui éteint le feu et la fureur du Père.
CHAPiiUE XIII.
De rhomme double, soit de l'ancien et du nouvel Adam ; comment le vieil et mauvais se comporte envers le nouveau ; la religion, la vie et la foi de chacun d*eux; en outre, ce que chacun d*eux comprend.
i. Tout ce que le vieil Adam enseigne, écrit, prêche ou dit de Christ, par science ou comme que ce
soit, vient de la mort et n'a ni intelligence ni vie; car le vieil Adam est mort à Christ. Le nouvel Adam seul, né de la vierge, doit le faire; celui-là seul coiaprend la parole de la nouvelle naissance et entre par la porte de Christ dans le bercail. Le vieil Adam veut y entrer par science et recherches; il croit que Christ peut être suffisamment saisi dans la lettre ; que celuilà est appelé de Dieu et destiné à enseigner, qui a appris les sciences et les langues, qui a beaucoup lu ; que l'esprit de Dieu doit parler par son prêche, hîen qu'il ne soit que le vieil Adam corrompu. Mais Christ dit : Ceux-là sont des voleurs et des meurtriers, venus seulement pour piller et voler. Qui n'entre pas par la porte dans le bercail , mais v nionle par ailleurs, est un voleur et un meurtrier (Jean. X : 1). Et plus loin : Je suis la porte pour aller, aux brebis ; qui entre par mot trouvera la pâture et les brebis le suivront (Jean, X : 9). Mais celui qui n*est pas avec moi est contre moi.
^. Un docteur doit absolument être aé de Chrisl, ou bien 0 est un voleur et un meurtrier et ne prêche que pour son ventre ; il le fait pour l'argent et les
honneurs; il enseigne sa parole, non la parole de Dieu. Mais s'il est né de Christ, il enseigne la parole de Christ, car il est dans Tarbre de Christ et donne son son de l'arbre de Gbnçt, dans lequel il est. La cause de toutes ces contestations sur la terre réside en ce que les hommes se donnent des prédicateurs de leur goût (l'auteur dit: selon que les oreilles leui' chantent), que le vieil et méchant Adam entend volontiers» qui plaisent à spn orgueil, à sa volupté char^ nelle, à son désir de puissance et de magnificence.
3. 0 docteurs du diable, comment sabsistorezrvous devant la colère de Dieu? Pourquoi enseignes-vous alors que vous n'êtes point envoyés de Dieu? — Vous êtes les envoyés de Babel, de la grande prostituée, de k mère de la grande prostitution spirituelle sur la terre! — Vous n'êtes pas nés de la vierge, mais de femmes adultères; car non-seulement vous enseignez les vanités humaines, mais encore vous persécutes ceux qui sont envoyés pour enseigner, nés de Christ. Vous disputez pour la religion et il n*y a pourtant aucun combat dans la religion : il y a diversité de dons, mais un seul esprit parle. Tout comme un arbre a différentes branches, que le fruit est de forme di* verse et ne se ressemble pas absolument; ou comme la terre produit diverses plantes et fleurs, la terre étant la mère unique : de même en est-il de ceux qui parlent par l'esprit de Dieu; chacun d'eux parle de la merveille denses dons. Hais l'arbre et le champ sur
ils Fq)osettl ^ Christ m Dieu; et vous, g««> rottears ^'esprit, ne voulez pas aonffi'îr 6^la; vom
voulez lermer la Louclie à voire Christ, de qui vous ensei^^nez pourtant vous-mêmes, de vus langues terrestres, sans le connaître ; vous voulez le lier à votre ]pi. 0 la vraie église de Ghrisl n'a point loi ; Cbrist est le temple dans lequel ^noas dévoue entrer : te mon** ceaii de pierres ne produit point de nouvei-bomme ; mais le temple de Christ, où l'esprit de Dieu enseigne; celui-là réveille l'image demi-morte, l'a fait commencer à verdir. — Tout est iAdifiTérent : Dieu ne deipaiMle ni science ni éloquence ; mais cel^i qui vîçnt à lui, il ne le repousse point. Gbrist est veon ifU monde p<»n* appela* et sauver les pauvres pécheurs, cl Esaïe dit : qui est aussi simple que mon serviteur? C'est pourquoi la sagacité de ce monde n'y i'àii rien du tgut; elle pe produit que l'orgueil et une raison enflée, qui veut monter et dominer. Hais G|)riist dit : celui qui u^aliandontte pas inaifiov, champ» hien, argent, femme et enfiint en mon nom, n*est pas digne de moi. Rien au monde ne doiL élre aussi cher que le précieux nom de Jésus, car tout ce que le monde possède est terrestre; mais le nom 4e Jésus est céleste, et par le nom de Jésus , nous devoiiSi re^ lUdtre de la. vi^erge.
4. (l'est pourquoi l'enfant de la vieige est oppœé au vieil Adam ; celui-ci nourrit des désirs de volupté temporelle, d'honneuis, de puissance, de violence, et est un dragon furieux, abominable, qui ne veut que dévwer, comme le r^résente la révélation de Saint- : ta\ dj»|vm voqaismH le fe% IwriUiey abomi-*
nable; et Tenfant de la vierge siège sur la lune, ceint d*URe eouronne de douze étoiles; car il foule aux
pieds le terrestre ou la lune ; il a pousse de la lune terrestre comme une fleur liors de la terre. C'est pourquoi l'image virginale siège sur la lune, contre laquelle le dragon forieux lance son toirent d'eau, et veut toujours noyer l'image virginale ; mais la terre vient en aide & la vierge et engloutit le torrent, puis conduit la vierge en Egypte ; c'est-à-dire que Timage virginale doit endurer la servitude d'Egypte, et que la terre, ou la fureur de Dieu, couvre Timage virginale; elle engloutit le torrent du dragon. Bien que le dragon accable Tîmage virginale d'abominations, la diffeme et la calomnie, cela ne nuit cependant du tout pas à rcntant de la vierge; car la fureur de Dieu reçoit les cal innies répandues contre le pur enfant; la terre signiiiant toujours la fureur de Dieu. Ainsi, l'enfant virginal est sur la terre , soit sur la lune terrestre, et est toujours contraint de fuir en Egypte pour éviter le dragon. Là , il doit demeurer dans la servitude de Pharaon ; mais il siège sur la lune, non dessous. Le prince Josué ou Jésus le conduit, au travers du Jourdain , h Jérusalem , où il ne doit entrer que par la mort et quitter la lune. Il n'est qu'un hôte dans ce monde, un étranger, un pèlerin qui doit voyager dans le pays du dragon ; quand celui-ci lui lance son torrent, il doit se courber et se placer sous la croix ; alors la colère de Dieu reçoit le feu du dragon.
5. n nous est connu que le vieil Adam ne sait et ne comprend rien du nouveau; il saisit tout teiTes-
JDiQi tizedt jv G'
tremeDt; il ne sait oii. est Dieu m ce qu'il est; Il est hypocrite envers lui-même , s'attrit)«e de la piété
el croit qu'il sert Dieu, alors qu*il ne sert que Fancicn dragon ; il sacrifle et son cœur est au dragon ; il ne veut qu'être dévot et monter au ciel dans sa terrestréité, tout en se moquant des enfiants du ciel. Par là, il montre qu'il est étranger au ciel, qu'il n'est qu'un maître sur la terre et un démon en enfer.
6. C'est parmi de telles épines et chardons que les entants de Dieu doivent ciuiu e ; ils ne sont pas reconnus dans ce monde, car k colère de Dieu les couvre. Un enfant de Dieu ne se connaît pas bien luimême; il ne voit que le vieil Adam qui lui est sus* pendu, qui veut toujours noyer l'enfent de la vierge ; à moins que ce dernier ne reçoive un regard dans le Saint- Teniaue ; là il se connaît; lorsqu'on lui pose la belle couronne de chevalier, le vieil Adam le voit en arriére et ne sait ce qui lui arrive ; il est fort joyeux, mais il danse comme si' on lui jouait quelque chose : quand le jeu cesse, sa joie prend fin et il demeure le vieil Adam, car il appartient à la terre et non au monde angélique.
7. Aussitôt qu'il aixive à l'homme que l'image an* gélique commence à reverdir du vieil Adam, que l'âme et l'esprit de l'homme entrent dans l'obéissanee à Dieu, le combat commence aussi ; car le vieil Adam, dans la colère de Dieu, combat contre le nouvel Adam (dans l'amour). L'ancien veut être maître dans la chair et le sang; d'un autre côté, le diab]e ne peut non plus souiirir le rameau virginal, car il n'ose le toudier; mais il peut atteindre» infecter et possédée
le vieil ÂàaoL Sa demeuré propre, âam les ténèbres de rafatme, ne loi plaisent pas, il habite telbtttiers dans l'homme, car il est un ennemi de Dieu et n'a,
hors (le rhuaiiiic, uKiine puissance; c*est pourquoi il possède riiomme et le conduit selon son bon plaisir, dans la colère et la fureur de Dieu, pour se jouer de rameur et de la douceur divine ; car il prétend toujours que parce qa*û est une source de lëu iîF rieuse, il' est plus élevé que rhumîKté, puisqu'il se démène avec eftroi* Mais comme il n'ose Loucher au rameau virginal, il n emploie que ruse et fourberie, et couvre ce rameau, afin qu'il ne soit pas connu dans ce monde, de peur qu'il ne lui en croisse par trop dans son prétendu royaume ; car il leur est- hos-^ tile et ennemi, et il pousse ses orgueilleux serviteurs h se moquer de ces li uumcs-là, à les tourmenter, persécuter et faire passer pour fous, il lait cela par ce monde de prudente raison, par ceux qui se disent les pasteurs de Christ, que le monde considère, afin que le rameau dé lys ne soit pas connu ; sans quoi lô monde les remarquerait et il croîtrait trop de ces ra^ meaux, ce qui mettrait en péril sa domination sur les hommes.
8. Mais le noble rameau de lys croit en patience, en douceur, et tire son essence, sa forse et soiï odeoiP dn champ divin, soit de rincssmatien de Ghristi L*es^ prit de Qfarisl est souT' essence, J'Etre divin son corps;
Non d'une qualité, étrangère, mais de sa propre essence renfermée dans la mort et reverdissant dans l'esprit de Christ, croit'le rameau de lys virginal. 11 m cfaerche et ne désire'pas la heauté de ce* meude;
mais dn monde angélique ; car il m crotl pas ttOA
plus en ce monde, dans le troisième principe , mais dans l'autre principe, dans le monde paradisiaque; de là le grand combat dans la chair et le sang , dans la raison externe. Le vieil Àdam ne connaît pas le nouveau et trouve pourtant qu'il lui résiste : il ne veut pas ce que le vieil Adam veut ; il porte toujours celui-ci à l'abstinence , ce qui lui est douloureux ; le Vit il Adam ne désire que volupté, biens et honneurs temporels ; il ne peut soutfirii* ni le mépris ni la croix ; mais le nouveau est heureux sous ces symboles de Christ pour lui devenir semblable. Le vieil Âdam est donc souvent fort attristé, car il voit qu'il doit être réputé fou et ne sait pourtant pas non plus ce qui en est, car il ne connaît pas la volonté de Dieu et n*a que la volonté de ce monde; ce qui brille lui va; il serait volontiers toujours un seigneur devant lequel on s'incline. Mais le nouvel Adam,s'tnoline devant son Dieu; il ne désire rien, ne veut rien, maiâ soupire après son Dieu comme un enfant après sa mère ; il se jette dans le sein de sa mère et s'abandonne à sa mère céleste dans l'esprit de Christ. Il désire la nourriture et la boisson que lui fournit sa mère étemelle et mange dans le sein de la mére comme un enfant dans, le corps de la sienne. Car pendant qu'il est cou» vert par le vieil Adam, il est encore dans l'incarnation; mais quand celui-ci meurt, le nouvel Adam naît (sort) de Tancien ; il abandonne le vase qui le contenait et dans lequel il était un enfant vii^mal , à la* terre et au jugement de Dieu, Biais lui, naît, comme' une Ûeur, dans le royame de Dieu ; puis^ quand vien*.
dra le jour de la restauration, toutes les bonnes œuirres qu'il aura accomplies dans le vieil Adam le suiiTont, el la méchanceté du vieil Adam sera consumée par le feu divin et donnée au démon pour aliment.
9. Ici la raison dit : Puisque dune le nouvel homme, dans ce monde, n'est qu'à Fétat d'incarnation dans le vieil Adam, il n'est pas parfait? Réponse : 11 n'en est pas autrement ici que chez un enfant: la semence des deux teintures masculine et féminine se mêle et il en résulte un cnlVml. Car aussitôt que l'homme se convertit et se tourne vers Dieu de tout son cœur, de tous ses sens et de toute sa volonté, qu'il sort du chemin de perdition et se donne très sérieusement à Dieu , la grossesse commence dans le feu de l'âme, dans Tancienne image altérée , et Tâme saisit en soi Li parole (Verbe) qui se mut en Mai le, dans le centre de la Sainte-Trinité ; qui se donna en Marie, ou dans la vierge demi-morte , avec la chaste» hautement bénie vierge du ciel, de la sagesse divine, et devint un vrai homme. Ce même Verbe, qui se mut en Marie dans le centre de la Sainte-Trinité, qui se maria à la virginité demi-morte, prisonnière, est saisi par le feu de Tàmc, et aussitôt coumience la grossesse dans l'image de i'àme, soit dans la lumière de i'àme, dans la. douceur ou dans la substantialité virginale renfermée. Car la teinture de ramour»de Thomme saisit la teinture de Tamour de Dieu, et la semence est semée dans le Saint-E.spiit dans riiua^e de ràme, comme cela a été exposé en détail dans noU*e livre de la triple vie de l'homme.
10. Vois mamtenant : Puis donc que le signe virginal appandt ainsi dans l'amour de Dieu, ce rameau peut déjà être né car en Dieu tout est parfait ; mais
comme il demeure caché dans le vieil Adam cl n'est d'abord qu'une essence, comme une semence, il y a là encore un grand danger et plus d'un ne reçoit ce rameau (joyau) (fu'à son dernier moment; et bien qu'il l'eût apporté du ventre de sa mère, il l'altère cependant, et chez plusieurs il est brisé et rendu terrestre.
41. C'est ce qui se passe aussi chez le pauvre pécheur : lorsqu'il fait pénitence, mais devient ensuite de nouveau mauvais, il lui arrive comme à Adam : Dieu le créa une image belle, glorieuse et hautement éclairée ; mais s'étant laissé vaincre par la passion, il devint terrestre , et sa belle image fut faite captive par la colère de Dieu dans la source terrestre : ainsi en arrive-t-ii encore et toujours. Mais nous disons ceci, comme ayant été illuminés par la grâce divine et ayant combattu bien longtemps pour cette aimable couronne, qu'à cdui qui persévère sérieusement, jusqu'à ce que sa branche devienne un arbre, cette branche ne lui sera pas aisément rompue, par une ou plusieurs tempêtes, car ce qui est faible a aussi une faible vie. JNous ne faisons donc pas d'ol]jection à la divinité; cetai est naturel et tout se passe de même naturellement ; car Fétemel a aussi sa nature et l'une sort de l'autre seulement. Si ce monde n'eût pas été empoisonné par la méchancelé et la fureur de Satan, Âdam serait demeuré dans ce monde en paradis; il n'y aurait pas non plus une telle fureur
dans les astres et les éléments ; car le diable étàit un rot et grand souverain dans le lien de ce monde ; c'est lui qui a excité la fureur. Pour cette cause, Dieu créa
le ciel du milieu de Teau, afin que la naliiro de feu, le firmament enflammé, fut réduit en captivité par le ciel aquatique» que sa fureur s'éteignit. Si l'eau disparaissait, on verrait bien ce que deviendrait ce monde : rien autre qu'on pur embrasement froid > âpre, et pourtant sombre seulement ^ car il ne pourrait y avoir aucune lumière, attendu qu'elle n'existe que dans la douceur; ainsi, aucun ieu ne peut luire s'il n'a pas la douce substanLiaiité. Nous pouvons donc reconnaître que Dieu a converti la substantialité céleste en eau, ce qui se lit natanellement, alors que Dien le père se mot et que le diable tomba , Im qui voulait être un dominateur du feu sur la douceur; il lui fut poussé devant sa méchanceté un tel verrou qu'il n'est plus maintenant que le singe de Dieu et non souverain ; un tempéteur et exécuteur dans la source colérique.
iâ. Sachant donc que nous sommes enveloppés par la colère, nous devons nous tenir sur nos gardes et ne pas nous estimer si peu de chose; car nous ne sommes pas de ce monde seulement, mais en même temps aussi du monde divin qui demeure caché à oe inonde et nous est prés. Nous pouvons vitre et être à la fois dans trois mondes, enteiiàes si noos reverdissons de la maiivnise vie par l'image virprinale. Car nous vivons : i" dans le premier principe, dans le monde de feu du Père» selon l'âme essentielle, c'està-dire selon la souirce do feu dans le centre de la
naliire de rétemité; avec la vraie, pure et Ttrgi<^ nale image, nous vivons dans le monde paradisiMpie de lumière flamboyanle ; bien qu'il ne soU pas ma* BÎfeste dans le lieu de ce monde , il Test pourtanl
dans l'image virtjinale, dans le Saint-Esprit et dans le Verbe qui demeui ft dans l'image virj'inale ; > et enfin, nous vivons^ selon le vieil Adam, dans ce monde extérieur corrompu, empesté, auprès du diable et dans rinfection allumée ptir lut; c'est pourquoi il isiut ^tre prudent. Christ dit : soyez simples amm^ des colombes et prudents coniine les serpents (Mailh., X : 16); prenez garde à vous. Dans le royaume de Dieu, nous n'avons pas besoin de ruse, nous ne sommes que des enfants dans le sein de la mère ; mais dans ce monde, nous devons être bien sur nos gardes, nous renfermons le noble Irésor dans un vase terrestre. 11 ne tauL qu'un instant pour peidre Dieu et le royaume du ciel, qu'après ce temps on ne peut plus atteindre : ici, nous sommes dans le champ et en semence, en eroiseaace; le brin vient-il à être rompu, la racine demeure» d'où us autre èrin pei^ pousser.
13. ki, la porte de la grâce demeure ouverte à riioinme; si grand pécheur qu'il soit, il peut, en se convertissant et produisant les fruils d'une vraie pénitence, être réengendré de la méchanceté, idais celui qui« de propos délibéré , jeile sa racine dans le feia 0a sentke) du dîaUe et devient làdie au combat, qnî l'aidera? qui aidera celui qui ne le veut pas? — Mais s'il retourne sa volonté vers Dieu, Dieu veut lavoir. Car celui qui tend à la colère divine , celle colère veut ravoir; mais celui qui tend à Tamour divia, cet
amour le désire. Saint- Paul dit : à quiconque vous vous donnerez pour esclaves en obéissance ; soit au péché pour la mort; soit à i'obéissance divine pour la justice, vous êtes son esclave (Rom., VI : 16). L'homme pervers est en bonne odeur à la colère divine el l'homme saint en bonne odeur à Famour divin (11, Corintli., H, 15, 16). L'homme peut faire de lui ce qu'il veut : le leu et la lumière sont l'un et l'autre à sa portée. Veul-il être un ange dans la lumière, Tesprit de Dieu en Christ lui aide à parvenu* dans le monde angélique. Veut-il, par contre, être un démon dans le (eu, la colère et la lureur de Dieu lui aident el ratlirent dans l'abîme auprès de Satan. De plus, il reçoit l'ascendant qu'il désire. Mais s'il rompt le premier désir et entre dans un autre , il reçoit un autre ascendant; le premier toutefois reste suspendu bien fortement à lui et veut toujours le posséder de nouvcnii ; raison poui' laquelle ki riuble semence doit le plus souvent demeurer dans un grand froissement, et se laisser piquer ; car le serpent pique toijyours la semence de la femme on l'enfant de la vi^e au talon. La piqûre du serpent gf l dans le vieil Adam ; celui-ci pique toujours l'enfant de la vierge, dans le ventre de k mère, au talon. Dés lors, la vie de ce monde est, pour nous autres pauvres prisonniers, une vallée de misères, pleine d'angoisses, de croix, de malheurs et d'aiHictions. Nous sommes ici des béies étrangers, en pélérinage; nous avons à traverser de grands déserts, de sauvages contrées, et nous sommes entourés de méchantes bêtes, de vipères, de serpents, de loups et de pui es horribles bétes; euiiu, la plus
méchante est dans notre propre sein , et c'est dans
celte mauvaise, vilaiiie écurie que notre belle vierge a son gîte.
14. Mais nous connaissons et disons avec londemetit ceci, c*est que là où le noble rameau croît et devient fort, dans cet homme-là le vieil Adam doit devenir esclave^ marcher derrière, et souvent faire ce qu'il no veut pas; souvent, il doit souffrir la croix, le mépris et même la mort; il ne le fait pas volontiers , mais rimage virginale en Christ le contraint ; car elle veut avec joie suivre Christ son fiancé et loi devenir semblable dans la croix et la tribulation.
15. Et nons ajoutons encore ceci , c'est que nul n'est couronné de la couronne virginale aux douze étoiles que porto la femme dans la révélation de St- Jean, chap. Xll : 1, soit avec six esprits de la nature céleste et six esprits terrestres, s'il ne subsiste devant le t(»Tent du dragon et ne se sauve avec en Egypte, soit sous la croix et la servitude d'Egypte ; il doit porter la croix de Christ, sa couronne d'épines, se laisser jouer, conspuer et railler, s'il veut porter la couronne de Christ et de la vierge; il doit auparavant porter la couronne d'épines s'il veut qu'on lui pose la couronne céleste de perles dans le Saint-Ternaire.
16. Et nou8*donnons encore aux illnilriinés un grand mystère à reconnaître, c'est que quand la perle est semée, le régénéré ceint la couronne pour la première fois,- dans le Saint-Ternaire, avec une très grande joie et beaucoup d'honneur devant les anges de Dieu et toutes les saintes vierges, et il y a certes là une grande allégresse; mais cette couronne se caché de nouveau.
ear à cette même place» Dieu devient liomme. Gomment n'y ailratt-U pas là dé la joie? Lé vieil Adam
s'ébat aussi, mais comme un àiit' aa son de la lyre; quant à la com*onne, elle appartient à rincarnation.
17. Veux-lu donc devenir un ch. v;! lier, alors il te faut marcher sur les traces de Christ avec le vieil âne et combattre aussi le diable : si tu vaincs et es reconnu, reçu pour un chevaleresque enfent de Dieu, alors la couionnc aux douze étoiles de la femme te sera posée; lu dois la iKuier jusqu'à ce que de ta mort ou par ta mort la vierge soit née de la femme; celie*là portera la triple couronne de la grande ivoire dans le Saint-Ternaire. Car pendant que Timage virginale gtt encore renfermée dans le vieil Adam , elle ne reçoit pas la couronne angélique, vu qu'elle est encore en danger. Mais quand elle naîl de la mort du vieil Adam et édot de l'enveloppe ou de l'écorce, alors elle est un ange et ne peut plus s'altérer^ donc on lui pose la vraie couronne décernée alors que Dieu devint homme ; mais elle conserve , pour signe éternel, la couronne aux douze étoiles; car en éter- ' nité il ne doit point être oublié que Dieu a de nouveau ouvert la virginité dans la femme terrestre et est devenu homme. La divinité est esprit et le saint, pur élément, s'engendre de la parole dés rétemité ; k maître s*est fait serviteur, ce que tous les anges du ciel admirent, et c'est la plus grande merveille qui se soit accomplie dès rétemité, car elle est contre nature : c'est là un amour! Les six signes terrestrès doivent demeurer une étemelle merveille» et produra un éturnel chaal de louanges 4ie ce que Ken
noufr a délivrés de la mort et, de la détresse, ijes six signes célestafi doivent être notre couronne et notre gloire, de ce que par le céleste nous avons vaincu lé.
terrestre ; de ce qu'étant des femmes et des hommes, nous sommes devenus de pudiques vierges s'aimant soi-niéaie : ain$i doivent demeurer en éternité les si^ gnes de victoire ; à cela doit être reconnue l'œuvre de Dieu envers Fbumanité et comment Thomme est la plus grande merveille du ciel ; ce dont les anges se réjouissent grandement.