‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 19 sur 54 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Be la nouvelle naissance ; en quelle substance, essence, être ou propriété, la nouvelle naissance OU Tenfant de la vierge se trouve pendant qu'il gii encore dans le vieil Adam.

i. Puisque nous nageons en chair . et en sang terrestres dans cette mer d'afiUctions» et sommes devenus une source ten*estre où nous sommes renfermée

dans robscurilé et le reflet, la noble base affective ne cesse de chercher sa vraie patrie où elle doil aller. Elle dit toujours : Où donc est Dieu, ou quand me sera4-il pourtant permis de voir la face de Dieu? Où donc est ma nol>le perle? où est Tenfant de la vierge? Je ne le vois pourtant -pas; comment se fait-il donc que je m'angoisse ainsi après lui , puisque je ne puis le voir? Je ressens bien la grande envie, le grand désir après lui , mais je ne puis rien voir qui apaise mon cœur; je suis toujours comme une i<mw ipi

aimerait bien enfanter; combien j'aimerais à voir mon fhjitf qui m'est promis par mon Dieul Ëlle soupire toujours après le moment; an jour appelle l'autre, le matin appelle le soir, la nuH de nouveau le

jour; elle espère dans la privation de voir enfin se lever la brillante étoile du malin qui anicnera à la base afTeciive son repos; elle est comme une femme en travail d'enfant, cpii espère toujours de voir son fruit, qui désire et soupire après le moment.

2. Ainsi nous en va-t-il, mes ohers enfants de Dieu, nous nous en croyons éloignés encore et sommes pourtant dans ce travail ; nous engendrons ainsi avec grand désir, dans les tourments, et ne connaissons point la semence que nous engendrons, car elle est renfermée. Nous n'engendrons pas à ce monde ; comment donc voulons-nous voir le fruit des yeux de la chair, puisqu'il n appartient pas à ce monde?

3. Mais puisque nous avons obtenu la vraie connaissance de cet être, non selon l'bomme extérieur, mais selon rintérieur, nous nous en tracerons une ressemblanee, tant pour le lecteur que pour notre propre satisfaction,

4. Lorsque liuuti considérons cuiiiine nous sommes doubles, avec double sens et volonté, nous ne pouvons mieux arriver à la connaissance qu'en considérant la création : Dans la grossière pierre qui git sur le sol se trouve souvent le meilleur or ; là nous voyons donc comment For brille dans la pierre, qui est inerte cependant, et ne sait qu'elle renferme un si noble or. Ainsi en est-ii de nous : nous sommes un soufre terrestre; mais avec un soufre céleste dans le terrestre;

chacun retenant sa propriété. Ils sont bien mêlés dans oe temps, mats n'inqoalifient point ensemble ; Ton est

seulement rhabitacle et le contenant de l'autre, comme nous lo voyons à For : la pierre grossière n'est pas l'or, maiâ son contenant (gangue) seulement. La grossièreté ne produit pas non plus Tor; c'est la teinture du soleil qui l'engendre dans la pierre grossière : celle-ci est la mère et le soleil le père ; car le soleil engrosse la pierre brute, parce qu'elle renferme le centre de la iiatm e d'où le soleil tire son oiigine. Si nous voulions poursuivre jusqu'au centre, nous l'exposerions ; mais comme cela a été soifisamment dé* veioppé dans d'autres écrits, nous en restons là,

5. Ainsi en estait de l'homme : l'homme tetrestre représente la grossière pierre, et le Verbe qui devint h uni me, le soleil; celui-ci angrosse l'homme corrompu pour cette cause-ci : l'homme corrompu est bien terrÎBStre, mais il tient de l'éternité le centre de i la nature; il soupire après le soleil divin, car, lors de sa création, ce soleil entra dans la formation de son être. Mais la pierre grossière a débordé et englouti en soi le soleil, de la^on qu'il est actuellement mêlé au soufre grossier et ne peut lui échapper, à moins d'une puriOcation par le feu , qui fondant ce qu'il y a de grossier, met à nu le soleil* Applique cela au mourir et à la corruption : la grossière chair terrestre se fond et il ne reste uniquement que la chair virginale spirituelle.

6. £t comprenez bien ce que nous entendons ; nous parlons précieusement et véridiquement, comme nous le connaissons ; le nouvel honune n'est point un es-

prit seulement; il est chair et a«ng; de même que IV dans la pierre n'est pas un pur esprit» mais qu'il a un corps ; non un corps de même sature que k pierre grossière, mais un corps qui résiste au feu du cenli'e de la nature ; car le feu ne peut pas dévorer son corps, parce que l'or est d'un autre principe. Que ne sais-tu cela, ô homme terrestre ! Mais c'est et demeure à bon droit scellé, car la terre n'esl pas digne de l'or, bien qu'elle le porte et l'engendre. L'bomme terrestre n'est de même pas non plus digne du joyau qu'il renferme, et bien qu'il coopère à l'engendrer, il n'en est pas moins une terre sombre au prix de l'enfant de la vierge né de Dien.

7. Ët de même que l'or a un vrai corps» canïhé et prisonnier dans la grossière pierre; ainsi a la teinture virginale, dans l'homme teireslre, un vrai corps céleste, divin, en chair et en sang. Mais non une telle chair et un tel sang comme le ten'estre : cela résiste au feu, traverse la pierre le bois et n'^st pas saisissable. Toat comme l'or pénétre la pierre grossière, sans la rompre ni se rompre soi-même , et sans que la pierre ait aucune perception de l'or; ainsi en est-il du vieil homme terrestre : quand il reçoit le Verbe de la vie qui en Christ devint booune , il le reçoit dans le soufre oorrompu de sa chair et de son sang, dans le centre virginal prisonnier de la mort, eentre dans lequel Adam était une image virginale, avant que la terre sauva^^e lui couvrît son or de la claiie subslantiaiité divine, où alors le céleste dut demeurer dans la mort, dans le centre du feu. Dans ce centre» àhriHt et dans ce soufre, se mut le Verbe de

fat via qui en Ibrie devint homme; alors la 8ub$tantk« lîté prôonnière de la mort reçut nne teinture vivante.

Ici commence le Tioble or ou la céleste substanlialité à reverdir de la mort et il a aussitôt en soi, dans le Verbe de la vie , r£âprit saint qui là sort du Père èt da Fils; et la sagesse ou vierge céleste, fait comme un miroir on ime ressemblance de la divinilé devant soi, comme un soufre pur, une chaâr et un sang purs, dans lesquels habite le Saint-Esprit; non d'essence terrestre, niais liien divine, de la substanlialité céleste. C'est là la vraie chair et le vrai sang de Christ , car ils croissent dans l'esprit de Christ, dans le Verbe de fat vie qui devint hommè, qui brisa la mort, alors que la teinture divine reverdit et engendra de soi Fètre, car tout est né et provenu du désir de Dieu. Mais puisque Dieu est feu et luunèie, il nous est assez reeonnaifisable d'où chaque chose tire son origine ; nous ne pouvons disconvenir que du bon et aimable neaoit provenu du bon; car une bonne volonté désinmte reçoit dans son imagination son égalité, elle se fait soi<mèioe par la faim de son do.-^ii son similaire.

8. Nous reconnaissons ainsi puisque ia divinité a désiré avoir une image, un miroix' d'elle-même, le désir divin aura aussi , en son propre engrossement, engendré dans sa désirante volonté le bon et ce qui hii plaisait le plus, une pai*foite ressemblance du bon, de la claire divinilé. Que le terrestre s'y soit mêlé, c'est la faute de la désireuse colère ou du feu, du démon, qui l'avait allumé par son imagination.

9. Ainsi, il nous est de même bautement reeon« naitaaUe que Dieu ne vouiut pas abandonner sa pro«*

piiélé (savoir la fleur de ses ceuvres et son o|)jet de prédilection, qu'il créa à scm image en un être créature]) ; plutôt devint-il lui-même ce qu'il avait créé, afin de retirer de la perdition ce qui s'était corrompu et de le replacer dans la perfection, pour qu'il (Dieu) pût demeurer éternellement dans cette image. Et nous disons avee fondement que Dieu demeure lui^ même, en personne, dans le nouvel homme, non par retlet ou lueur étrangère, mais réellement; toutefois, dans son principe, Thomme extérieur ne l'atlouche ni ne le saisit; la ciiau* et le sang du nouvel homme ne sont pas non plus Dieu, c'est la substantiatité céleste ; Dieu est esprit et ne s'altère point ; bien que l'être se corrompe, Dieu demeure pourtant en soi. Il n'a nid besoin de sortir (s'en aller), pas plus que d'entrer; mais il se manifeste dans la chair et le sang; c'est son bon plaisir de posséder une ressemblance.

iO. Si donc nous nous connaissons bien et réfléchissons en conséquence, nous trouvons que l'homme

(entends l'homme complet) , est une vraie ressemblance de Dieu ; car selon la vie terrestre et le corps il est de ce monde ; et selon la vie virginale , le corps virginal, il est du ciel; car Tessence virginale a une tdatture céleste et fait la chair céleste dans laquelle Dieu habite. De même que For dans la pierre a une autre teinture que celle de la gi ossiére pierre, et qutî cette teinture a un autre corps, chaque corps naît de sa propre teinture, comme nous reconnaissons que la terre est procédée du centre du feu âpre ou froid, du soufre de la sévère astringence dans Tangoisse

pour le feu, ce qui a été exposé dans le livre des Trois principes.

11. Ainsi, d'une bonne essence provient un bon coi ps. car Tessenre fait la vie et n'est pourtant pas elle-même la vie : la vie nait dans le principe ou dans le fea ; que ce soit dans le feu froid ou dans le feu ardent» ou bien dans le feu de lumière, chacun d*eux est un principe propre et n'est pourtant pas séparé.

12. Ainsi, fondés sur la vérité, nous pai terons maintenant de riiouuiication ou hunianilé, et nous dirons en termes clairs, nets et francs, non par présomption ou c^inion, mais de propre et vraie connaissance, par rillumination que nous avons reçue de Dieu :

I. Que le nouvel homme régénéré , qui est caché dans l'ancien comme For dans la pierre, a une teinture céleste, chair et sang divins, célestes; que l'esprit de cette chair n'est point un esprit étranger, mais son propre esprit, engendré de sa propre essence. *\h Nous reconnaissons et disons que le Verbe qui dans la vierge Marie devint homme , est la première base, le générateur de la teinture dans le soufre; nous reconnaissons, en outre, que l'esprit de Christ, qui remplit toute l'étendue du ciel, habite dans cette teinture.

m* Nous reconnaissons cette chair céleste pour hi chair du Christ, dans laqueUe la Sainte-Trinité demeure sans division.

IV. Nous reconnaissons la possibilité que celte chair et ce sang s'altèrent de nouveau par Timagination, pendant la \ '»B du vieil Adam, comme cela arriva à Adam,

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