‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 21 sur 54 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Do l'origino de la vie dans le fou. — Do rdternol esprit datts rotornello ^iorgo do la oagosse divine,

et ce qu est rétemel commencement et l'éterDelle fin.

i. La raison exleriio (jiL; N'eùl-il pas été suffisant que Dieu devînt homme en nous; pourquoi Christ dut-il souffrir et mourir? Dieu ne pouvait-il donc pas introduire ainsi l'homme dans le eiel par la nouvelle naissance? Dieu n'est^il donc pas assez puissant pour faire ce qu'il veut? Quel plaisir Dieu trouve-t-il donc à la uiort et à l'agonie, pour que, non-seulement il ait laissé mourir son Fils sur la croix, mais que nous devions tous mourir aussi ? Puisque Dieu nous a sau-

Digitize d byGpogle

vés par la mort de son Fib et qu'il a payé pour nous, pourquoi devons-nous donc aussi monrir et pourrir? — Ainsi court la raison.

2. Devant ce nnroir (à ce spectacle) que soient conviés rantechrist, qui se nomme serviteur et pasteur de Christ; de plus» tontes les hautes écoles de ce monde, avec leurs disputes et leurs lois; enfin, tous les enfants de Christ qui portent sa croix. — Que tous voient le viai fondement, non d'une opiniuu, pour mépriser queiqu un à cause de son ignorance, mais de la vraie doctrine que chacun doit se chercher et se trouver. Car ce sera une iïïàïre très sérieuse qui touche l'homme; il y va de son corps et de son âme; il ne s'agit pas du tout de plaisanter, car celui qui a donné cette connaissance a eiubouché sa trompette; cela s'adresse au ^^enre, humain, que chacun prépare sa lampe. Un grand roi, à double aUributs, viendra par deux portes; il est un et pourtant deux; il a feu et lumière ; il touche à la terre et aussi au ciel ; c'est là une merveille.

3. Chers enfants de Christ , lorsque nous considérons la mort et comment par elle nous devons entrer dans la vie, nous trouvons une tout. autre vie venant de la mort; nous trouvons d'abord pourquoi Christ a dft mourir, pourquoi nous devons aussi mourir dans sa mort, ressusciter en lui, entrer avec lui et par lui dans le royaume de Dieu.

4. Si, maintenant, nous voulons trouver cela, il nous faut considérer rétemité dans son fond et sans» fond, sans quoi nous ne trouverons rien ; nous devons seulement le chercher où il est; car, comme

image de Dieu, nous tirons notre origine da fond étemel, soit Tâme et son image; mais nom avons été

introduits dans le temporel et périssable, soit dans la, source. Or, i cLtii iiilé ou le sans-fond étant une liberté hors de la source, nous devons rentrer dans la liberté par la mort, et nous ne pouvons pourtant pas dire non pins qu'il n*y ait pas de vie dans cette liberté; c'est la vraie vié subsistant là éternellement sans source. Nous vous en donnerons une ressemblance exacte par comparaison ; une l esseuiblance selon le régne de ce monde à la vérité ; mais en y adaptant le monde divin, c'est la chose 6lle4nême.

5. Vous savez que notre vie réside dans le feu, car sans chaleur nous ne vivons pas ; maintenant le feu a son centre propre, smi [HDiu t' artisan dans sa sphère, savoir les sept formes ou esprits de la nature ; mais les quatre premières formes seulement sont reconnues pour la nature ou la source dans laquelle le feu est éveillé et allumé, de manière à former nn principe, une circulation de vie ou centre; attendu que la matière de la combustion se ibrme dans les esprits ou formes mômes et est aussi toujours consumée dans le feu ; et de cette consomption, le feu donne un autre (produit), meilleur que le premier né du feu ; car le feu tue et engloutît la substance qu'il engendre luimême (entends le feu essentiel, dans les formes pour le feu), il la dévore et en produit, de la mort, une beaucoup plus noble et meilleure, qu'il ne peut dévorer. Cela sa prouve par le feu et la lumière, et c'est non-seulement une ressemblance exacte, mais la chose même; il ne s'agît que de distinguer les principes.

Le tout est bien an feu, mais il se diversifie Iniméroe selon la source.

6. Si, maintonanl, nous voulons faire comprendre ceci, il est nécos^îaire de reprendre 1 lifrine du feu; mais puisque nous l'avons décrite eu détail, sous toutes ses faces, dans le livre des Trois principes et d'autres encore, nous n*en donnerons ici qu'un précis pour rintelligence (de la chose), renvoyant' le lecteur aux autres écrits, s'il veut sonder les sept esprits de la nature.

. 7. Le feu a trois formes principales pour centre : la quatrième est le feu même et donne le principe, soit la vie avec Tesprit; car dans les trois premières formes, il n'y a point de vrai esprit, mais des essences seulement, savoir : l*» l'âpre ; c'est la volonté désirante, la première et principale forme ; 2^ l'amére, piquante; c'est l'autre forme, une cause des essences;

rangoisseuse, soit la circulation ou le centre de la vie, la roue tournante, qui saisit en soi les sens ou les essences amères, les engloutît comme dans la mort et donne, 4» de la chambre d'angoisse ou de la mort, la base ailective, comme un autre centre. Maintenant, comprenez cela ainsi :

8. Dans Tétemité ou dans le sans-fond, hors de la nature , il n*y a que silence sans être ; il n'y a rien non plus qui donne quelque cliose ; c'est un éternel repus tjui ne se compare à rien, un abîme sans commencement et sans fin, de même sans limite ni lieu, aussi sans chercher ni trouver, pas même quelque chose où il y eût une possihilité. Ce sans-fond ressens ble à un œil, car il est son propre miroir, il est sans

^idstence (mouvement); de mêine ni imnière m. ténèbres, et est principalement une magie, ayantiune volonté que nous ne devons ni scruter ni sonder, car

cek nous trouble. Par celte volonté, nous entendons le fond de la divinité, qui est sans orip^inc, car il se saisit lui-même en soi : ici nous sommes à hou droit muet, car c'est hors de la nature.

9. Pois donc que nous sommes dans la nature, en éternité nous ne connaissons pas ce fond, car dans la volonté , la divinité est e!l(^-mpnio tout , et réternelle cause première de son propre esprit cl tous les êtres. Dans la volonté il (ce Ibnd) est tout puissant et tout sachant, et pourtant, dans cetle volonté, il n'est 4HIS nommé ni reconnu Dieu, car il n'y a là ni bien ni -mal ; c'est une volonté désirante qui est le commencement et aussi la lin ; car la fin fait aussi le commencement de celte volonté, et le commencement, de nouveau la fin, ^ous trouvons ainsi que tous les êtres sont renférmés dans un ceil qui ressemble à un miroir, dans lequel la volonté se contemple elle-même, reoherchant ce qu'elle est, et dans le voir, elle devient désireuse de l'être qu'elle est ellc-uièmc. Ce désir est un attract et pourtant, il n'y a rien là qui puisse éti'e attiré ; mais la volonté s'attire elle-même dans le désir et se fait, dans son désii*, un mod^e (représentation) de ce qu'elle est ; et ce modèle est le miroir dans lequel la voluiilé voit ce qu'elle est, car c'est une ressemblance de la volonté. Et nous reconnaissons ce miroir (dans lequel la volonté se voit et se contemple touyours elle-même) pour la sagesse étemelle de Dieu, car c'est une vierge étemelle sans substance,

et cependant le fniit>ir de tous les êtres, dans lequel

toutes choses ont été vues dés l'éternité : tout ce qui pouvait ou devait être créé.

10. Maintenant, ce miroir n'est pas uon plus le voir même ; mais la volonté, qui est désireuse» c'est-à-dire Tattrait émanant de la volonté, qui sort de la volonté, est un esprit et fait, dans Tattraît du désir, le miroir. L'esprit est la vie et le miroir est la maniit station de la vie, sans quoi l'esprit ne se couudiirait pas luimême ; car le miroir ou la sagesse est son fond ou contenant; c'est ce que l'esprit a trouvé, attendu qu'il se trouve lui-même dans la sagesse : la sagesse, èans Fesprit, n'est pas un être ; et l'esprit, sans la sagesse, n'est pas manifeste à lui-même; l'un sans l'autre, serait un abîme.

11. Ainsi, la sagesse, en tant que miroir de l'esprit divin, est, de soi-même, passive; c'est le corps de la divinité, de l'esprit, dans lequel l'esprit habite ; ce corps est une matrice virginale, dans laquelle l'esprit se manifeste ; c'est la substantialité divine ou un

^ souHre saint et divin, compacté dans l'imagination de l'esprit, du sans -fond de l'éternité; et ce miroir ou soufre est Tétemel premier commenceittent et l'éternelle première fin, et se compare en tonte chose à un œil, par lequel l'esprit voit ce qu'il est là dedans et ce qu'il veut manilester.

12. Ge miroir ou œil est sans fond ni limite» de même que l'esprit n'a aussi aucun fond , sinon dans cet ceil. B est pourtant entier, sans division, comme nous reconnaissons que le sans-fond est indivisible; car il n'y a là rien qui sépare et aucune motion hors

de l'esprit. Nous pouvons donc reconnaître ce qu'est réternel esprit dans la sagesse et ce qu'est Tétemel

commeaceiuenL et l'éternelie lin.

GHÂPITRË U.

ta vraie et très chère porte de la Sainte-Trinité, ' l'œil de Tétemelle manifestation de ¥ie. De la

divinité hors de la nature.

1. Nous reconnaissons donc que l'étemel commencement^ dans le sans^fond» est en soi-même une cter-: nelie volonté, dont nulle créature ne doit savoir Tintime origine. Nais il noue a cepmidant été donné de savoir et de reconnaître en esprit son fond, qu'il fait lui-même en soi , dans lequel il repose ; car une volonté est mince comme un rien et, par ce fait, dési> reuse; elle veut être quelque chose, afin d'être manifeste en soi; car le rien pousse la volonté an désir, et le désir est une imagination : la volonté se voyant dans le miroir de la sagesse, imagine du sans-fond en soi-même et se fait, par l'imagination, un fond en soÂ-même; elle s'engrosse, p.ir l'imagioation , de la sagesse, soit du miroir virginal, qui là est une mére sans engendrement, sans volonté.

2. L'engrossement n'a pas lieu dans le miroir, mais dans la volonté, dans l'imagination de la volonté. Le miroir demeure éternellement une vierge sans engendrement; mais la volonté s'engrosse à l'aspect du miroir; car la volonté est pére, et l'engrossement dans le Père, soit dans la volonté, est le cœur ou

Fils; car c'est le fond (hase) de la volonté ou du Père, attendu que l'esprit de la volonté se trouve dans le fond et va de la volonté dans le fond , dans la sagesse vir^nnale ; ainsi 1 imagination de la volonté ou le Père lire à soi la vision ou figure du miroir, soit les merveilles de la puissance, les couleurs et les vertus, et s'engrosse ainsi de la splendeur de la sagesse, de la puissance et des vertus : c'est là le cœur de la volonté ou du Père, attendu que l'insondable volonté reçoit en soi-même un fond, par et dans Téternelle, insondable imagination.

S. Ainsi y nous reconnaissons Tengrossement du Père pour le centime de l'esprit de l'éternité, où l'éternel esprit se saisit toujours; car la volonté est le commencement, et la motion ou ;iLirai! de Timagin ition pour le miroir de la sagesse (attiré dans l'imagination), est l'éternel, insondable esprit qui s'originise dans la volonté, se saisit dans le centre du cœur, dans la puissance de la sagesse attirée et est la vie et l'esprit du cœur. Si donc (même) Vétemelle, insondable volonté était passive en soi-même, ce qui est saisi de la sagesse (et qui s'appelle cœur ou centre), est la parole (Verbe) de la volonté, car c'est le son ou la puissance, la bouche de la voiouté, qui manifeste la volonté ; car la volonté ou le Pére, exprime, par la motion de l'esprit, la puissance, dans le miroir de la sagesse, et par le prononcé, l'esprit va , de la volonté , de la parole de la bouche de Dieu , soit du centre du cœur, dans le prononcé, ou dans le miroir virginal, et manifeste la parole de vie dans le miroir de la sagesse, en sorte que l'être triple de la divinité est mis en évidence dans la sagesse.

4. Ainsi, nous reconnaksons ua être divin, éter* nel, insondable y et dans cet être» trois personnes bien distinctes; savôir rétemelle volonté, caose de

tout, première personne, qui, loutctbis, n'est pas l'être môme, mais sa cause, et est libre de Tctre, car c'est le saa&-fond. Il n'y a rien avant lui qui le pro> duise, mais il se produit (s'engendre) lui-même, ce dont nous n'avons aucune connaissance. Il est tout et cependant aussi, par conséquent,- unique en soi; sans l'être, c'est un rien. Dans cette volonté iini([ue s'originise l'éternel commeiiceiiient, par l'iiuaginalion ou le désir; dans le désir, la volonté s'engrosse ellemême de r<ml de la sagesse, étemel comme la volonté et sans fond ni commencement, ainsi que cela a été exposé' plus haut. Cet engrossement est la basede la volonté et de l'être de tous les êtres, et est le fils de la volonté; car la volonté engendre constamment ce fils d'éternité en éternité ; car c'est son cœur ou sa parole , comme un retentissement ou une manifestaition du sansrfond de la silencieuse éternité, et la bouche ou intelligence de la volonté; donc, il est à bon droit nommé une autre personne que le Père, car il est la manitéstation du Père, son fond et son éire, attendu qu'une volonté n'est pas un être, mais rimagination de la volonté fait Fétre.

5. La seconde personne est donc l'être de la divinité (entends l'être de la Sainte -Trinité), la bouche ou manifestation de l'être de tous les èLi es, et la force vitale de toutes les vies.

6. La troisième personne est Tesprit qui , par ki compaction de la volonté par l'imagination, sort de la

puiasance de la parole, ou va, de la booche du Père,

dans l'œil , soit dans le miroir de la sagesse ; il est donc libre tant de la volonté que de la parole. Et, bien que la volonté le donne pai* la parole, encore est-il libre, comme Taîr du feu ; comme Ton toU que l'air est resprii et la vie du fea, et cependant autre chose que le feu , quoique produit par hiî. On voit aussi que Taii pKMÎuiL iiii ciel plein de vie, liuiiineux el mobile. De inéme est le SauU- Esprit la vie de la divinité et une autre personne qœ le Père et le Fik ; son office est aussi 4ifiérent; il manifeste la sagesse divine, pour qtste les merveilles se développent, de même que Tair met en évidence toute vie de ce monde et fait que tout vit et croît.

7. Ce .qui précède explique ainsi brièvement ce qu'est la divinité dans le sans -fond, comment Dieu habite en soi-même et est lui-même son centre de Fengendceuse. Mais la base affective de l'homme ne tiouve néanmoins pas sa satisfaction en ceci, elle s'enquiert de la nature, de ce dont ce monde est né et tout a été créé : nous exposons donc, ci-après, le texte du prine^ et nous y convions la raison.

Page 1