‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 23 sur 54 · Nous saisissons en outre comment cette inson · texte numérisé non relu

Nous saisissons en outre comment cette inson

dable volonté est toujours désireuse, d'éternité en éternité, de se manifester, de sonder ce qu'elle est, de conduire les merveilles en être et de se manifester

en elles. Ce désir est une imagination que la volonté attire à elle et dont elle s'engrosse ; mais , par celte imagination, elle s'ombrage soi-même, en sorte que, de la lihre volonté , naît une. volonté opposée d*étre délivrée de Tômbre ou du ténèbre ; car Taittiré est k. ténèbre de la libre volonté dont^ hors de l'iniap^ination, elle était aiiranchie ; et pourtant aussi, iioi s de rimagination, elle serait eu soi-même un rien : ainsi naît dans la première volonté niém.e, dans le désir, une volonté opposante. Car le désir est attirant, et la première volonté est tranquille et en soi-même sans étret mais elle s'engrosse par le désir, qui la icmplit des merveilles et de la puissance, ce qui l'ombrage et fait d'elle un ténèbre ; de sorte qu'alors , dans la puissance attirée, il . se forme une autre volonté de passer de la puissance ténébreuse dans la liberté. Cette autre volonté est celle du cœur ou du Verbe , car elle est une cause du pimcipe, une cause que la roue d'angoisse allume le ieu. Elle traverse donc Tangoisse ou le feu avec l'éclat de la lumière ou de la majesté, dans laquelle alors Tétre de la Sainte-Trinité se découvre et reçoit ici le précieux nom de Dieu. Entendez cela plus amplement conmie suit :

4. La première volonté . soil Dieu le Père, est et demeure éterneUemeut libre de la source d'angoisse, pour ce qui concerne b volonté en eUennéme ; mais son désir est engrossé, et dans le désir naît la nature mec les formes, et la nature demeura dans la

volonté (en Dieu), et la volonté dans la nature, sans mélange toutefois ; car la volonté est ténue comme un

rien ; donc non saisissable, et n*est point saisie par la natui'e; car si elle pouvait être saisie, la divinité ne se composerait que d'une personne. Elle est Men la cause de la nature, mais est et demeure cepen* dant, en éternité, un autre monde en soi; de même la nature demeure un monde propre ; car elle réside dans la forée de l'essence d'où le [n incipe s'originise. La claire divitnle, dans la majesté, ne réside pas dans ressence ou dans le principe , mais dans la liberté, hors de la nature; mais Fédat de la lumière, émanant du principe, met en évidence Tinsaissable et insondable divinité; elle fait Téclat de la majesté et ne le contient pourtant pas non plus en soi-même, mais le prend du miroir de la sagesse virginale, de la liberté divine. Car si le miroir de la sagesse n'existait pas, il ne s'engendrerait ni feu ni lumière : tout naft du «miroir de la divinité, ce qu'il Êiut entendre comme

suit :

r». Dieu est en soi le sans-fond, le monde originel, qu'aucune créature ne comprend , car elle habite en esprit et en corps dans le fond seulement. Dieu aussi, dans le sans-fond, ne serait pas manifeste à loHnéme, mais, dés l'éternité, sa sagesse liit son fond que désira réternelle volonté du sans -fond de la divinité, d'où est née l'imagination divine, en sorte que l'insondable volonté de la divinité s'est ainsi , en imagination, engrossée dès l'étemité à» la puissance de la vir sion ou figure du miroir des merveilles. Dans cet engrossementy se trouve Téternelle origine de deux

principes, savoir : 1o les ténèbres éternelles, d'où ntH

le monde de l'eu , :2" l'essenlialitc (réprime) de la tureur dans les ténèbres, où résident la coléi e de Dieu et l'abime de la nature ; ainsi , nous reconnaissons le monde de feu pour la grande vie.

6. Nous comprenons, en outre, comment du feu s'engendre la lumftre et comment, entre le monde de feu et le monde de lumière, se trouve la mort ; comment la lumière brille de la mort, et comment le monde de lumière llamboyante est en soi un autre principe et une autre source que le monde de feu, bien que non séparés Tun de Tantre , tout en étsnt insaisissables Tun par Tautre; 8^ nous comprenons aussi comment le monde de lumière remplit Télernelle libellé ou la première volonté qui s'appelle Père; 4*> nous comprenons de même par là, sérieusement et fondamentalement, comment la vie natnrelle, qui veut habiter dans le monde de lumière flamboyante, doit passer par la mort et naître de la mort; mais iiinis i < unprenons , d'autre part, quelle vie naît du ténèbre ou de l'essence de la nature ténébreuse, savoir Tâme humaine qui, en Âdam^ s'était introvertie du monde de feu dans la nature (VessentiaEté) ténébi*euse. C'est pourquoi, 5o nous comprenons à ibnd et nettement la raison pour laquelle Dieu uu le cœur de iJieu est devenu lionime, pourquoi il a du mourir, pénétrer dans la mort, briser sa vie dans la mort, puis, l'introduire, au travers du monde de feu, dans le monde de lumière flamboyante , et pourquoi nous devons le suivre ; ^ pourquoi beaucoup d'âmes demeuient dans le monde de feu et ne peuvent, par

la morti entrer dans le monde de lumière ; enfin, ce qu'est h mort, et aussi, ce qu'est l'âme. Nous dé?e* loppons cela comme suit :

7. Quand iiuus considérons ce qu'eL4 la vie, nous trouvons qu'elle consiste essenliellemenl en. trois choses, savoir, en désir, base afiective et sens (les sens). Si nous scrutons plus outre ce cfhe c'est qui donne cela, nous trouvons le emire ou la roue des essences ((iii contient l'artisan du feu même. Recherchant ensuite d'où procède le leu essentiel, nous trouvonsqu'il s'originise dans le désir de Tétemelle insondable volonté, qui, par le désir, se fait un fond; car toni désir est âpre et attire ce que désire la volonté, hien que, cependant, il n'y ait rien devant elle qu'elle puisse désirer que soi-même.

8. C'est là le gi'and œil des merveilles, sniis Imiite ni fond, renfermant tout et n'étant toutefois qu'un rien, à moins que dans la volonté désireuse il ne de* vienne quelque chose, ce qui arrive par l'imagination (|ni le convertit en substance ; et môme aloi s, ce n'est encore (ju'un nen, car ce n'est qu'une ombre à lalibre volonté, laquelle ombre couvre la liberté ou la mince, insondable volonté, d'où naissent ainsi deux mondes; le premier, incompréhensible ou insaisissable, un sans-fond et une étemelle liberté; l'autre, qui se saisit soi-même et se rend un ténèbre. Cependant, ils ne sont point séparés l'un de l'autre; il n'y a que cette diâérence que les ténèbres ne peuvent saisir la liberté, car elle est trop mince et demeure aussi en soi-même, comme le ténèbre.

La très sérieuse porte,

9. Ici, nous coiapienons maintennnt : 1» comment rautre volonté du Père, qu'il puise dans le miroir de la sagesse, pour le centre de son cœur, s'endosse, dans rimagiDation du Père, de la substantialité (essentielle), et que cet engrossement est un ténèbre quant à la liberté de la première volonté (qui s'appelle Père); que de plus, dans ce lénèhie ou substantialité, résident, en imagination, toute la puissance, toutes les couleurs et toutes les vertus, aussi bien que toutes les merveilles. Nous comprenons, 99 comment la puissance, les merveilles et les vertus doivent être manifestées par le feu, soit dans le principe où tout entre dans son essence ; car l'essence naît dans le principe. Nous comprenons, 3^ très sérieusement, que dans le principe, avant la naissance du feu, il*y a une mort, savoir la grande vie d'angoisse, qui, à la vé^ rîté, ^*est point un mourir, mais une âpre , sévère et mouraulc source, d'où s'originise la grande et forte vie, soit la vie de feu; puis, de ce qui est mort, la vie de lumière, avec la puissance de l'amour ; laquelle vie de lumière babite, avec Tamour, dans rétemelle liberté , ou dans la première volonté , qui se nomme Père ; car le Père désire, dans sa propre volonté , ce qu'il est lui-même et rien de plus. Comprenez cela comme suit :

10. Vous voyez et savez qu'il n'y a pas de lumière sans feu et point de feu sans sévère tourment, qui se compare à un mourir : la substantialité dont brûle le

feu doit dutëi mourir et êti'e consumée. De cette con-

somption naissent deux principes de deux grandes

vies : la première, dans la source, se nomme feu ; l'autre, provenant de la subjugalion , coniine delà mort, et qui s'appelle luiiiicre, est immatérielle et sans source, bien que renfermant toutes les sources, hormis celle de la fureur; car la fureur est demeurée dans la mort, et la vie de lumière verdit de la mort, ainsi qu'une belle lîcur pousse de la terre, et n'est plus saisie par la mort, comme v us v i vcz que la lumière demeure dans le feu el que le ieu ne peut la mouvoir ; il n'y a rien non plus qui le puisse,^ car elle est semblable k rétemelle liberté et demeure dans la liberté.

11. ici l'on comprend comment le Fils est une autre personne que le Père, car il est le monde de lumière, habitant toutefois dans le Père, et le Père l'engendre de sa volonté : il est vraiment l'amour du Père, ainsi que merveille, conseil et puissance, car le Père l'engendre dans son imagination, en soi-itfême, et le conduit, au travers de son propre feu ou du principe, au travers et hors de la movi; en sorte que le FUs constitue et est, dans le Père, un autre monde ou un autre principe que le monde de feu dans les ténèbres. «

i%. Vous comprenez aussi comment l'éternel esprîl du Père se divise en Uuis inoiulcs : D'abord, i« il est la sortie de l'imagination de la première volonté du sans-fond qui, là, s'appelle Père, attendu que, par la sortie, il manifeste la sagesse et demeure dans la sagesse, qu'il s'en revêt comme de son vêtement des grandes merveilles.

18. Secondement, il est la cause de la compaction pour rétre des ténèbres, soit du second monde; la

cause et l'esprit pour l'origine du feu essentiel : il est lui-même la source dans Tangoisse du principe et aussi le monde de feu ou la grande vie.

14. Troisièmement, il est enfin celui-l:\ même qui, dans le mourir du principe» conduit la puissance hors du feu : par lui, la puissance se dégage de Fangoisse et du mourir, sort du mourir, et va dans la liberté, y dernoure et fait le monde de lumière. Ainsi, il est la flaiiiine de l'aiuour dans le monde de lumière et ici, à cette place, s'originise le précieux nom de Dieu, Père, Fils et Saint-Ësprit. Car, dans le monde de feu, il n'est pas nommé Saint-Esprit ou Dieu, mais la colère de Dieu, la fureur de Dieu, puisque Dieu se nomme (lui-même) ici un teu dévorant. Mais dans le monde de lumière ou dans le Fils de Dieu , il est la llamme de Tamour et la puissance de la sainte vie divine même; là il s'appelle Dieu Saint-Ësprit. Ët le monde de lumière se nomme merveille, conseil et puissance de la divinité ; c'est le Saint-Esprit qui le manifeste, car il est sa vie. En tout et aussi loin que notre cœur et notre intelligence peuvent atteindre, il n'y a absolument rien que ces trois mondes, ils contiennent tout; savoir, premièrement, l'étemelle liberté, et dans elle, la lumière avec la puissance dans le miroir de la sagesse , qui se nomme Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ; le second (monde) est l'être des ténèbres dans l'imagination , dans l'âpre et désireuse volonté, l'engrossement du désir, où tout est dans les ténèbres ou dans une frayeur continuelle et une mort

is

angoisseuse; le troisième (monde) est le monde de feu, le premier principe , qui s'engendre dans l'angoisse et est la grande, forte, puisante vie, dans laquelle habite le monde de lumière, mais insaisissable au feu.

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