‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 24 sur 54 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Du principe et 4e Torigine du monde de feu. Plus, du centre de la nature et comment la lumière se

sépare du feu, en sorte que deux mondes sont l'un dans l'autre d éternité en éternité.

1. Nous ne voulons point écrire d'une manière abstraite (vague), mais convaincante : Nous reconnaissons et savons que toute vie s^origînise dans Fangoisse,

comme dans un poison, (jui est un iiiourir et pourtant aussi la vie même, ce qu'on peut reconnaître en l'homme et en toute créature. Car sans angoisse ou poison il n'y a point de vie, comme on le voit fort bien chez toute créature, particulièrement chez Thomme composé de trois principes, l'un dans le feu, comprenant la grande vie de feu, à laquelle appartient un poison défaillant ou le Oel, lequel produit la rlmmbre d'angoisse, dans laquelle naît la vie de feu. Et de la vie de feu part l'autre principe ou la vie de lumière, à*oh naît la noble base affective avec les sens, dans lesquels se trouve notre noble image. Et nous comprenons comment la vie de feu naît, de la mort du fiel, dans le cœur. Puis vient le troisième principe, dans l'autre chambre d'angoisse ou dans l'esto-

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mae, dans lequel nous engloutissons les quatre éléments et les astres, ce qui constitue cette chambre d'angoisse ou le troisième centre, soit le régne de ce monde,

une puanteur et mauvaise maison de tourments, où la IroisitMiie vie, savoir la vie astrale et élémentaire, est engendrée et gouverne par le corps extérieur avec la raison du troisième principe.

. Mais nous entendons très bien que dans le cœur, dans le centre du feu, se trouve caché un autre monde incompréhensible à la maison de douleurs des astres et dos éléments; car le cœur soupire après cet autre monde, et l'esprit, qui naît de la mort du poison du cœur, possède cet autre monde , car il est libre, du poison que le feu allume, et demeure pourtant dans le feu du cœur, mais, par son imagination, il saisit le monde de la liberté dans l'imagination, et demeure dans la liberté , hors de la source du feu, pour autant, louleiois, qu li porte son inclination en Dieu.

3. Si donc il existe un pareil triple régime dans Fhomme, à bien plus forte raison hors de lui ; car si cela n'était pas , il n'aurait pu pénétrer dans lui , vu que, où il n'v a rien, il ne se produit rien non plus; mais si quelque chose s'engendre, cela a lieu de ce qui est là. Toute imagination ne s'empreint que de son similaire et se manifeste dans la ressemblance. Si donc l'être de tous les êtres est une éternelle merveille en trois principes, il ne produit non plus que des merveilles, chaque principe selon sa propriété, et chaque propriété, à son tour, de son image, d'où nous reconnaissons que l'éternel est une pure mer-

veille. Il faat donc réfléchir à cette merveille et con-* sidérer la nature et la propriété de Téternelle engen-

dreuse; car il ne peut y avoir aucune propriété sans mère qui, là, donne.

4. Nous comprenons donc dans la grande merveille des merveilles (qui est Dieu et rétemité avec la nature), particulièrement sept mères, desquelles natt réCre de tous les êtres ; les sept ne composent cependant qu'un seul être et aucune n'est la première ou la dernière ; les sept sont également éternelles, sans commencement : leur commencement est la manifestation des merveillos de Funîque éternelle volonté qui se nomme Dieu le Père, et ces sept mères ne seraient pas manifestes si Tunique , éternelle volonté , qui se nomme Père, n'était pas désireuse. Mais comme elle est désireuse, elle porte son imagination en soi-même et est un désir de se trouver soi-même, ce qui a lieu aussi dans l'imagination : là elle trouve principalement, en soi-même, sept formes distinctes, dépendantes l'une de l'autre, s'engendrant l'une l'autre : si l'une n'était pas, l'autre n'existerait pas non plus, et la volonté demeurerait un étprnel néant, sans èlre, lueur ni éclat.

5. Puis donc que la volonté est désireuse, elle attire (s'imprègne) ce qui est dans l'imagination, et comUae il n'y a rien, elle s'attire soi-même et s'engrosse dans l'imagination, non dans la volonté, car celle-ci est mince comme un rien.

6. Tout désir est donc 4pre, car c'est sa propriété : cela est la première mère, et l'attirement de la volonté dans le désir la seconde; car ce sont deux for-

mes opposées Tune à l'autre» attendu que la volonté est calme comme tm rien, âpre comme une tranquille

mort, et l'.ittiremcnt (attraction) est son stimulant, ce que ne peut souffrir la tranquille volonté dans Tâpreté, en sorte qu'elle attire beaucoup plus violem» ment en soi, ce qui rend sa propre volonté encore plus âpre; elle veut renférmer et contenir l'attraction par une plus rude encore et ne fait que la provoquer. Plus l'âpreté se concentre pour contenir l'aiguillon, plus fort devient-il , ainsi que la lureur et le brisement; car Taiguillon ne veut pas se laisser dompter et est pourtant si fortement contenu par sa mére qu'il ne peut s'échapper. Il veut monter et sa mére descendre; car l'âpre (astringent), tire à soi et se rend pesant : c'est un tomber au-dessous de soi, car cela t'ait dans le sulphur le pliur, et dans le mei'cure le sul ; et l'aiguillon fait dans le phur la forme amére» la douleur, une inimitié dans l'âpreté, et veut toujaurs s'échapper de l'âpreté, bien qu'il ne le puisse pas. Alors l'un monte et l'autre descend , et s'ils ne peuvent, ils tournent comme une roue, qui irait toujours sut elle-même. Cela est la troisième forme, d'où naît l'essence et la merveille de la multiplicité, sans nombre ni fond. Et par cette roue entendez la merveille on puissance que la première, insondable vo- * lonté tire à soi , du miroir du sans-fond , pour son centre ou son cœur; c'est ici la volonté de la puissance et des merveilles. Dans celte roue de la grande angoisse s'originise l'autre volonté, celle du Fils, de passer de l'angoisse dans la paisible liberté de la première, insondable volonté, car la roue produit la na-

ture; c'est ainsi qu'elle s'originise, c'est le centre et «ne rupture de la silencieuse éternité; cela ne tue rien, mais produit la grando vie.

7. Mais comme nous parions d'un tuer, entendeznous comme suit : Ce n'est pas un tuer, mais la sensibilité ; car la vie, avant le feu, est inerte, sans sentiment; ce n'est qu'une .faim de la vie, tout comme le monde matériel n'est qu'une semblable faim, dans laquelle il ti i vaille ainsi avec ardeur jusqu'au principe pour atteindre le feu ; alors naît la vie extérieure de ce monde, et cela ne peut être autrement, à moins que ne se rompe la première matrice ou l'âpre désir, c'est-à-dire, la roue des trois premières formes ou l'ftpreté ; et l'attirement de l'âpreté produit l'angoisse et le tourment. Car c'est un effroi en soi-même, puisque le néant doit entrer dans la sensibilité, et que, là, gît la source du poison dont la fureur et tout mal s'engendrent; et cependant, c'est aussi la vraie origine de la vie sensible : tel est son principe , savoir le tourment de l'angoisse. On peut voir chez toutes les créatures que la vie tant créaturelle qu'essentielle s'originise dans le sang étouilé, dans l'angoisse, comme dans un -ftimier puant , en décomposition : de la mort du gndn aussi nait la plus grande vie et cependant, il n'y a point de mort dans l'essence, mais un tourment d'angoisse, attendu que la mère, qui est une substance inerte, doit éclater, comme on le voit au grain, dans lequel la vie essentielle verdit de la rupture.

8. Il en est de même du centre de la nature : le tourment de l'angoisse est le vrai centre et feit le

triangle dans la nature; et Téclatr de feu, comme

quatrième forme , fait du triangle une croix ; car là est le principe , et il est séparé en deux mondes de deux principes diftcrents de source et de vie. Le feu ou la vie angoisseuse est et demeure une source; l'autre source naît de la rupture de Tangoisse. Comprenez-nous ainsi : La première forme de Vétre ou Fâpreté, dans la volonté désireuse et insaisissable, doit se livrer totalement au Uiunnent de l'angoisse dans la roue de la nature, car l'aiguillon devient trop fort. Ainsi râpreté succombe comme morte, et il n'y a Cendant point de mort, mais une source mourante y car l'aiguillon devient le maître et transforme Tâpreté en sa propriété ou en un éclair furieux , un tourment anpfoisseux qui, provenant de Faiguillon et de l'âpreté, est amer, selon la nature du poison. Car le poison ou la mort a principalement trois formes : l'âpre, Tamer et Tangoisse du feu; il s'engendre ainsi lui-même et n'a d'autre artisan que la fcNrte volonté pour la grande vie dans le feu.

9. Ainsi, conipreneîî-nous bien : le sans-fond n'a point de vie, mais dans une semblable propriété s'engendre la grande éternelle vie. Le sans -fond n'a ni mouvement ni sentiment et ainsi, cependant, s'engendrent la mobilité et la sensibilité, ainsi se perçoit le néant dans Téternelle volonté, dont nous ne connaissons pas le fond, que nous ne devons pas non plus sonder, car cela nous trouble. Et ceci n'est pourtant qu'une vie essentielle , sans intelligence, pareille à la terre et à la mort ou au mourir, renfermant à la vérité une source, mais dans les ténèbres,- sans in-

telligence ; car Tâpre angoisse tire en soi , et l'attiré

produit les ténèbres, en sorte que la vie angoisseuse se trouve dans les ténèbres. Tout être est en soimême sombre (ténébreux), à moins qu'il ne possède la teinture de la lumière. La teinture est donc une liberté dégagée des ténèbres et n*est point saisie par le tourment de Tangoisse, car elle est dans le monde de lumière, et bien qu'elle soit renfermée dans la substantialitc , comme dans un coips ténébreux, elle est cependant de l'essence du monde lumineux où nen nV^t circonscrit.

iO. Plus haut» nous avons traité d'abord du miroir de la sagesse des merveilles de tous les êtres ; puis, de la trinité de l'être de tous les êtres; nous avons exposé coiiiiiient cette trinité s'originise d'une seule, éternelle volonté qui est le Père de toutes choses ; — comment ce Père puise en soi une autre volonté de se manifester ou de se trouver soi-même en soi ; en d'autres termes : de ressentir ce qu'il est et comment il est ; — comment cette autre volonté puisée à nouveau et magique de se seiitir, est son cœur ou son siège propre ; — comment la première , insondable volonté s'engrosse elle-même, par l'imagination, du miroir des merveilles, qui, dans le monde de lumière, se nomme Sagesse. Nous avons de plus exposé comment cp.lle première, insondable volonté, y compris l'engxossenient, et hors du miroir des merveilles ou dç la sagesse, ne peut, en cette manière d'être, avant le principe du feu, être vraiment nommée un être divin; mais bien plutôt un mystère des merveilles de toutes choses; lequel mystère se divise, dans

le fea, en innombrables êtres, et demeure cependant

aussi un seul être.

11. Ainsi, Jiuus vous dunnons maintenant à comprendre, quant à T autre volonté, (pio la première puise dans son imagination ou engrossement, et qui est le grand mystère dans lequel la première volonté, gui se nomme Père, se cberche, se trouve et se sent, comme une vie dans le cœui- : — que cette autre volonté est la mère de l'en^fendrcusc dans l enp^rossement qui s'est tonné ou compacté dans l'imagination. C'est cette volonté qui produit les sept formes pour la nature, et aussi la roue d'angoisse ou le mourir. C'est elle encore qui , dans Tangoîsse , passe , à ti*a*> vers la mort, dans la liberté, brise la mort, et donne la vie; qui allume le ieu, et dans le feu, s'empare de réclat de la majesté et demeure dans la lumière de la majesté, dans le feu, insaisissable à celtti<*ci; — comme ne ressentant rien , étant morte à la source, et procédant d'une autre source que la première, à laquelle elle est morte.

12. Et bi nous vous avons démontié brièvement, mais fondamentalement et d'une manière précise l'origine du feu, c'est que nous^ reconnaissons dans la profondeur qui nous est découverte par la grâce de Dieu, ^ue cette origine a deux causes : la première est Tesprit de la voluiité du cœur, entends l'autre volonté du père ou la propriété du fils ; la seconde est la matière de la volonté, soit la merveille de la roue de la vie essentielle ou la chambre d'angoisse. L'angoisse soupire après la volonté de la liberté, et la volonté soupire après la manifestation; car la volonté ne peut, dans

la paisible liberté, se manifester en soi-mèine sans la

vie essentielle qui, dans l'angoisse ou dans le mouiir, parvient à la manilestalion soit à la grande vie.

13. Ainsi, la volonté est dans la sombre angoisse, et l'angoisse est le ténèbre même. Ët lorsque Tangoisse soupire ainsi ardemment après la volonté de la liberté, elle reçoit en soi cette volonté comme un éclair, comme un grand cliioi ou comme si l'on versait de l'eau dans le feu. Ici a lieu le vrai mourir, car l'angoisse, tout à lait furieuse et ténébreuse , s'effraie de réclair, comme les ténèbres de la lumière, attendu que les ténèbres sont tuées et vaincues; alors l'efiOroi est une explosion de grande' joie. Là le furieux et âpre (acre) poison s'affaisse dans la mort et devient impuissant, car il perd son aiguillon; et cependant il n'y a point de mort, mais ainsi s'allume la vraie vie de sensibilité et de désir : c'est justement comme si l'on frappait Fun contre l'autre l'acier et la pierre, car ce sont deux grandes faims , Tune de la volonté désirant la substantialité , l'autre, de celle-ci désirant la vie. La volonté donne la vie et la substantialité, la manifestation de la vie : tout comme le feu brûle d'une cbandelle, ainsi brûle la volonté de la substance essentielle. La vdônté n'est pas la lumière même, mais l'esprit de la lumière ou du feu ; la lumière provient de Fessence et celle-ci, à son tour, de la volonté : le feu angoisseux essentiel est la matière de la lueur du feu, et. la volonté s'allume dans le feu essentiel et donne le feu blanc et agréable qui demeure dans le feu ardent, sans impression. La volonté tire sa sensation de la ftireur du feu essen-

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liai dans la quatrième forme, qui fait qa'eUe (la volonté) est manifeste à soi-même et demeure néanmoins

libre de la fureur, car, lors de l'enflammement, la source est changée en une douce source d'amour.

14. Ici, l'autre volonté reçoit son nom d'esprit, car du feu essentiel, elle reçoit les propriétés de toutes les merveilles et aussi la vraie vie de force et de puis* sance sur la vie de feu essentielle, attendu qu'elle tire à soi, de la nature, la force, et introduit ainsi en soi la liberté; ainsi, la liberté est un silence sans être. La paisible liberté se livre donc à Tangoisse, et l'angoisse reçoit cette liberté sans tourment, ce qui la remplit tellement de joie qu'elle est transformée en amour (cinquième forme de la nature); car la volonté qui s'était livrée à l'angoisse est ainsi délivrée de la murt de cette angoisse ; c'est pourquoi elle se trouve dans la liberté et sort de la furieuse angoisse. Car ici la mort est brisée et demeure cependant une mort en soi ; mais l'esprit de la volonté ou la v^itable sainte vie, sort par l'explosion de l'angoisse et est maintenant aussi un leu, mais un feu dans la liberté, brûlant dans la source d'amour, comme on le voit au feu et à la lumière, où le feu essentiel est une douleur cuisante et la lumière une sensation délicieuse, sans peine sensible ; et cependant elle renferme toutes les sources et propriétés du feu, mais dans une autre essence, douce et bienfaisante, un vrai aspect du royaume de joie, tandis que le feu a un aspect de terreur et d'angoisse; et cependant, l'un demeure dans l'autre, et l'un ne se ti'ouve pas non plus sans l'autre dans la source essentielle.

15. Ainsi, il y a deux mondes Tun dans l'autre, étrangers l'un à l'autre, el rien ne peut pénétrer dans le monde de lumière que par la mort (le iriourir), et, en allant à cette mort, Fimagmation doit marcher devant : la volonté angoissée doit tendre avec ardeur à la liberté de la puissance de la lumière, se livrer entièrement à elle et saisir, par Timagination désireuse, la puissance de la liberté. Aloi-s la forte volonté traverse la nioi't des ténèbres, le feu essentiel, rompt les ténèbres et tombe dans le monde de lumière; elle demeure dans le feu, sans tourment, et dans le royaume de joie« C'est ici la porte du Saint-Ternaire et la foi dans le Saint-E^rit, chers enfants des hommes.

16. Ici vous comprenez la chute du diable qui n'avait porté l'esprit de sa volonté que dans le feu essentiel et voulait, par là, régner sur la lumière. Vous comprenez de même ici la chute de l'homme qui a porté son imaginati<m dans la substantialité matérielle essentielle et est sorti de la lumière, pour quelle cause la volonté de l'auiour émanant du monde de lumière, est de nf)uveau entré dans la substantialité matéi'ielle de l'hunianité, s'est de nouveau mariée et livrée à l'esprit du feu essentiel de l'homme ou à Tâme et Ta conduite, au travers de la mort et du feu, dans le monde de lumière, dans le Saint-Ternaire, soit dans la volonté de la Sainte-Trinité.

17. Que cela vous boit un trouver et un savoir, et ne le méprisez pas à cause de la grande profondeur que chacun ne pourra pas atteindre, ce qui provient des ténèbres dans lesquelles l'homme se plonge ; n'était c^, chacun le trouverait bien, si la voie ter-

restre était brisée et qu'on n'aimât pas trop la mau* vaise chair adamiqae : là est l'obstade.

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