Nous vous donnons donc à entendre que dans
réteinel (/ternité) il n'y a que deux principes : le feu ardent que la lumière remplit; elle lui donne sa propriété, en sorte que du tourment aigu naît le grand royaume de joie, car l'angoisse atteint la liberté, ce qui fait que le feu brûlant n'est qu'une cause du trouver de la vie et de la lumière de la majesté ; le feu tire à soi la propriété de la lumière ou la douceur, et la lumière tire à soi la propriété du feu, comme une vie et un trouver (soi): ^» l'autre principe s'entend de la lumière ; mais la substantialité essentielle dont le feu brûle demeure éternellement un ténèbre et une source de la fureur dans laquelle Satan habite , tout comme l'on voit que le feu est autre chose que la matière dont il brûle. Ainsi le principe se trouve dans le feu, non. dans la source essentielle de la substantialité; la source essentielle est le centre de la nature, la cause du principe; mais ce centre est ténébreux et le feu luit : ici se montre bien comment le brisement de la luieur ou de la mort et réternelle liberté hors de la nature, sont ensemble la cause de la lueur. Car Têsprit des merveilles du sans-fond est désireux justement de luire (resplendir) ; c'est pourquoi il se mène en source , pour se trouver et se sentu*, pour pouvoir manifester ses merveilles dans la source, car, sans source, aucune iiiaaiièbtation ne peut avoir lieu.
4. Ainsi, comprenez-nous plus outre : La source ou la fureur n'a point de vraie substantialité; mais Tàpre
fureur est la substantialiié de l'aiguilioiiy dans laquelle il pique; et Tangoisse avec le feu ne sont <m ne font non plus aucune vraie substantialiié; c'est seulement
un tel esprit; toutefois, l'un doit être plus épais que 1 autre, sans quoi point de trouver; mais l'âpreté (astringence) rend épais et ténébreux. Ainsi l'aiguilloa amer trouve Tangoîsse dans Tâpre et ténébreuse propriété, comme dans une matière; car s'il n'y «avait point de matière, il n'y aurait non plus point d'esprit ou de trouver. Le sans-fond se trouve dans Tàpre ténèbre, mais le disperse et en sort connue un esprit qui s'est trouvé (perçu) dans la source d'angoisse ; il abandonne l'âpre matière des ténèbres dans laquelle il s'est trouvé et rentre en soi-même, dans la libefté^ dans le sans-fond, et demeure- en soi-même. Ainsi la source est son aif^u, son trouver, renflammement de sa liberté ou de la lumière , dans laquelle il voit ce qu'il est.
5. Ainsi, il ne désire plus pour lui la source, car il est maintenant lui-même une source; mais il se configure lui-même et se voit lui-même selon toutes
les formes, et chaque forme désire se trouver et se manifester; chaque forme se trouve donc aussi en soi-même, mais sort de soi-même avec le désir et se présente là comme une figure ou esprit, et cela ^t rétemeile sagesse, dans les couleurs, merveilles et vertus ; sans division toutefois, un tout complet, mais renfermant des formes (ou figures) infinies. Ces formes se sont, par la motion de la première volonté qui se nomme Père, corporisées eu esprits soit en anges, afin que l'être caché se vit, se sentit et se trouvât en
créatures et qu'il y eût un jeu étemel dans les mer* • veilles de la sagesse divine. ^