Nous comprenons en outre la substantialité du
monde de lumière, qu^elle est une vraie substantialité , car aucune substance réelle ne subsiste dans le feu, mais Tesprit de la substance seulement; mais le feu est cause de la substance, car c'est une faim, un ardent désir ; il lui faut de la substance ou il s'éteint. Comprenez cela ainsi : la douceur donne et le feu prend ; la douceur s'épanche et donne une substance de sa nature, chaque forme de soi-même, et le feu engloutit cela, mais en produit la lumière. Il donne quelque chose de plus noble que ce qu'il a en^outi : esprit pour substance ; car il engloutit le doux bien-» faire, c'est-à-dire, l'eau de l'éternelle vie, puis donne l'esprit de l'éternelle vie : comme vous voyez que le vent sort du feu, ainsi l'air ou le vrai esprit de la vie du feu.
- 7. Entendez bien notre sens : Dieu le.Pére est en soi la liberté hors de la nature, mais se manifeste,
par le feu , dans la nature ; la nature de feu est sa propriété, mais en soi-même, il est le sans-fond où n'existe aucune sensation d'un tourment quelconque ; mais il conduit sa volonté désireuse dans le tourment et se puise dans le tourment une autre volonté de re-> passer du tourment ddns la liberté. Cette autre volonté est son Fils que , dès l'éternité , il encïcndre de son éternellp unique volonté et qu'il conduit, par la rupture du tom'ment de la mort, ou de la sévérité de sa fureur, au travers et hors du feu. C'est cette autre volonté qui y comme Fils de IHeu le Pére, brise la
mort ou le sombre et sévère tourment, allume le feu, le traverse comme une lueur ou un éclat du feu, et remplit la première volonté qui se nommé Père, car
l'éclat est aussi mince qu*iin rien ou que la voloiilé qui se nomme Père, c'est [lourquoi il jjeuL tleiiieurer dans la liberté ou dans la volonté du Pére et rend le Pére clair, lumineux, aimable et amical, car il est le cœur du Pére ou miséricorde ; il est la substantialité du Pére etie remplît en tous lieux, bien qu'il soit sans circoiiscription, sans commencement ni fin.
8. Comprenez donc plus ouuu : le Icu du l*ère engloutit la douce substance ou la source d'eau de l'étemelle vie en soi, dans l'essence propre du feu, et se tempère par là ; la snbstantialité doit ici comme mourir dans le feu, car le feu Tengioutit, la dévore et produit de la destruction un esprit plein de vie, riehe en joie, qui est le Saint-Kspi it ; lequel sort ainsi du Père et du Fils pour entrer dans les grandes merveilles de la sainte substantialité et les manifester toujours et éternellement.
9. La divinité est donc une alliance étemelle qui ne peut se dissoudre : ainsi s'engendre-t-elle soi-même, d'éternité en eleinité; le premier est aussi toujours le dernier et celui-ci de nouveau le premier. Considérez dés lors le Pére comme le monde de feu, le Fils comme le monde de lumière et de puissance, le Saint-Esprit pour la vie de la divinité, la puissance émanante et conduelrice ; et le tout n'est qu'un Dieu, tout eoniiiie le leu , la lumière et l'air ne font qu'un, mais se partageant lui-même en trois, et aucun ne peut subsister sans l'autre. Car le feu n'est pas la luis
mière, non plus Tair qui sort du feu; chacun d'eux a son office et est en soi un être propre ; cep^dant chacun est la vie de l'autre et une cause de sa vie.
Car l'air ^ouiîle le feu, sans quoi il étoudcrait dans sa fureur, il tomberait dans la noire mort; or, Fétouffement est la vraie mort : là le feu de la nature s'éteint et n'attire plus à lui la substance.
dO. Vous avez de tout cela une image fid^e dans le monde externe, dans toutes les créatures ; vous voyez comment toute vie, soit la vie de feu essentielle, tire à soi la substance : c'est là son aliment. Le feu de sa vie dévore la substance et en produit l'esprit de la force (vigueur) y qui est la vie de la créature. Vous voyez là bien clairement comment la vie naît de la mort ! aucune vie ne naît sans avoir brisé ce dont la vie doit sortir; tout doit passer par la chambre d'angoisse du ceuli e el alleindre, dans cette angoisse, l'éclair de feu, à défaut de quoi, point d'enflammemcut^ bien que. le feu soit de plusieurs sortes, ainsi que la vie ; mais de la plus forte angoisse naît aussi la plus grande vie, comme d'un véritable feu.
il. Ainsi, cbers enfants de Dieu en Christ, nous vous donnons à peser notre connaissance et notre dessein : nous l'avons annoncé en commençant , nous voulons vous montrer la mort de Christ » 'pourquoi il a dû mourir, pourquoi nous aussi devons mourir et ressusciter en Christ. Vous verrez cela bien clairement dans Tioii 0 description, vous comprendrez notre grande misère, qu'il était urgent pour nous que le Verbe ou la vie du saint monde de lumière devint homme, et nous réengendràt en lui : celui qui n'en-
tend rien à cela n'est pas né de Dieu. Voyez donc dans quelle demeura Âdam nous a iniroduHs! Il était un extrait de tous les trois principes, une ressemblanco p;ti laite des trois mondes, et avait la propriété angélique dans sa base affective et dans son esprit ; il était établi dans la sainte puissance et substantialité, ou dans le paradis, c'est-à-dire dans la substantialité divine. Il devait manger de la substantialité divine et boire de l'eau de l'étemelle vie, à la manière angélique, comme cela est exposé en détail dans le livre de la triple vie; mais il abandonna la subslaulialile divine et la propriété angélique, et poiia son imagination dans le créé ou dans le régne de la source terrestre que le diable avait enflammée dans sa chute ; il détourna son regard de Dieu et le porta dans l'esprit du monde ou le dieu terrestre; il le détourna de la lumière divine pour le porter dans la lumière de ce monde ; ainsi il devint captif et demeura dans la source terrestre. Il tomba donc dans la source terrestre et périssable qui domine en lui et le remplit. Elle le revêt d*un corps qu'elle brise ensuite et engloutit dans sa propre essence, dans son feu essentiel.
12. Mais parce que l'âme a été insufflée à l'homme de l'esprit de Dieu ou de l'éternité, en sorte qu'elle est un ange, Dieu s'est de nouveau ému en sa faveur; la puissance du saint monde de lumière, le cœur de Dieu, disons-nous, est entré dans notre essence humaine, renfermée dans la mort; il est entré dans la chambre d'angoisse de notre misère et a, de notre essence, tiré une âme en soi ; il s'est revêtu de notre vie mortelle, et a fait passer l'âme au travers de la
mort et du sévère fen de Dieu le Père, dans le monde
(le lumière, brisé la mort qui nous tenait captifs et ressuscité In vie.
13. Maintenant, cela ne doit et ne peut être autrement, qui veut posséder le monde de lumière doit entrer dans la yoie que Christ nous a frayée : il doit entrer dans la mort de Christ , et dans sa résurrection il pénètre dans le monde de lumière. De même que nous reeonnaissons que l'éternel Verbe du Père, qui est sou eu ur, est d'éternité en éternité engendré de la fureur de la mort des ténèbres par le feu du Père , qu'il est en soi-même le vrai centre de la Ste* Trinité et de soi-même aussi, en conjonction avec le Saint-Esprit, la majestueuse lumière flamboyante ou le monde de lumière : de la même manière et par la même propriété , doivent aussi notre cœur, nos sens et notre base affective sortir de Tâpre, rude et mau-. vaise terrestréité, de l'homme adamique corrompu, le briser et le tuer par le sérieux de notre volonté et de nos actions. Nous devons charger sur nous la croix du vieil Adam (suspendu à nous), pendant notre vie, être sur et dans la croix, aller au centre de la nature, entrer dans le triangle et être renouvelés par la roue d'angdsse , si nous voulons devenir des anges et vivre éternellement en Dieu.
44. Mais parce que nous n'étions pas capables de cela. Christ s'est livré à ce centre de la fureur, a brisé la (uieur et Ta éteinte par son amour, car il apporta dans cette fureur, dans le centre de la chambre d'angoisse, la substantialité céleste et divine; il éteignit le feu d'angoisse de l'âme, soit la fureur du Père, dn
monde de feu dans Tàme» de sorte que, maintenant, nous ne tombons plus en partage à la fureur ; mais si nous nous adonnons à la mort de Christ et sortons
du méchant Adam, nous tombons dans la mort de Christ, dans la voie qu'il nous a frayée , dans le sein d'Âbraham, c'est-à-dire dans les bras de Christ : il nous reçoit en lui. Car le sein d'Abraham e*est le mpnde de lumière, ouvèrt, dans la mort de Christ, le paradis dans lequel Dieu nous créa ; or, il ne s'agit pas maintenant d'être des chrétiens de bouche, de nous représenter la mort de Christ et de demeurer des fourbes de cœur, d'esprit et d'âme, mais bien de retirer très sérieusement nos sens, notre âme, notre volonté, notre faire, des mauvais penchants, et de les combattre. Bien qu'ils nous soient inhérents, nous devons néanmoins journellement et à chaque heure tuer à ce nicchant Adam sa volonté et son faire; nous devons faire ce à quoi nous ne sommes pas disposés, faire abnégation de notre mauvaise vie terrestre et attirer à nous la vie de Christ; alors le royaume des cienx soufTre violence et ceux qui le forcent, l'attirent à eux, dit le Christ.
15. Ainsi faisant, nous devenons enceintes du royaume des cieux et entrons, de notre vivant, dans la mort de Christ ; nous recevons le corps de Christ ou la substantialité divine et avons en nous le royatime descieux; ainsi nous sommes les enfants de Christ, des membres et héritiers du royaume de Dieu et l'image du saint monde divin, qui est Dieu le Père, le Fils, le Saint-Esprit et la substantialité de cette Sainte-Trinité ; tout ce que la sagesse produit et manifeste est
noti'e paradis; rien ne meurt en nous que TAdam mort, terrestre et mauvais, dont nous avons déjà brisé la volonté ici y dont nous étions Tennemi. Noire ennemi s*c!oignc de nous et doit aller dans le feu, entends dans le ieu esstniiel, dans les quatre éléments et dans le mystère. A la fin de ce temps, .il devra être éprouvé par le feu divin et nous représenter nos merveilles et nos œuvres. Le mystéi*e terrestre doit rendre, dans le feu divin, ce qu'il a englouti, et non un tel mal, car le l'eu divin enj^^loulit le mal et nous donne, en échange, ce qu'ici i)as, dans notre angoisseux Uavall, nous avons cherché. Tout comme le feu engloutit la substanlialité et donne esprit pour substance, ainsi nous seront représentées nos œuvres dans Tesprit et cela dans la joie céleste , par le feu divin ; ce sera cuinnie un clair miroir, pareil aux merveilles de la sagesse divine.
16. Que ceci vous soit manifesté, chers enfants, car il a été très précieusement reconnu; ne vous laissez pas ainsi chatouiller (bercer) par la mort de Christ et ne vous la laissez pas représenter comme une œuvre qui nous suffit, pourvu que nous en ayons connaissance et croyions qu'elle s*est accomplie pour nous : à quoi me sert de savoir où gît un trésor si je ne le déterre? — 11 ne s'agit pas de se consoler, de faire les hypocrites et de débiter de belles paroles, tandis que la fourberie reste dans Fâme. Christ dit : Il vous faul ijciiiie de nouveau, ou bien vous n'hériterez pas le royaume de Dieu. Nous devons nous convertir, devenir comme un enfant dans le corps de sa mère et être engendrés de la sagesse divine. Nous
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devons revêtir nos âmes d'an vêtement nenf , dn vêtement de Christ ou de son humanité ; sans quoi aucune hypocrisie n'y reia lien. C'est un pur mensonge que cet étalage de paroles qui nous dépeint Christ comme ayant satisl'ait pour nous, de façon que nous n'ayons qu'à nous reposer là-dessus et continuer la vie du vieil Adam dans Tavarice, Forgueil, la fausseté et les convoitises de la méchanceté. C'est la tromperie aiilécluiblique du faux clergé, contre lequel nous met en garde la révélation. Il ne nous sert absolument de rien de nous tromper nous-mêmes et de nous chatouiller des souffrances et de la mort de Christ; il nous faut y entrer, lui devenir conformes; alors les souffrances et la mort de Christ nous sont utiles. Nous devons charger sa croix, le suivre, réprimer et tuer les mauvais désirs^ vouloir toujours le hien; alors nous expérimenterons assez ce que sont les traces de Christ, quand nous combattrons le diable, le vieil Adam, le monde pervers et la raison terrestre qui n'aspire qu'aux voluptés temporelles. La croix de Christ nous est ici vraiment imposée, car Satan, le monde el noire Adam pei vers constituent cette croix : tous sont nos ennemis que le nouvel homme doit combattre, comme un chevalier, sur les traces de Christ. Que d'innombrables ennemis se dresseront là contre lui et le frapperont toust H s'agit ici de combattre en héros pour la chevaleresque couronne d'épines de Christ, quoique constamment méprisé néanmoins, comme un être indigne de vivre. Combattre et croire doivent être le mot d'ordre. La raison disant toujours non, c'est ici que nous est utile le bouclier
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des souffrances et de la mort de Christ, à opposer au démon, au monde, à la mort et à la raison terrestre, sans faiblir, car fl y va d*une couronne angélique, d*être un ange ou un démon. Nous devons être renouvelés dans la tribuiation, et il en coûte bieaucoup de lutter avec la colère divine et de vaincre Satan ; si Christ n'était pas avec nous, en nous, dis-je, nous succomberions. Il ne nous sert à rien de savoir, de nous reposer sur la grâce de Dieu et de iaire de Dieu notre couvre-péché, laissant ainsi le tourbe et la larve du démon cachés et bien recouverts sous les souffances de Christ. 0 non, le fourbe doit être brisé dans les souffrances et la mort de Christ; il ne doit pas être un fourbe s'il veut être un enfant ; il doit devenir un fils obéissant, liavailler dans les souftrances (ie Christ, entrer dans les voies de ia vérité, de la justice et de l'amour; il doit agir, non uniquement savoir. Le diable en sait assez , à quoi cehi hii sert^il? La pratique doit s'en suivre ou bien c'est une fausseté et une tromperie.
17. L*hypocrite raison dit : Christ Ta fait, nous ne le pouvons. Ëh bien oui, il a îàii ce que nous ne pouvions £aire; il a brisé la mort et ramené la vie. De quoi Cela me sert-il, si je ne vais pas à lui? Il est au ciel et moi dans ce monde ; il faut que j'aille à lui par la voie qu'il nous a pratiquée, sans quoi je reste dehors. Car il dit : venez à moi, vous qui êtes travaillés et chargés, je vous soulagerai ;. chargez mon joug sur vous et apprenez de moi, car je suis doux et humble de coeur, alors vous trouverez le repos de vos âmes. C'est sur sa voie que nous devons aller à
lui» rendre le bien pour le mal et nous aimer les uns les autres, comme il Ta fait à notre égard, en donnant sa vie pour nous.
18. Ainsi faisant, nous éteignons aussi k colère de Dieu dans notre prochain. Nous devons donner le bon exemple, non -de ruses et d'artifice, mais de simplicité, avec bonne volonté et bon cœur; non avec la dissimulation d'une femme de mauvaise vie qui dit : je suis vierge, et feint la chasteté extérieure, bien que débauchée de cœur. Le zèle doit être très sérieux : mieux vaut ne posséder ni argent ni biens, perdre même les honneurs et la puissance temporels, plutôt que le royaume de Dieu» Celui qui trouye Dieu a tout trouvé ; celui qui le perd, a tout perdu, il s'est perdu lui-même. 0 quelle rude tâche que de rompre la volonté terrestre ! £ntre en lice, tu n'auras plus besoin de Conquérir des traces de Christ, tu les verras bien; tu sentiras bien la croix de Christ, de même que la co* 1ère de Dieu qui, autrement, ne donne signe de vie dans le vieil Âdam jusqu'à ce que tu l'aies bien engraissée; alors elle te donnera ton royaume des cieux que tu as cherché ici bas, dans lequel tu sueras éternellement.
CyAPlTRE VI.
De notre mort. Pourquoi nous devons mourir, liieu que Christ soit mort pour nous.
CUalim première.
1. Sois ici notre convive, chère et brillante raison, soyez tous invités, . vous savants et ignorants, vous
tous «jiii voulez voir Pieu. Il y a un grave sceau el une forte serrure à ouvrir ; pensez-y» cela vous concerne tous.
2. La raison dit : Dieu n'était- il donc pas assez puissant pour pardonner à Adam son péché, sans que Dieu dût. se faire homme, souffirir et se laisser tuer? Quel plaisir Dieu trouve-t-il à la mort? Ou bien, puisqu'il voulait donc nous sauver de cette manière, pourquoi, Christ nous avant sauvés, devons -nous aussi mourir? Oui, dansQ, chère raison, cherche jus([u'à ce que tu trouves; ici tu es docteur et ne sais rien; tu es savante et pourtant muette ; — si tu ne yeux pas, il faudra bien ; tu viendras à cette école, entends l'é^ cole du Saint-Esprit. Qui peut ouvrir ici? N'est-ce pas le livre fermé de celui qui , dans la révélation de Jésus -Christ, est assis sur le siège? — Ainsi parie rhypocnte, nous le savons bien. Ainsi , je dis : je ne l'ai jamais entendu de votre bouche , ni lu dans vos écrits; vous m'avez défendu celte recherche; vous Tavez fait mettre à l'interdit et répul» pécheur celui qui chercherait cela ou désirerait le connaître : par ce moyen, la belle femme (la vérité) est demeurée bien cachée. Ohl quel jeu Tantechrist n'a-t-il pas pu jouer sous cette couverture? Mais cela doit être manifesté contre la volonté du diahlc et de l'enfer; car le temps est venu , le jour de la réintégration point, ce qu'Adam a perdu sera retrouvé!
3. L'Ëcriture dit : , Nous sommes poussière et cendre (Gén., XVIII : C'est bien cela : nous sommes poussière et terre. Mais il s'agit maintenant de savoir si Dieu a fait l'homme de terre? La raison veut le
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maintenir et le prouve par Mdse qu'elle ne comprend pourtant pas. L'expérience ne confirme pas non plus
cela, mais nous apprend l)îen plutôt que Thomme est un limon, c'est-à-dire un extrait de tous les trois principes. S'il doit être une ressemblance de TËtre divin, il faut bien qu'il en iBoit provenu, t»r ce qui n'est pas issu de FËtemel, n'est pas permanent : tout ce qui commence, appartient à ce dont il est provenu. Mais si nous sommes provenus de la terre seulement, nous appai'tenons à la terre. Qui est-ce qui nous accuseiiiit donc de ce que nous ferions ce que veut la propriété de la terre et à quoi elle pousse? Si, par contre, il y a en nous une loi qui nous accuse de ce que nous vivons terrestrement , cette loi n'est pas terrestre, mais provient de ce où elle nous renvoie et nous attire, savoir de rétemel (éternité) ; c'est là oti elle nous attire aussi ; et notre propire conscience nous accuse devant Fétemel, de ce que nous faisons, ce qui lui répugne. Mais si nous nous abandonnons à ce qui nous attire dans l'éternel, il faut que l'autre, ce qui nous attire dans le terrestre, rompe et entre dans ce qu'il veut, savoir dans la terre, où il nous attire , et la volonté que nous donnons à l'étemel, prend possession de ce qui est éternel.
A. Si duiic Dieu a créé à rhoiiime une habitation de durée éternelle , soit cbair et sang, il faut bien que la volonté qui s'abandonne à l'étemel soit revêtue d'une chair et d'un sang tels que ceux que Dieu avait créés dans le paradis, dans l'étemel ; à quoi nous reconnaissons bien clairement que Dieu ne nous a pas créés en cbair et en sang tels que ceux que nous
avons actuellement, mais en chair semblable à celle dont la volonté est revêtue dans la nouvelle naissance^ sans quoi, elle serait bientôt devenue, avant la chute,
terrestre et périssable. Pourquoi alors ma conscience m'accuserait-elle de ce dans quoi Dieu m'aurait créé, Qu bien que pourrait-elle désirer d'autre que ce qu'elle serait dans son prqire être? Nous trouvons ainsi très nettement, - qu'il y a encore un autre être dans notre chair, qui tend à ce qu'il n'est pas aujourd'hui. Mais s'il tend après ce qu'il n'est pas maini i iKint, il faut bien que cela ait existé au commencement de son être,, sans quoi, il n'y aurait en lui ni envie ni désir d'autre chose; car nous savons que chaque être désire ce dont il tire son origine.
5. Ainsi notre volonté désire uno cl i iir semblable à celle que Dieu créa, qui puisse sul)sister en lui; non une chair périssable, dans le tourment, mais une chair durable, sans tourment; d'où nous comprenons clairement que nous sommes passés de l'éternel dans le périssable ; que nous avons attiré la matière dans le luuuu et sommes devenus terre, dont Dieu nous a pourtant extraits en une masse dans laquelle il a introduit ^n esprit avec rétemel. Car Adam a, par son imagination , attiré dans le limon la source terrestre des astres et des quatre éléments, puis les astres et les éléments ont attiré la passion terrestre. Aiiisi, la matière céleste (matrice) de la chair céleste, est devenue terrestre ; car l'esprit de Dieu qui, par le Verbe liât, fut insufflé du cœur de Dieu dans le limon, avait la substantialité céleste ; il était revêtu de chair et de sang céleste : celui-là duvail gouverner Adam selon
la propriété céleste et divine: Maifi comme, lorsqu'il
habitait le ciel, Satan avait infecté le limon, il infecta de même Adam par son imap^ination , de faruii (jue celui-ci commença à s'imprégner de la passion corrompue de la source terrestre, d'où il devint captif do régne de ce monde pervers , lequel fit son entrée dans le limon, comme un souverain. Ici Timage de Dieu fut gâtée et tomba dans la source terrestre.
6. Or, l'esprit céleste se trouvant dans le soufre terrestre corrompu, l'éclat céleste et le brûler du feu divin ne pouvaient subsister, car la lumière du feu étemel réside dans la liberté hors de la source. Mais l'eau de la liberté, qui était raliuient du feu éternel, était devenue teri'eslre , c'est-à-dire qu'elle était envahie par la terrestréilé, et le doux amour fut infecté par la mauvaise passion terréstre : ainsi le feu étemel ne pouvait ni brûler ni luire, mais sourçait dans la chair corrompue comme un feu étouffé que Thumidilé empêche de brûler. Ce même feu nous ronge maintenant et nous accuse toujours; il voudrait bien brûler de nouveau et vivre de substantialité céleste; ' au lieu de cela, il est réduit à engloutir la source terrestre , savoir rimaginatîon terrestre , à laquelle se mêle la passion du diable. Ainsi, il (ce feu) devient mauvais aussi et nous attit e conslanuiient vers l'abîme, dans le centre de la nature, dans la chambre d'angoisse d'où il est sorti an commencement. ^
7. Ainsi, tu vois, ô homme, ce que tu es; de plus, ce que tu fais de toi, tu le seras pour l'éternité, et tu vois pourquoi tu dois être brisé et mourir; car le règne de ce monde passe et tu n'es pas, quant à ton
être extérieur» en puissance de le retenir jusque dans son éther (éternité) , tu es impuissant dans ce ré^e
et n'y liens que par la constellation où se trouvait l'astre lors de ta conception en chair et sang terrestres. Tu es, selon la vie extérieure, tellement impuissant que tu né peux te défendre de ta consteliation ; tu es contraint de laisser briser ton corps quand la constellation t'abandonne. — Tu vois donc bien ce que lu es, savoir une poussière de terre, une terre pleine de puanteur, de ton vivant un cadavre; tu vis de rinûuence des astres et des éléments, ils te gou- Tement et te poussent selon leurs propriétés, Us te donnent des mœurs et de l'industrie, puis quand leur siècle est écoulé et que leur constellation, sous laquelle tu as été conçu et tu es né dans ce monde, est à son terme , ils te laissent tomber. Ton corps échoit aux quatre éléments, et ton esprit qui te conduisit, écboit au mystère dont les astres sont issus ; là, il est réservé pour le jugement de Dieu qui veut tout éprouver par le feu de sa puissance. Ainsi, tu dois pourrir, devenir terre et un rien, sauf l'esprit qui est provenu de l'éternel, que Dieu a introduit dans le limon. Réfléchis donc à ce que tu es : une pincée de terre, une maison de tourment des astres et des éléments. Si sur cette terre, dans ce temps, tu n'as pas de nouveau enflammé, de la lumière divine, ton âme et éternel esprit, qui te fut donné par l'étemel et souverain bien, en sorte qu'il ait été régénéré dans la lumière de l'essentialité étemelle, ton âme échoit de nouveau au mystère du centre de la nature, ou à la première mère (elle va) dans la chambre, d'angoisse
des quatre premières formes de la nature; là, il faut qu'elle soit un esprit dans la ténébreuse source d'an-*
goisse, auprès do tons les démons, et dévore ce qu'elle a introduit en soi dans ce temps; cela sera son aliment et sa vie.
8.. Mais comme Dieu n'a pas voulu qu'il arrivât pareille chose à l'homme, sa ressemblance et son image, il s'est fait lui-même ce que devint le pauvre homme après avoir perdu la substantialilé divine et le paradis, ajûn de lui venir pourtant en aide, afm que l'homme eût ainsi, en lui-même , la porte de la renaissance, qu'il pût être régénéré en Dieu dans son feu d'âme, que ce même feu put ré-attirer en soi la sulislanlialité divine et se remplir de la source d'amour divin, d'où naîtrait de nouveau le divin royaume de joie et s'engendrerait de rechef, du feu de l'âme, le SainIrËsprit, comme il a été exposé ci-devant; lequel Esprit saint procéderait du feu de l'âme et arracheraiL à la cliaii' adamiqne la volonté impie, en sorte que la pauvre âme ne serait plus remplie de nouveau de la passion terrestre et diabolique.
La porte du lumvd homme*
9. Il faut entendre cela de la manière suivante : Dieu est devenu homme et a de nouveau introduit, en Christ, notre âme humaine dans la substantialité divine; elle mange de rechef de la substantialité divine, soit l'amour et la douceur, et boit l'esprit d'eau de l'éternelle vie, émanant de l'éternelle sagesse, qui est la fontaine de la substantialité divine.
Cette âme de Christ a été revêtue de chair et de sang dWins et eélestes, par le Verbe qui est le centre du
monde de lumière, et se piéuccu[)a des pauvres âmes prisonnières. Ce Verbe habitait dans la.substantialité divine et dans la vierge de la sagesse, mais vint dans Marie» prit noire propre chair et notre propre sang dans la substanlialité divine, brisa la puissance qui nous retenait captifs dans la colère de la mort et de la fureur, et cela sur la croix, comme au centre de la nature de l'origine , dans T éternelle volonté du Père pour la nature» d'où notre âme provenait, et alluma de nouveau, dans cette même essence, soit dans le sombre feu de Tâme, le feu llambant de lumière, puis conduisit l'autre vul nié des âmes au travers du feu divin ou hors de 1 origine, dans la flambante, blanche et claire lumière. Lorsque la nature ressentit cela dans les âmes, elle en fut remplie de joie, brisa la mort, verdit, par la puissânce divine , dans le monde de lumière, et transmua le feu en un désir d amour, de façon qu'en éleniité aucun feu n'est plus connu, mais une grande et forte volonté dans l'amour envers ses rameaux et ses branches, soit envers nos âmes.
10. C'est pourquoi nous disons : Dieu eut soif de nos âmes. Il est devenu notre tronc, nous sommes ses rameaux et ses branches» et comme un tronc distribue toujours sa sève aux branches, afin qu'elles vivent et portent fruit, pour la magnificence de tout Farbre, ainsi fait aussi notife tronc. L'arbre Jésus- Christ, dans le monde de lumière, qui s'est manifesté en nos âmes» veut les avoh » en tant que ses branches.
Il a pris la place (l'âme) d'Âdam qui nous perdit il est devenu Adam dans la renaissance. Adam conduisit notre âme dans ce monde , dans la mort furieuse^ et Lui, conduisit noire âme hors flo la mort , an travers du feu divin, et Tenflamma de nouveau dans le
. feu, afin qu'elle obtint de rechef la brillante lumière; sans cela, elle eût dû demeurer dans la sombre mort
• et dans la source d'angoisse^