‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 4 sur 54 · Maintenant, la liberté et le sans-fond sont une · texte numérisé non relu

Maintenant, la liberté et le sans-fond sont une

vie, et elle devient lumineuse; car la liberté reçoit réclair de la source angoisseuse et devient désirante de la substantialité, et le désir s'engrosse lui-même de la substantialité émanant de la douceur et de la liberté, attendu que ce qui traverse la source d*an^ goisse et en est délivré se réjouit de sa délivrance et attire la joie en soi, puis sort en volonté de soimême, ce qui est l'esprit de Joie et la vie ; pour exprimer ceci il nous faudrait une langue angélique* Mais nous allons faire au lecteur aimant Dieu un court exposé pour l'aider à comprendre ce qu'est la sube- * tantialilé disiiie.

6. Car en Dieu, tout est force, esprit et vie ; maïs ce qui est substance n'est pas esprit. Ce qui se sépare du feu comme en défaillance, cela est substance; car Tesprit s'originise dans le feu et se sépare alors en deux sources, savou une dans le feu et une dans le

tomber dans la liberté, dans la lumière ; ceUe ilei niei e s'appeUe Dieu, car elle est douce et aimable et possède le royaume de joie ; et par monde angélique il foui entendre la liberté défaillante de la substantîalité.

7. Et parce que nous étions sortis de la liberté du monde angélique et entrés dans la source ténébreuse, abime qui était Iç feu, il n'y avait d'auti^e remède pour nous, sinon que- le Verbe et la puissance de la lumière, en tant que Verbe de la vie divine, devint homme, et nous conduisit hors des ténèbres, au travers du tourment du feu, par la mort dans le feu, de nou^ veau dans la liberté de la vie divine, dans la substan-* tialité divine* C'est pour cela que Christ a dû mourir et Tesprit de son âme entrer au travers du feu de la nature éternelle, c'est-à-dire de l'enfer et de la fureur de rétei iielle nature, dans la substanlialité divine, et frayer à nos âmes une voie au tiavers de la mort et de la colère ; voie dans laquelle nous puissions avec lui et en lui, entrer, par la mort, dans réternelle vie divine.

8. Mais par substanlialité divine ou corporéilé divine, il nous faut entendre la chose ainsi ; la lumière donne la douceur comme un amour; maintenant, l'angoisse du feu désire la douceur pour apaiser sa grande soif ; car le feu est désirant et la douceur est donnante, elle se donne elle-même. Ainsi le désir de la douceur engendre l'être, comme une essenliaiité substantielle qiii est échappée à la fureur, qui abandonne sa propre vie : c'est là la corporéité, car es passant de k force dans la douceur eUe devient substanlielle et est revêtue de l'àpreté soit du liât éternel

qui la relient ; elle est appelée substantialîté ou coi^

poréité, parce qu'elle est échappée à la source et à Tespril du feu, et elle est comme muette à l'esprit; morte ou impuissante, bien qu'elle soil cependant une vie essentielle.

9. Ainsi comprenez-nous bien : lorsque Dieu créa les anges, deux prîncij»es seulement éUiient manifestes et existants soiL en leu soit en lumière, l'un avec ressentialité furieuse, dans le sévère âpre fiat, avec les formes de la nature de feu ; l'autre, avec Tessentîalité céleste de la sainte force, avec la source d*eau de la douceur de lajoyeuse vie, dans laquelle, comme dans Tauiour et la douceur, le sulphur divin fut engendré, son liât fut la volonté désirante de Dieu.

10. De cette divine substantialité, comme de la nature de Dieu, les anges furent faits créatures et leur esprit ou source de vie naît du feu, car sans feu, point d'esprit; mais il (l'esprit) passa du feu dans la lumière ; là il reçut la source de l'amour et le feu ne fut qu'une cause de sa, vie, sa fureur fut éteinte par rameur dans la lumière.

11. Lucifer méprisa cela et demeura un esprit de feu; ainsi il s'éleva et alluma dans sa région la substantialité, d'où proviennent la terre et les pierres^ et il fut expulsé; ici prirent naissance la troisième oorporéité et le troinème principe, avec le règne de ce monde.

15. Satan ayant donc été jeté dehors, dans les ténèbres, Dieu créa une autre image à sa ressemblance dans cette région, et puisqu'elle devait éb^e une ressemblance de Dieu selon tous les trois principes, il

fallait bien aussi qu'elle fût prise des trois et de toute cliosp. de ce lieu ou de celte profondeur, aussi loin que lê hât s'était avancé dans l'éther lors de la création du Irône-prince de Lueifer ; car rbomme vînt à la place de Lucifer : de là, la grande jalousie des démons qui ne voient pas de bon œil cet honneur fait à rhomme, mais le conduisent toujours dans le chemin de perdition, afin que leur royaume s'étende ; et ils font cela pour narguer la douceur ou Tamour de Dieu, croyant encore que parce qu'ils vivent dans la fureur de la forte puissance, ils sont plus élevés que Tesprit de Dieu dans rauntur et la douceur.

4S. Ainsi, comprenez que l'esprit de la volonté de Dieu ou le St-Ësprit, a réuni le double fiât en deux principes; savoir, Tinteme dans le monde angélique, et l'externe dans ce monde visible, et créé l'homme (Mesch ou Menscb), comme une personne mixte; car il devait être une image du monde intérieur et extérieur, mais régner par la source intérieure sur ^extérieure ; alors, il aurait été l'image de Dieu ; car la substantialité extérieure était suspendue à Tinterne, le paradis verdissait au travers de la terre, et l'honirae était dans ce monde, sur cette terre, en paradis; car jusqu'à la chute, il lui crut aussi des fruits paradisiaques; mais lorsque le Seigneur maudit la terre, le paradis entra dans le mystère et devint pour l'homme un mystère ou secret, bien que, s'il est né de nouveau en Dieu, il demeure, selon l'homme intérieur, dans le paradis ; toutefois, selon l'homme extérieur, dans ce monde.

14. Ainsi, il nous faut considérer en outre la venue et l'origine de l'homme : 'Diett a créé son corps de la

matrice de la terre, dont la terre a?aU été créée. Tout était confondu et se divisait cependant en trois prin*

cipes, trois subslaïuialilés diverses, et néanmoins, celle dans la fureur n'était point manilcstc. Si Adam était demeuré dans Tinnocence, il aurait vécu tout le temps de ce monde en deux principes seulement et régné par Tun sur tout ; le régne de la fureur n*auraît jamais été reconnu m liiaiutesté en lui, bien qu'il fit pai tie de son être.

15. Et il nous faut de plus comprendre que le corps d'Adam a été en partie créé par le fiât intérieur» de l'élément intérieur, qui renferme le firmament et le

ciel iiilcneuis , avec les essences célestes, et, pour l'autre partie, il a été créé, par le liai extérieur, des quatre éléments de la nature extérieure et des astres; car dans la matrice de la terre cela était confondu, le paradis y était mêlé et le corps lut aussi créé dans le paradis. Comprenez bien ; il vivait la subslantialUé divine et aussi la terrestre en sui ; n)ais la terrestre était comme engloutie dans la céleste ou impuissante : la substance ou matière dont le corps fut formé ou créé, était une masse, une eau et un feu, avec l'essence des deux principes, bien (juc le premier s'y tiuuviU aassi, mais non actif. Chaque principe devait demeurer dans son siège ; ils ne devaient pas se mêler, de même que cela existe en Dieu : Thorame aurait ainsi été une image complète de l'être divin.

Ik l'insufflation de l'âme et de l'esprit,

16. Le corps est une ressemblance de la substantialité de Dieu, Tâm^ et l'esprit une ressemblance

de la Ste*Trinité. Diea donna au oorps sa substantialîté

des trois principes, et l'esprit avec r.îme de la fontaine d'eau vive du liipie esprit de l'oninipi esente divinité; et il nous faut comprendre que Tàme avec son image et avec aon esprit extérieur est procédée de trois prin* cipes et a été însuiBée et introduite dans le corps, ce que Moïse aussi témoigne : Dieu souffla à l'homme line respiration de vie dans les narines et l'homme devint une àme vivante (Gen. II : 7).

17. Or, le souffle et esprit de I>ieu dérive de trois sources : dans le premier principe c'est un souffle de feu ou esprit de feu, qui est la vraie cause de la vie et réside dans la source du Père, comme dans le centre de la nature furieuse ; dans l'autre principe, le souffle ou esprit de Dieu est Tesprit d'amour flamboyant de lumière, le vrai esprit de la pure divinité, qui s'appelle Dieu-St-Esprit ; dans le troisième principe, comme dans la ressemblance divine, il est le souffle divin de Fesprit de Tair, sur lequel plane le St-£^rit, ainsi que Fexpose le roi David : Le Sei* gneur se promène sur les ailes du vent (Ps* GIV : 3); et Moïse dit : l'Esprit de Dieu se meut sur les eaux, \ f sur l'abîme d'où naît le vent (Gen. 1:5). '

18. La divinité complète a donc insulllc et introduit dans rimage créée ce triple esprit de tous les trois principes ; savoir, premièrement, Fesprit de feu, qu'il lui a introduit du dedans, non par les narines, mais dans le cœur, dans la double teiiiLurc du s;ni,^ intérieur et extérieur. Lien que l'extérieur ne fût pas en évidence, mais en mystère. Cependant l'intérieur était sensible et avait deux teintures, l'une procédant du

feu, Taulre de la lumière. Cet esprit de feu est la vraie âme essentielle, car elle a le centre de la nature,

avec ses quatre formes pour la puissance du feu ; elle s'allume elle-même le feu et fait elle-même la roue des essences, comme cela a été amplement exposé d<ans le troisième livre.

49. Et vous devez savoir que le feu essentiel de l'âme n'est pas la vraie image de la divinité : elle (l'Aîne) n'est pas une image, mais un feu magique éternel, qui n'a jamais eu de commencement et n'aura, non plus, pas de iin ; comprenez que Dieu a introduit le feu éternel, sans commencement (qui dès l'éternité a existé en soi-même, dans la ma^ie étemelle, c'està-dire, dans la volonté de Dieu, dans le désir de la nature éternelle, comme un centre éternel de Tengendreuse) ; car cette image devait être une ressemblance selon lui.

B*autre part, le Saint-Esprit lui a introduit, de soi-même, en même temps que le feu essentiel de l'âme, Tesprit d'amour Ûambioyant de lumière, aussi dans l'autre principe seulement, où l'on entend la divinité, et cela non par le nez, mais comme le feu et la lumière sont suspendus Tun à l'autre et ne forment qu'un, bien qu'en deux sources; ainsi lui furent introduits, dans le cœur, le bon esprit d'amour avec le feu essenti^d de l'âme, et chaque source ap» porta avec elle sa teinture propre, comme une vie propre; et Ton entend par teinture de Tamourle vrai esprit, qui est l'image de Dieu, une resseiublance de la claire, vraie divinité, qui ressemble à l'homme en-

lier et remplit aussi tout rhomme, mais dans son principe.

Si . L'âme , pour ce qui la concerne spécialement,

est un œil de feu ou un miroir de feu, dans lequel la (iiviniié s'est itiaoifestée selon le premier principe ou selon la nature; car elle est une créature; non créée en une ressemblance» toutefois; mais son image» qu'elle engendre de son œil de feu en lumière, est la vraie créature pour Tainour de laquelle Dieu devint homme et l'introduisit de nouveau de la fureur de la nature éternelle dans le saint Ternaire.

22. Ët nous devons en outre comprendre Tâme et son image comme suit : Elles sont bien ensemble un espnl, mais l'àme est un leu affamé et il lui l'.tul de la substance, sans quoi elle devient une vallée de faim ténébreuse , comme il est advenu aux démons ; l'âme engendre donc le feu et la vie, et la douceur de l'image fait l'amour et l'étemelle substantialilé. Ainsi le feu de l'àme est tempéré et rempli d aniour, car l'image a l'eau de la fontaine divine qui, là, source (jaillit) dans la vie éternelle ; cette eau est amour et douceur, qu'elle tire de la miyesté divine, comme on peut voir dans le feu allumé que celui-ci a en soi une source furieuse , et la lumière une douce et aimable source, et comme, dans la proiundeur de ce monde, Teau s'engendre de l'air et de la lumière , de même en est-il ici.

Troisièmement, Dieu a insufQé en même temps et tout à la fois aussi, à l'homme, par le nez, l'esprit de ce monde avec la source des étoiles et des éléments y c'est-à-dire l'air; il devait être un sou-

verain du régne extérieur et manîfeâter les merveilles de ce monde, à quelle fin aussi, Dieu créa

l'homme dans la vie extérieure; mais resprit externe ne devait point empiéter sur l'iniage de Dieu, et rimage de Dieu ne devait pas non plus donner entrée en soi à Fesprit extérieur et s'en laisser gouverner, car sa nourriture était la parole et la puissance divines ; et celle du corps extérieur était paradisiaque, non dans le sac de vermine, car il ne Tavait pas; il n'avait pas non plus de figure ou forme masculine ou féminine , car il était les deux et possédait les deux teintures, savoir de l'âme et de l'ésprit de l'âme, du feu et de la lumière, et il devait engendrer de soi un autre Ijomme selon sa ressemblance ; il était une chaste vierge dans un amour pur; il s'aimait et s'engrossait lui-même par l'imagination, et telle était aussi sa reproduction. 11 était souverain sur les étoiles et les éléments, une ressemblance de Dieu, comme Dieu habite dans les étoiles et les éléments, que rien ne le saisit, qu'il domine tout : de même fut aussi créé rhomme; la source terrestre n'était pas complètement en action chez lui ; il avait bien l'esprit de l'air, mais la chaleur et la froidure ne devaient pas l'atteindre, car la substanlialité divine pénétrait tout. De même que le paradis pénétrait la terre et verdissait au travers d'elle, ainsi verdissait là substantialité céleste dans l'être extérieur de son corps et dans son esprit extétérieur ; ce qui nous paraît étrange dans la vie extérieure est fort possible en Dieu.

24. Quati ièmemenl, Adam avait reçu aussi par l'introduction de sa belle image céleste dans l'esprit de

Bien, la vivante parole de Dieu, qui eiiaîl Vaïlmcnt

de son îlme et de son ima^e; collo viv;;nlo ji.irule était entourée de la divine viorgc de la sagesse; et vous devez savoir que l'image de Tî^me demeurait dans l'image virginale qoi» dans la divinité, avait éU^ vue dès rélérnilé, et là pai*e îniag:e d'Adam provenait d<^ la sa<rosse divine ; car Dieu voulait se voir et se maniresler ainsi dans une iiiia^^r, et cela élait la ressemblance^ spînn Dieu, entendez selon l'esprit de Dieu, selon la Trinité, une image parfaitement chaste, comtnè les an«res de Dieu ; dans celle inia^e , Adam élait Fonfant dn Ditm, non-seulement uric ressemblance, mais un cnfanl, Uis-je, né de Dieu, de l'être de tous les élres.

S5. Il a donc été brièvement e]q>osé quelle image fut Adani avani sa chute et comment Dieu Va ci*éé,' afin qu*on comprît ini^^iix pr,ur<pi(â le Veioe divin s*cst fait homme, comment cela s'est passé el ce qui en est résulté.

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