‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 42 sur 54 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Ce qu'est l'œuvre de la foi, comment la volonté s'y comporte, et de son conducteur.

i. Puisque tout ce qui est engendré de la nature est renfermé dans la volonté de Di^u, et que nous

comprenoos ainsi que rien na peut pénétrer danstsetta

volonté que ce qui est engendré ou fait en elle, nous voyons claii tiiienl qu*il nous est nécessaire de nous livrer avec toute notre raison el tous nos sens à la volonté de Diea, travaillant de nos nains dans le monde et cherchant la nourriture du venlre, mais ne mettant pas du tout notre volonté en cela ni à tenir pour notre .trésor une cln>S(^ terrestre; car là où est noire volonté, notre cœur, là est aussi notre trésor. Noti'e volonté gU-elle dans la volonté de Dieu» alors nous possédons le grand mystère divin dont ce monde a été créé comme sa ressemblance: nous avons ainsi les deux, Féternel et le périssable , et bien d'autres choses encore. Nous introduisons les merveilles de nos œuvres dans le mystère éternel, car elles adhèrent à Tesprit de la volonté. Biais si nous détournons notre volonté de rétemel mystère pour la porter dans le mystère terrestre, tenant l'argent pour notre trésor, la beauté du corps pour notre gloire, l'honneur aussi ou le pouvoir pour notre plus précieux joyau, notre volonté est captivée par ce mystère, nous demeurons accrochés au miroir seulement el n'atteignons point la liberté di* vine ; car le miroir ou le règne externe doit être éprouvé par le feu et la lureur séparée de ce qui est pur, après quoi, la fureur sera un brûler éternel.

% Puis donc que la raison introduit la base affective et l'esprit de la volonté de l'âme, dans lequel ré* side rimage de Dieu et le vrai homme, dans le miroir externe, soit dans un attrait trompeur, cette image ainsi que le vrai homme en sont captivés, et inieclés N par la magie externe» soit par son attrait. L'image

revêt alors le régime externe, non seulement comme

un vêlement, mais c'est une infection, un alliage total. Bien que le feu de l'àme ne s'allie pas avec le règne extéiieur, l'esprit de la volonté de l'àme qui est manque, le fait pourtant, et l'image de Dieu en psi altérée » de plus transformée en une image teiTOstre; alors la ?ie de feu de l'âme demeure rude et a dans l'esprit de la volonté une image terrestre.

â. Si maintenant le corps rompt et meurt, Tàme conserve son image , comme son esptût de volonté ; maip celui-ci est détaché de Timage du corps, car à la mort il y a une séparation ; alors Timage apparaît avec et daii?> les choses qu'elle s'est appropriées ici-bas, dont elle a été infectée, car elle a cette source en soi. L'image de Tàmo se moule sur ce qu'elle a aimé ici^bas, qui a été son trésor , et dans quoi l'esprit de la voilonté s'est porté. Qulqu'un a-t-il livré , pendant sa vie, son cœur et sa base afl'ective à rorgueiî, alors cette source jaillit constamment du feu de l'àme dans l'image, et s'élève au dessus de l'amour et de la dou^ eeur, c'est-à-dire, par dessus la liberté' divine, et ne peut ni saisir ni posséder cette liberté , mais jaillit ainsi en soi-môme drin^ un toiiniionl angoisseux, tout en représentant sans cesse à l'esprit de la volonté les choses terrestres dans lesquelles la volonté s'est portée. C'est ainsi un rayonnement dans le feu de râmè, une élévation continuelle de l'orgueil qui, dans le. feu, vent déborder la douceur di\iiic; car l'âme ne pouvant puiser aucune autre voluolé, puisqu'elle ne saurait atteindre la liberté divine, le. saint mystère, où elle pourrait puiser eette autre volonté, ne vit uniquement

qu*eii soi-même ; elle n'a rien et ne peut non plus rien atteindre que ce qu'elle a compacté en sni durant la vie extérieure. Il en arrive autant à un avare; celui^d a dans sa volonté et dans son image la passion magique de Tavarice, il veut toujom^ avoir beaucoup et se figure, dans son esprit de volonté « ce dont il s*est occupé durant la vie du corps: et bien que ces choses l'aient abandonné et que son être ne soit plus terrestre, il a néanmoins la volonté terrestre, il se chagrine et se tourmente de celte manière» car il ne peut rien atteindre d'autre.

4. C'est bien pire encore pour la fausseté, au sujet de laquelle le malheureux s'est lamenté et en maudit l'auteur qui l'a opprimé; car tout le mal qu'il a fait ou causé, le suit, attendu que cela s*est opéré dans le mystère de la colère , dans lequel , par conséquent» l'âme corrompue tombe lorsque le corps meurt; là elle a pour bain ces mêmes abominations. Et lors même qu'il serait possible de s'établir par la volonté dans Tamour de Dieu , ces abominations et méchancetés la retiennent, car elles causent un étemel désespoir; de sorte qu'enfin IVinie s'emporte, renie Dieu et désire seulement de s'élever et de vivre dans ces abominations, La joie des âmes consiste alors à blasphémer Dieu et ses saints et à s'élever, dans les abominations, au dessus de Dieu et du royaume des cieux, sans pouvoir atteindre ni voir aucun des deux.

5. Aiiiiii nous vous donnons à considérer ce qu'est la volonté, la conviction, savoir un maîU'e et un conducteur qui introduit l'image de l'homme ou dans Tar mour on dans la colère de Dieu; car dans la volonté

est engendrée la mie foi où réâde la noble image

divine; dans la foi, nous sommes réengendrés par Christ en Dieu et nous obtenons de rechef la noble image qu'Âdam avait perdue, que Christ a réintroduite dans l'humanité avec la vie divine.

6. Une volonté fausse détruit aussi Timage, car la volonté est sa source, vu qu'elle attire à soi le mystère divin; or l'esprit de ce mystère manifeste la belle image et la revêt du mytère divin ou de la substanlia- Uté divine, c'est-à-dire, du corps céleste de Christ qui naquit de Dieu dans la chère et belle vierge de sa sagesse , corps qui remplit le ciel. Si donc notre base affective est établie avec la volonté dans ce mystère et que la volonté le désire, cette volonté est magique et y entre : là, si elle a faim, elle peut manger le pain de Dieu, dont lui croît le nouveau corps qui est le gracieux arbre de la foi chrétienne, car chaque corps s'aime soi-même; si donc ràme reçoit le corps divin, si doux et si gracieux, comment ne l'aimerait-elle pas, alors qu'il lui est donné en propriété, qu'elle l'habite et y vit , qu'elle se nourrit de sa puissance et s'en fortifie?

7. Que nul ne se trompe donc et ne demeure plongé dans sa fausseté et son injustice, se contentant d'une foi historique qui lui suggère les pensées suivantes; Dieu est pourtant bon, il me pardonnera bien ; je veux me faire un trésor et en bien jouir, laisser beaucoup de richesses et d'honneur à mes enfants, après quoi je ferai pénitence. — Tout cela est pure tromperie: tu leur amasses la fausseté, tout en te chargeant d'injustices; et lors même que cela se ferait le j^us droite^

ment poMible^ c'ésl néanmoitis de la terre, car tu as plongé ton cœor et ta volonté dans un vase terrestre;

tu en as revêtu ol totalement infecté ta noble image. De plus, lune lègues à tes enfnnls ({ue l'orgueil, pour qu'ils mettent aussi l'esprit de leur volonté en cela seulement. Tu erois bien a^r pour toi et pour tes enfants, et tu te fats et à eux le plus de mal possible.

8. Il est vrai que la vie extérieure doit être entretenue, et que celui qui donne volontairement son bien au pervers agit l'oUement; mais encore plus follement agit celui qui se pervertit soi-même par son bien, en y attachant son cœur et faisant plus de cas de la volupté temporelle, passagère, que des biens impérissables, éternels. Mais celui-là se bénit qui vient en aide aux misérables, car ils lui souhaitent toutes sortes de biens et prient Dieu de le bénir corps et âme; ainsi leur souhait et leur bénédiction vont au bienfaiteur dans le mystère, l'entourent et le suivent comme une bonne œuvre engendrée en Dieu, c'est ce trésor là qu'il emporte, non le terrestre. — Quand le corps meurt, l'image va dans le mystère, c'est-à-dire qu'elle devient manifeste dans le mystère divin; car f»endant ht vie extérieure, le principe extérieur Va couverte: à la mort, le voile tombe, puis apparaît le mystère divin dans l'image, et dans elle tous les liienfaits, toutes les bonnes œuvres accomplies dans l'amour , dans k volonté de Dieu.

9. Tous les vœux et toutes les prières des pieux enfants de Dieu se trouvent dans le mystère et inclinent vers l'image, car les enfants des malheureux que Fhonune a secourus dans leurs misères et leurs aifiio-

tîons, ont envoyé, avec leurs prières, leur volonté dans le mystère divin : tendant par là à leur sauveur et

consoJateur, ils ont aussitôt dépose leur tribui dans ce même mvstère. Et si, à la mort, leur bienfaiteur y entre, loui vient en évidence; chaque .chose s'appareille avec ce qui lui est semblable, se rend où la volonté Ta placé.

10. Tout cela est réservé, dans le mystère, pour le jugement de Dieu le Saint-Esprit ; là chacun niuibsonnera ce qu'il aura semé ici-bas dans son champ; là tout verdira, croîtra et fleurira dans une terre nouvelle et céleste, dans laquelle l'image divine de Thomme revêtira le coi ps complet du mystère divin, et Thomme verra devant lui (entends, devant son image corporifiée) sa justice , pourquoi il est si beau; il en reconnaîtra la cause, s'en réjouira éternellement et en fera le si^et de ses cantiques à Tbonneur et à la 0oire de Dieu. Par contre , la masse des hommes pervers trouvera dans son mystère la dérision, Tavarice, l'orgueil , la méchanceté ; de plus, la malédiction des victimes; le tout rassemblé dans hi colère et qui lu suivra aussi, en sorte qu'elle reconnaîtra toujours la cause de son tourment, et sera, en conséquence, éter* neliement ennemie de Dieu et de ses enfans.

Page 1