‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 43 sur 54 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Pourquoi les per^en ne se conTertisseiit pas; ce qn*i\ y a de plas donlonrenz dans la conversion. ^ Des fanz pastenrs. Comment on doit entrer dans le royaume de Dien. — De la destruction du

règne de Satan. — Des trois formes (de la vie), et ce que nous avons hérité d'Adam et de Christ.

1. La masse des hommes pervers ne peut maintenant comprendre tout cela , par la raison qu*il n'y a

en eux aucune volonté à cet cffol qui le désire, car la terreslréilé les a captivés, en sorte (ju'ils ne peuvent puiser aucune volonté dans le mystéie divin; ils sont comme morts à Dieu, il n*y a pas un souiHe de la vie divine en eux; ils n'en veulent pas non plus, étant verrouillés dans le mystère de la colère divine à n'a* voir pas la conscience d'eux-mêmes. Non que Dieu les ^it mis dans cet état, car c'est le fait de leur esprit de volonté, ils s'y sont plongés eux-mêmes; c'est pourquoi ils courent comme des insensés, et pourtant le noble joyau gît caché en eux , au i;entre y dans le principe divin ; ils pourraient fort bien passer en volonté de la terrestréité et de la méchanceté dans la volonté de Dieu: ils se laissent volontairement retenir par la colère, car la vie orgueilleuse et honorée leur plait beaucoup ; c'est ce qui les retient.

2. Mais après ce temps, il n'y a plus de remède ; si le feu de l'àme est nu et rude, il ne peut être éteint (tempéré) par rien que par la seule douceur divine,

savoir par Teau de rétemelle vie dans le mystère di-

vin ; or ils ne ralteignent pas , car il y a un abîme • entre deux, c'est-à-dire tout un principe. Mais icibas, pendant que Tàme nage et brûle encore dans le sang, cela peut bien se faire, car Tesprit de Dieu plane sur les ailes du vent. Dieu est devenu homme , son esprit va avec la volonté dans Fâme , il désire Fâme, il place sa magie en regard de Fâme; elle n'a qu'à ouvrir la porte, il entre vulunii» rs ri découvre le noble grain pour Tarbre de la foi chrétjeime. Mais ici est le plus douloureux, que l'homme trouve le plus amer (si Tarbre de la foi doit naître en lui), c'est qu'il doive retirer son esprit de volonté de son trésor terrestre, savoir de l'orgueil, de l'avarice, de Tenvie, delà coi ci e et de la fausseté, pour l'introduire dans l'esprit de Dieu. Sa bouche ne doit pas être hypocrite, ni son cœur et sa volonté demeurer attachés au mystère terrestre : il faut y aller sérieusement; du fond du cœur et de l'âme, la volonté doit se livrer au mystère divin ou à l'araour de Dieu, afin que l'Esprit saint trouve place en elle pour aviver l' étincelle divine; hors de là il n'y a poml de salut et aucune hypocrisie n'y fait rien.

S. Qn apprendrait par cœur toutes les écritures et l'on passerait sa vie dans les églises, si l'on demeure, quant ;ï l'iinage de l'àme, un homme terrestre et bestial, ne recherchant de cœur que la fiiusseté, l'hypocrisie ne servira de rien. Un prédicateur qui s'occupe du mystère divin extérieurement, sans posséder l'image de Dieu à l'intérieur , et visant seulement aux hon« neurs et à l'argent, est aussi voisin du diable que le dernier des hommes, car il n'çst qu'un jongleur du

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mystère divin et un hypocrite sans puissance : il n'a lui-même pas le mystère divin, comment le donneraitil aux autres ? Il est un iaux pasleur et im loup à l'égard des brebis. Car tout hoiiîme qui porte le mystère de Dieu, c'est-à-dire, qui Ta éveillé et s'est livré à lui, en sorte que Tesprit saint le conduit , est un prêtre de Dieu, car il enseigne de Dieu. Nul ne peut bien enseigner s'il n'enseigne du mystère divin. Mais comment enseignera celui qui en est dehors , n'enseignera-l-il pas de l'art et de la raison terrestre ? Qu'en a à faire le mystère divin? Bien que ta raison soit une noble chose , sans l'esprit de Dieu , elle est aveugle. Car Christ dit: hors de moi vous ne pouvez rien faire (Jean XV : 5). Ceux que conduiL l'esprit de Dieu sont enfants de Dieu (Rom. VIU : 14). Celui qui pénétre dans la bergerie autrement que par l'esprit de Christ est un voleur et un brigand, qui ne vient que pour pilier, voler (Jean X : 1) et chercher son avantage particulier. Celui-là n'est pas un pasteur des Lirebis, mais un dévorateur, un loup.

4. 11 nous faut done comprendre que l'arbre de la foi chrétienne doit être vivant et non une histoire morte ou une science ; le verbe de la vie doit devenir homme dans l'image, l'âme doit revêtir l'image de Dieu; sans cela elle n'est pas son enfant. 11 ne faut pas faire l'hypocrite ni réserver la pénitence pour plus lard, car aussi longtemps que Tàme porte encore l'image terrestre, l'homme est hors du mystère divin. Tu ne dois pas non. plus nourrir des pensées comme cellesci : «Je me convertirai bien une fois, mais je veux » auparavant amasser suffisamment pour ne pas tom-

> ber dans le besoin et afin de ne pas être alors em-

» péché par les affaires de ce monde.» — Non, car c'csl là un tour de maître du diable. Nous devons, au conlrairc , entrer dans le royaume de Dieu par la persécution , la croix , i'allliction , la moquerie et le mépris; car Satan a le régime dans l'image terrestre, et de son trône orgueilleux, il se rit des enfants de Dieu lorsqu'ils veulent lui échapper ; ainsi la multitude perverse sert le diable et lui aide à faire son œuvre.

5. L'honuue qui veut aller à Dieu doit mépriser tout cela ; il doit penser qu'il est dans un pays étran* ger» parmi les brigands, qu'il est un. pèlerin, en route ' pour sa vraie patrie ; il tombe entre les mains des brigands qui le tourmentent el le volent , et s'il s'en tire avec sa noble image seulement, il est assez ricbe, car il reçoit pour cela le mystère céleste, renfermant tout et dont ce monde n'est qu'une image. C'est

- pourquoi bien fou est celui qui prend le reflet pour la substance ; car le miroir se brise et son amateur en est dépossédé: il ressemble à celui qui bâtit sa maison sur le sable, auprès d'une grande eau qui la lui emporte : telle est l'espérance terrestre.

6. Ofils de l'homme, toi noble créature, ne lui laisse pas la puissance; il y va de ton règne éternel; cherche-toi et trouve-loi, mais non dans le règne terrestre. Quelle félicité éprouve pourtant celui qui est dans le royaume de Dieu, qui revêt le mystère céleste et divin et y entre ! Toute la beauté de ce monde n'est que boue auprès de la beauté céleste et ne mérite pas que l'homme y place son amour, bien qu'elle doive être amenée en merveilles, à quelle liu aussi Dieu Ta créée.

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