Comprenez la chose : rbomine extérieur doit
coin aie appartenant au mystère extérieur, manifester les merveilles de la nature extérieure, tant de la terre qu'au-dessus: Thomme doit amener (produire) en merveilles, formes et êtres, tonte la puissance des astres et tout ce que contient la terre, selon la figure éternelle qui a été vue dans la sagesse divine avant les temps de ce muiule ; mais il ne doit pas y placer sa volonté, ni tenir cela pour son trésor, et ce ne doit être pour lui qu'un ornement et un sujet de joie, car rbomme intérieur doit travailler dans le mystère divin, alors Tesprit de Dieu lui aide aussi à chercher et à trouver l'extérieur.
8. Puisque donc nous avons été ainsi altérés par la lourde chute , que notre base ailective est passée du mystère céleste dans le terrestre ou dans le miroir, que nous sommes comme à moitié morts, il nous importe U'ès grandement de sortir par notre base affective et notre volonté du reflet brillant terrestre , de nous chercher d'abord, avant de rechercher la beauté terrestre » d'apprendre premièrement à connaître où nous sommes, et de ne pas rendre notre base affective terrestre.
9. Car rbomme, quoique image de Dieu, a cependant une triple vie ; mais s'il perd Timage divine, il n'a plus qu'une double vie, attendu que la première vie est celle de l'âme qui naît du feu de l'étemelle nature et se compose principalement de sept formes, le tout selon Tesprit de la nature, comme cela est exposé et développé dans notre troisième livre. L'autre vie réside dans l'image qui s'engendre de la fontaine
de réternelle nature ou du feu de l'âme, laquelle image résidant dans la lumière , se trouve dans une autre source et a son esprit de vie , comme vous le voyex
au feu et à la lumière; car la source de la lumière est autre que celle du feu, et cependant la lumière provient du leu ; par source de lumière on entend le doui, pur et aimable esprit , et dans la source du feu se trouvent les causes de la première. Vous voyez aussi que du feu naît Tair, qui est l'esprit, et que Tair revêt aussi quatre formes ; une sèche, selon la fureur du feu, el une liumide, eau qui provient du rude altirement; en troisième lieu, une douce, provenant de la lumière; puis, en quatrième lieu, un élèvement qui naît de Teffroi de la fureur du feu* Nous comprenons alors que la lumière soit souveraine dans toutes les formes, car elle possède la douceur et est une vie qui s'engendre du précipilement au travers de la mort furieuse ou de la source d'angoisse, comme un autre principe qui subsiste dans le feu sans en être atteint; et pourtant elle a sa sensation propre , qui est d'un goût délicieux ; par où nous pouvons comprendre que l'eau s'entendre de la mort, par le précipitemenl au travers de l'angoisse du feu. Il faut comprendre, en outre, que ce n'est pourtant pas une mort, bien que c'en soit une ; mais la lumière la rend verdissante, vivante , et cette vie réside dans la puissance de la lumière, attendu que la vie verdit de la mort, savoir de la substantialité ou de la compaction , comme l^au qui en elle-même est morte, mais dont la vie de feu et la puissance de la lumière sont la vie. Ainsi , la substantialité est considérée comme morte, puisque hk
vie qui &'y Uouve est uùe chose disliocte qui se po^ède et s*engendre soi-même en soi , puis la mort de la «nbstantialité doit fournir le corps de cet engendrement, <Somme cela a été expliqué dans notre troisième
livre, que dans la vie de lumière et dansj'eau de la morlnouscuinpi eiiuns aussi deux formes, et après l'angoisse dans le feu, la troisième : savoir, !<> dans Tangoisse du tuement, dans la fureur du feu, une eau faneuse, à cause des quatre premières formes pour la nature qui sont l'âpreté, l'amertume, Tangoisse et le leu; cette eau se compare au poison et en est un ausîïi, une substanlialilé infernale dans la fureur, selon l'origine du premier principe, dans lequel source la colère de Dieu.
10. En second lieu , nous entendons l'autre eau dans reffi*oi causé par la lumière , effroi dans lequel
la source tuée s'affaisse, et dans la mort devient comme un néant; or dans le néant, rélernellc liberté ou l'éternel abîme de l'éternilé est atteint; et comme dans cet affaissement l'insaisissable lumière briUe dans l'éternité et remplit toujours l'afTaissement, la vertu de la lumière s'épanouit dans la lumière : c'est là la vie naissant de la mort alTais^eo (abattue) ; car la fureui' du feu demeure dans la source furieuse de l'eau furieuse et ne va pas avec elle à la mort ; cela ne se peut non plus, car la fureur ^st la-sévère et toute-puissante vie qui ne peut ni mourir ni atteindre l'éternelle liberté , attendu qu'elle est et demeure éternellement la vie de la nature. Bien que dans la vie de lumière il se trouve aussi une nature, elle n'est cependant ni douloureuse ni hostile comme dans i'ori-
ninitirwi hv Goo^Ic
gine de la nature, scluii laquelle Dieu se nomme un Dieu jaloux et colérique ; car dans la source de lumière, Teau qui , par la mort , est passée daos la liberté , devient une softrce et une eau de l'éternelle joyeuse vie, dans laquelle Tamour et la douceur s'élèvent toujours; là, il n'y a pltis d'arfaisseinent (défaillance), mais un verdir qui s appelle paradis, et le mouvement hors de la source d'eau se nomme clément ; c'est l'élément pur dans le monde angélique ; et la cause du feu dans la lumière est Téternel firmament, dans lequel rélemelle science de Dieu est manifestée en sagesse, comme nous en avons une ressemblance dans le iirmament et les aslrcs externes.
il. Ainsi, nous comprenons maintenant deux mon* des Tun dans Tautre, étrangers l'un à l'autre : savoir, l'un dans la fureur de la nature de feu, dans l'eau du poison et de la soui-ce d'anp:oisse, lequel est l'habitation des démons ; l'autre dans la lumière, après que l'eau de la lumière est passée de l'angoisse dans Téternelle liberté, que l'eau empoisonnée ne peut ni atteindre ni saisir ; et pourtant , elles ne sont séparées que par la mort, où elles se divisent en deux principes et forment ainsi deux vies, l'une dans la colère, Tautre dans i'amour, et celle-ci est reconnue pour la véritable vie divine. Ici se trouve le motif pour lequel , lorsque nous passâmes avec Âdam de cette vie de lumière dans celle du monde extérieur, Dieu devint homme et dut, au travers de cette mort, de la source de la fureur et de la vie du feu d'angoisse, nous introduire de nouveau, par la mort, dans la vie de lumière et d'amour; les portes de la mort dans la fureur furent
aussi fermées dam Tàme humaine qui était dans la source d'angoisse, dans la nature interne, dans le feu du poison ou dans l'eau de Tangoisse : là , le prince Christ a brisé les veiroux de la mort et, au travers de la mort, reverdi en son âme humaine dans la lumière divine, en sorte que, dans sa vie de lumière, il tient maintenant la mort captive et en a fait une dérision. Car, par cet enfermement, Lucifer s'imaginait être un dominateur et tout-puissant prince dans la fureur; mais lorsque la poHe fîit brisée, la puissance de la divinité dans la lumière lui détruisit son régne; il devint un esclave captif, car la lumière divine et l'eau de la douceur sont sa mort, vu que la colère est tuée par elles.
iâ. Ainsi» la lumière et l'amour ont pénétré dans la colère avec Télément paradisiaque et Teau de Té-
ternelle vie; de cette manière la colère de Dieu a été éteinte ; c'est pourquoi Lucifer ne demeure en soimême qu'une source de feu angoisseuse et furieuse, qui flEiit de son corps un poison et une source de l'eau empoisonnée ; en conséquence, il a été précipité du feu divin dans la matrice de réternelle nature, soit dans la sévère dprelé qui enofendre les ténèbres éternelles. Là, il a le très sévère régime dans le mercure angoisseux, et se trouve ainsi comme un être honteux et rejeté qui, dans l'origine, était prince et, maintenant, se voit réduit à la condition de bourreau et de mercenaire, forcé d'être, dans la fureur divine, comme un exécuteur qui punit le mal quand son maître le lui commande: là s'arrête son pouvoir, mais il est un fom*be cherchant à attraper tout ce qu'il peut, pour
agrandir son royaume , aUn d'avoir beaucoup et de n'être pas un objet de risée a?ec peo, de même qu'une femme de mauvaise vie pense que s*il y a beaucoup de femmes de son espèce , elle ne sera pas seule
telle, mais comme d'aulres; il désire donc nombreuse compagnie pour pouvoir se jouer de Dieu. Satan accuse toujours Dieu de sa chute , de ce que la fureur divine Ta ainsi attiré et précipité dans une telle orgueilleuse i^olonté qu'il n'a pu résister; il s'imagine qu'en attirant beaucoup d'âmes à lui son règne s'agrandira , qu'il recevra assez de ceux qui auront fait comme lui, maudissant Dieu et se justifiant euxmêmes; sa force et sa volupté consistent dans sa sombre et rude angoisse, à pouvoir toujours exciter le feu en lui et s'envoler par dessus les trônes. Il s'estime donc encore prince et roi, et bien qu'il soit mauvais, il est {)ouilanl prince de ses légions dans la colère, en sa créature ; mais dans la colère, hors de sa créature, il n'a pas de pouvoir, il y est impuissant et captif.