CHAPITRE V
De la misérable, lamentable chute de l'homme.
1 . Si nous voulons décrire clairement l'incarnatioii de JésuB^Chrit, il nous faut préalablement vous èxposer les causes pour lesquelles Dieu s'est fait homme :
ce n'est pas une bagatelle ou un rien comme le considèrent les Juifs et les Turcs, et l'entendent à demi les chrétiens même; ce doit être pour une bien
grande oanse que le Pieu immnable s*eBt mû. Re*
marquez donc ceci, nous voui^ais vous exposer les causes :
2. Adam était un homme el Timniie de Dieu , une resfiembkince complète de la divinité , bien que Dien ne soît point une îma^e; il estle myaume et la puissance, ainsi que la majesté et l'élernilé, tout en tout; Mais la profondeur sans lond rirsira de se manilesler en ressemblances, comme une semblable manifeslatioit a eu Heu dès Téternité , dans la sagesse divine, en figure virginale, qui n'était peint engeDdreuse toutefois; mais un miroir de la divinité el de l'éternité selon le fond el le snns-fond, nu n W de la majesté de Dieu. Scion cel œil et dans cet œil, fnronl créés les . trônes-princiers ou des anges et enfin, J'bomme, qui avait de nouveau le trône en soi ; tout comme il avait été crée de la mairie éternelle, de l'Etre divin, de l'ion en quelque chose, de l'esprit en coi'ps. Et ronnne la magie éternelle Tavait créé de soi, dans Tœil des merveilles et de la sagesse divines, de môme aussi pouvait-'il et devait*il engendi'er un autre homme de soi, à la manière maorique, sans déchirure de son corps; car il avnit rlé cunrn du désir divin et le désir divin l'avait créé el mis au jour. Dès lors, il avait aussi ce même désir en soi pour son propre engrossement; car la teinture de Vénus est la matrice qui s'engrossa de la suhslantialité, -savoir du soufre d«ns le feu, quipourlani devient substance (nait) dans l'eau de Vénus. La teinture du feu donne l'àme et la teinture de la lumière l'esprit; l'eau comme substance le corps, et Mercure^ comme le centre* de la ifature) la roue de»*
essences et bi grande vie dans le feu et l'eau céiestes et terrestres; le sel (salniter) céleste et terrestre,
maintient le tout en être (corps), car c'est le fiât.
3. Car de môme que l'honioie a le firmament exteiTie en soi, qui est sa roue des essences du monde extérieur et la cause de la base affective ; de même a*t*il le ciel interne , du centre des essences de feu, et aussi, dans l'autre principe, celui des essences divines de lumière ilamboyante : il avait toute la m^^ie de Têtre de tous les êtres en soi. La possibilité était en lui : il pouvait engendrer magiquement, car il s'aimait lui-même et désirait de, son centre, de nouveau (aussi) la ressemblance : comme il avait été conçu du désir divin et produit par l'enfrendreuse dans le fiât, de même devait-il produire aussi sa légion angélique ou humaine.
4. Quant à savoir si tous devaient sortir d^un, savoir du trône-princier ou de tous, chacun d'eux d'un autre (l'un de l'autre), cela n'est pas nécessaire, car le but est rompu : il nous suilit de savoir ce que nous mnmnes et ce qu'est notre royaume. Je trouve cependant, dans la profondeur, 'dans le centre, que Tua devait sortir de l'autre ; car le centre céleste a ses minutes aussi bien que le terrestre, lesquelles frappent sans cesse ; vu que la roue , avec les essences, dans tous les trois principes, va toujours, et ouvre constamment une merveille après l'autre. Ainsi Alt reconnue et représentée l'image de l'homme dans la sagesse divine, où les mei-veilles sont innotnbrables; ces merveilles devaient être manitestées par. la légion humàlne, et sans doute, avec le temps, une
merveille plus grande aurait été manifestée. dans l'un plutôt que dans Taulre; le tout, selon les merveilleuses variétés de la génération céleste et terrestre» comme on voit Tnfime aujourd'hui, qu'il y a plus d'art et de compréhension des merveilles chez l'un que chez i>uire. Donc, j'en conclus qu'un homme devait sortir et naître de l'autre » pour la manifestation des grandes merveilles , ainsi que pour la délectation et la joie de l'homme, puisque chaque homme aurait donné le jour à son semblable; ainsi l'espèce humaine serait demeurée dans l'engendrement jusqu'à ce que Dieu eût replacé le troisième principe de ce monde dans son étber, car c'est un globe avec commencement et fin ; quand le commencement atteint la fin, que le dernier entre dans le premier, tout est terminé et complet; alors le milieu sera de nouveau purilié et rentrera dans ce où il était avant les temps de ce monde, hormis les merveilles qui demeurent dans la sagesse divine» dans la grande magie, comme uné ombre de ce monde.
5. Puis donc qu'Adam était une si ravissante image et de phis, occupait le siège lie Luefo rejeté, cehii* * ci, devenu démon* im en voulait et le jalousait vio'* lemment^ ae présentait constamment dans sa larve devant Adam , dardant son imagina lion en lui ; il pénétra par son imagination dans la terrestréité des fruits et fit croire à Adam qu'une grande magnificence reposait dans sa terrestréité enflammée. Adam ne le eonnaissait pas, car il ne se présentait point dans saiorme propre, mais sous celle du serpent, comme un animal ingénieux; il usait des singeries d'un oiseleur
qui pipe les oiseaux et les prem! r ainsi fai^il-il. De môme aVaît-îl înfcclé et à demi tué le régne terrestre
pnr son esprit d'orpieil, comme on le voil à la tone ■ el nnx fiinrf^s r|iii en soni devenues si avides cl remplies (le vanité, alors que, pourtant, elles eussent volontiers aimé en être affranchies ; et comme' la matière a senti qu'Adam* étàit un eirfant de Dieu, qu'il posséflail la majesté et la puissance, elle a aussi ima- «rin^' virtlf^uiiieut en Adam ; de iiiènie la eolùre de Dieu allumée, pom*se réjouir dans cette àme vivante, i 6. Ainsi tout convoitait Adam et voulait Favoir : le ; royaume des cieux voulait l'avoir, car il 'était créé \ pour lui; le rèirne terresti-e le voulait aussi, car il • avait une pari f^ii lui; il voulait le dominer, jtaicc . qu'il n'était qu'une créatm e : la fureur ouvrait aussi sa gueule poui* devenir créatuielle et substantielle, pour assouvir sa grande et furieuse' feîm. Adam demeura donc ainsi dans l'épreuve pendant bien quarante jours, aussi longtemps que Christ fu\ tenté dans le désert et Israël sur la montagne de Sinaï, lorsque Dieu lui donna la loi,' pour cpoouver, sll serait pos- ' éîbie que ce peuple subsistât dans !a source du père,, dans la loi, devant Dieu ; si l'homme pouvait demeurer dan<î rdliéissanro, ['lacer son imagination en Dieu, pour (jue Dieu n'eût pas besoin de dcvenii* homme : toutes choses' pour l'amour desqitellès' Dieu fit de si grandé? merveilles en Egv-plb, afii que l'homme vît pourtant qu'il y levait tm Dieu, qu'il 'devait l'aimer et 1*! craindre. Mais le diable, menteur et fourbe, séduisit Israël, l(î porta à faire un veau et à l'adorer en placide Dieu. — Dè^ ce moment, il n'y avait plus
possibilité de subsister; c'est pourquoi Moïse descendit de la montagne, avec la table sur laquelle était écrite la loi , là brisa et tna les adorateurs du veau.
Ainsi Moïse ne dut pas introduire le pleuple dans la terre promise, cela ne se pouvait pas; Josué devait le iaire et enfin Jésus, qui résista à la tentation du diable et de la colère de Dieu, qui vainquit la col^ et brisa la mort, comme Moïse les tables de la loi. — Le premier Adam ne pouvait donc pas subsister, bien qu'il eût le rovaume de Dieu devant les yeux et qu'il lût dans le païadis; la colère de Dieu était tellement embrasée qu'elle attira Adam; car cette colère était très fortement allumée dans la terre par 1-imagination et la forte volonté du démon.
7. La raison dit : le diable avait-iî donc une semblable puissance? Oui, cber bomme, et Tbomme l'a aussi : il peut renverser des montagnes, s'il les pénè* tre avec une forte imagination. Le diable était issu de la grande magie divine , il était prince ou roi de ce trône et pénétra dans la iilus tnr!e puissance du feu, avec la volonté de dominer toute Tannée céleste : ainsi, la magie lut embrasée et la grande turba engendrée, bqueUe a lutté avec Adam pour voir s'il serait assez fort pour occuper le royaume de Satan et y régner dans une autre source. L'esprit de la raison d'Adam ne comprit à la vérité pas cela, mais les essences magiques desquelles proviennent tout désir et volonté, combattirent Tune contre l'autre jusqu'à ce qu'Adam céda et imagina dans k terrestréité, voulant avoir du fruit terrestre ; alors , c'en fut fait , car sa noble image, qui devait manger du Verbe divin
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seulement, était infectée et obscurcie. Aussitôt crut à sa portée, l'arbre terrestre de la tentation, car le désir d'Âdam avait demandé et permis cela. Adam dut donc être tentéy pour voir s'il pouvait résister; car la aé* vère défense divine intervint, et Dieu dît : tu man-' géras de toutes les espèces d'arbres du paradis, mais non de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, car au jour où tu en mangeras» tu mourras de mort, ce qui veut dire : mourir au royaume des deux et devenir terrestre (Gen. Il : 16, 17). Et Adam qui connaissait bien la défense , n'en mangea pas non plus ; mais il y porta son imagination et fut pris dans son imagination; absolument sans force et, en outre, abattu et £aible, il fut vaincu ; abrs, il tomba et s'endoi-mit.
8. Ainsi, il échut à la magie, c'en était fait de sa gloire; car le sommeil est Firaage de la mort et une défaite ; le royaume terrestre l'avait vaincu et voulait régner en lui ; le régne sidéral voulait avoir Adam et accomplir ses merveilles par lui, car aucune créature n'avait été aussi élevée que l'homme qui pouvait atteindre au règne sidéral ; c'est pourquoi Adam fut attiré et fortement tenté, poui* éprouver s'il pouvait être un dominateur et un roi des astres et des éléments. Le diable était fort actif, dans Tintentioa de précipiter aussi l'homme et de le soumettre à sa puissance, afin que ce trône demeurât facilement son royaume ; car il savait bien que si l'homme sortait de la volonté de Dieu, il deviendrait terrestre* U savait bien ausd que Tabime infémal gisait dans le royaume terrestre; c'est pourquoi il était maintenant si actif;
ca^ si Adam avait engendré magiquement, le parafo
serait demeuré sur la terre ; cela n'était pas indifférent au démon, il ne le voulait pas, il ne s'en souciait pas pour soa royaume ; car cela ne sentait paa le soufre et le feu, mais Tamour et la douceur: ledémon se dit alors : tu ne toucheras pas à cé mets, car tu perdrais La domination dans le feu.
9. Ainsi, ia chute d'Adam gît entièrement dans l'essence terrestre ; il perdit Tesseuce céleste, d'où source rameur divin et réçut l'essence terrestare d'où source la colère, la méchanceté, le poison, la maladie et k misère ; il perdit en outre les yeux célestes. Ensuite, il ne pouvait plus manger à la manière paradisiaque; mais il porta son imagination dans le fruit défendu, où le bien et le mal sont mélangés, conttne le sont 6ncœ*e aajourdlrai tous les firaitSv de; la terre ; ainsi, les quatre éléments devinrent actifs et inqualiiiants en lui , car sa volonté , par l'imagination , admit à demeure le règne terrestre dans le feu de l'âme. Ainsi, il passa de Fesprit de Dieu dans celui des astres et des éléments ; ceux-d le reçurent et se réjouirent en lui, car ils devinrent vivants et puissants en lui ; tandis qu'auparavant ils étaient dans la sujétion et la contrainte, ici, ils obtinrent la domination,
10, Satan en aura bien net se sera bien ifioqué de Dieu; mais il ignorait encore ce qui se préparaît; il ne savait rien encore du briseur du serpent qui devait lui enlever son siège et dètruu e son règne/ Ainsi, Adam est tombé dans le sommeil, dans la magie, car Dieu vit qu'il ne pouvait résister; c'est ponfquoi il dit : il n'est pas bon que Thomme soit seul»*
ÛMMMHitti une: aida qui »it andoiir àa lui (Gen. Hr iS)^ par kqocfie il puisse croître el se> multiplier;
car il vit la chiite et lui vint d'une aiitare manière m aide, attendu qu'il ne voulait pas que soa image péril.
ii^ La ralfioiDi ditr WMtnfioit Dieu: laissa-t-ià orollre l'arbre par lequel Adam M. tsnté.? U a dbno voulu; qu'Adam fbt tenté? — EUe vteut donc aussi rejeter la chute sur la volonté de Dieu et pense que Dieu a voulu qu'Àdam; tombât; — que Dieu voulait avoir cpielqu«8 ftemmea au ciel et quelqumuis en enfor, sao6 quoi il aufâitperé au mal et pu préserver Adam, de manière: à ee qu'il fttt resté bon et? demeuré em paradis. Âiiisi juge le monde actuel; car, dit-il, si Dieu Ui'avait meaeréé de mauvais, il n'y aurait rien det mauvaî», puisque tout provient de lui et qu'il est. le- seoL créaleur qpai a tpuli fût; il a donc fait le mauve» et le bon, sans quoi cela ne serait pas tel , et il: veut absolument maiotenir cela ; il pense ausi^i : s'il n'y avait jamais rien eu pour iaptiv^ le démon et aussi l'homme , ce qui les a reudue mauvais, le dé"^ Runt serait, demeuré un ang» et rbemme dans le pa*» Fadîs.
12. Réponse : Oui, chère rais(m, maintenant tu as aLleini le b.ut et la fin ; cela ne peut donc pas te manquer, ai tu ]i!es pas aveugle, -r-- Ecoute : pouirqnoi m. imrtxk pas. aussi à la luiuiére, pouvquoi souffres^tu le: feu.; combien^ aè- eérais^ta pas aimable, si tu ne demeurais pas dans le feu? Je voulais élever ma tente auprès de loi, mais tu demeures dans le feu, je ne j^uis^paa.. Dia si^ulemant à la lumiéoâ : sors, da feu,.
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flilors Un seras ^ooM et dëlîoieiiBe,'et âiaîduiDiéreit'o*
béit, tu auras trouvé un gi*and trésor; combien né -te rojouii^s-iu pas , si tu peux demeurer dans la lù'- «ùère sans qae le feu te bràle : la iraison va jus^»
id. Mais -rois ibien , me "des yeux magiques , érec ;des yeuK divins, dis-je, et aussi avec des yeux naturels; alors, cela le sera monlré, si tu n'es pas tout iail .aveugle et morte. — \qï&, je te le donne à corn- •fivendrè par simililadey pacce que la faisan est, de sa natane, une foUe ét ne comprend rien de Fespnt de Dieu. — Je suppose donc que j'aie la puissance ;de séparer la lumière dn feu, ce qui, cependant, ne !se peut pas, pour voir ce qui en résulterait? Eh bien, •m je sépare la temiére dv ^u, il s'en suit : 1« que! ia lumière perd son essence, oé qui k fait hm»;' ^0 qu'elle perd sa vie et dévient ime impinssancc ; ' 3® qu'elle est saisie et dominée par les ténèbres, s'é- -teint en elle-même et deviei^ néant; car c'est Téternéàe liberté et un abkne; pendant qu'elle luit, elle ^t'^banne, et quand elle s'éteint, oé n'est cLen.
14. Considère maintenant plas outre : Que i^ restbt-il du feu si j'en retranche la lumière et l'éclat? Rien qu'une £atm sèche et un ténèbre ; Il perd l'essence •et la sounce, s'affiune et devient auBsi un néant z Son >ei-de9Mit soitfre •est line mort; il se «Mume ((hri&es) ^pendant ique Tessenoe y est; quand ielle a dlispabi, c'est un rien, un abime où l'on ne ^stingue quoi foe ce soit. ' * '
15. Ainsi, cfaére ârâe «n c^éte, représenil64oi Jupin la tehotse connne suit: Dîaii V4ilximààe'lwméffe,m
pûîssanoe èt sa souroe habitent dans la lumière ; la
lumière engendre la douceur et la douceur enfrcndre Têlre; cet être est l'Etre divin, et la source de la lumière est Tesprit de Dieu , qui est Foraine ; il n'y a point d'autre Dieu que celui-là ; dans la lumière est la puissance, et la puissance est le royaume. Mais la lumièi'e et la puissance n'ont qu'une volonté d'amour ; elles ne désirent rien de mauvais; elles désirent iiien Tétre, mais de leur propre essence, entendez de l'amour et de la douceur; car cela s'assimile à la lumière. Mais la lumière provient du feu et sans le feu elle n'existerait pas, elle u'auiait point d'essence sans le feu ; le feu donne la vie et le mouvement : c'est la nature ; niais il a une autre volonté que la lumière , car c'est une avarice qui ne veul que consumer; il prend toujours et s'élève en orgueil, tandis que la lumière ne prend pas , mais donne , pour que le feu soit entretenu. La source du feu est furem , ses essences sont amères, son aiguillon hostile, incommode; c'est une inimitié en soi-même; il se dévore lui-même; et si la lumière ne lui vient pas en aide, u se détruit et se réduit à rien.
16. Ainsi, chère âme désireuse, considère ceci, tu parviendras bientôt au repos et au but. Dieu est, dès rétemité,. la. force et la lumière, et est appelé Dieu seloB la lumière et selon la puissance de la lumière; selon Tesprît de la lumière, non selon l'esprit du feu ; car l'esprit de feu est appelé sa fureur, colère, et n'est pas nommé Dieu, mais bien un feu dévorant de la puissance de Dieu. Le feu s'appelle nature, mais ; la lumière ne s'appelle pas nature; elle a bien la
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qualité du feu, mais transmue la fureur en amoui', le manger et dévorer en engendrement, l'inimitié et la douleur amére en doux bieu-faire et aimable désir^ de plus , en un remplir perpétuel ; car le désir d'amour attire la douceur de la lumière en soi, et est une vierge enceinte , savoir de Fintelligence et de la sagesse, de la puissance de la divinité.
17. Ainsi, il nous est hautement reconnaissable ce qn'est Dieu et nature, le fond et le sans^cnd, et aussi la profondeur de l'éternité ; nous reconnaissons donc que le feu éternol est magique et est engendré dans la volonté désirante, comme cela a été expliqué dans Tautre et troisième partie des livres : si donc Téter* nel insondable est magique , cela Test aussi qui est engendré de Téternel, car du désir sont provenues toutes clinsps; le ciel et la terre sont magiques, de même la base affective avec les sens ; si pouitant nous voulions nous connaître uiie fois.
18. Qu'y peut maintenant la hmtière si lé feu saisit et engloutit quelque chose, alors que, cependant, l'objet saisi par le feu est aussi magique? Si cela a donc une vie, la puissance et rintelligence de la lumière, pourquoi est-ce que cela court dans le feu? Satan n'a«> t-3 pas été un ange et Âdam une image de Dieu? Ils avaient tous deux le feu et la lumière, en outre, la sagesse divine en eux : pourquoi Satan porta-t-il son imagination dans le feu et Adam dans la terre, puisqu'ils étaient libres? La lumière et la puissance divi* nés n'ont pas attiré Satan dans le feu, mais bien la fureur de la nature ; pourquoi l'esprit s'est-il laissé entraîner? Ce que la magie s'est fidt, elle l'a eu. Sa-»
Un 8*e6t créé l'enfer et Ta eu. Adam se rendit terrestre et il l'est. Dieu n'est pas une créature ai uii ia;kseur, mais bien un esprit et un ouvreui' (manifestateur). Lors de la création (considérons et reooiH naissons la chose ainsi) : le feu et la lumière se sont an môme tempe éveillés en désir, en désir, disonsnous, d*un miroir ou inia^e de réternité; il nous est de même pariaiteœent connu que la fureur s'origi* Disant du feu, ne crée rien et n'a rien créé de substantif de soi, car cela ne se peut pas non plus; mais elle a créé l'esprit et la source. Or, aucune créature ne consiste dans l'essence seulement : si elle doit exister, il faut que ce soit en substance, soit en puissance ou soufre ; elle doit subsister dans le sel spirituel; alors naît de lasource du féu un mercure et une véritable vie essentielle f elle doit de plus avoir de l'éclat, pour que la connaissance et l'intelligence soient à rintérieur.
19. Ainsi, nous savons que toute créature réside dans le soufre, le mercure et le sel spirituel, et l'esprit seul ne pent cependant procréer cela; il faut le soufre dans lequel réside le liât, soit l'àpre matrice pour le centre de la nature, dans lequel Tesprit est conservé; cela est et doit être substance, car où il a*y a point de substance, H fi*y a poiirt d'action : un es^ f>rit eréaturel est un être incompréhensible; il ftinl qu il attire à soi la substance par son imagination, sans quoi il ne subsisterait pas.
30. Si le démon a attiré k fureur dans son esprit» et l'homme k terrestréité, que pouvait à cek l'amowr de l'Etre divin? l'ameur divin et k douceur, ainsi que
ressenca divine, lui étaieat pouiiaat présentés et offerts, aussi bien qu'à rborame : qui accusera Dieu? Que l'essence de la fureur ait même été trop iorle en Satan, qu'elle ait vaincu l'afisence de T amour : que peut Dieu à xela? — Si im arbre planté bon» dépéri!, 4|u'en peut la terre qui lui comrouniqae cependant le suc et la force : pourquoi l'arbre ne les tire-l-il pas à lui? — Diras-tu que ses essences sont trop l'aibles? Mais qu'y peuvent la terre et celui qui l'a planté? La volonté .de ce derj^er a été uniquemeot d'élever un Jbon arbre , qui lui fit plaisir, dont il pûl manger du fruit ; s'il avait su que l'arbre voulût périr, il ne l'aurait jamais planté.
21. U nous faut donc reconnaître que les anges n'ont pas été créés coimne un arbre qu'on plante» mak bien par la motion divine . en deux principes, savoir en lumière et ténèbres, dans lesquelles ténèbres le feu était caché ; le feu ne brûlait pas lors de la création et dans le mouvement, comme il le fait aujourd'hui, ear.U a son principe propre. Pourquoi Satan l'a-til éveillé ? La volonté provint de sa créature» non du dehors; il voulait dominer le feu et la lumière, éteindre la lumière; il méprisa la douceur et voulait étie souverain d^s le feu. Puis donc qu'il méjprâa là iamièré (^t son engendrisment en douceur, II fut à bon droit rejeté. Ainsi perdit-il ie feu et la lumière, et doit-il fuire sa demeure de l'abîme des ténèbres. S'il veut du feu, il faut qu'il se rallume lui-même et cela, par sa méchanceté, dans l'imagination, eaôote.ne kii brftle*!^ pas bien, mais seulement dans In sbunee, furieuse essentielle, comme le froduir
sent en elles-mêmes les quatre formes dans le centre de la nature. La première forme est âpre, dure, rude et froide ; la seconde, au centre, amére, piquante, hostile; la troisième, angoisse, douleur et tourment; et par l'angoisse , comme dans le mouvement de la vie, il (Satan) allume le feu dans la dure astringence, entre la dureté et raiguillon amer, en sorte qu'il apparaît comme un éclair : c'est là la quatrième forme. Et s'il n'y a nt douceur ni essence de la douceur, cela ne donne aucune lumière, mais on éclair seulement ; car l'angoisse veut être libre, mais comme elle est trop liguë, elle n'atteint qu'à l'éclair: c'est du feu, mais sans durée ni source : Ainsi Satan doit demeurer dans les ténèbres et n'a qae l'éclair de la fureur en soi : toute la figure même de sa demeure n'est que comme un éclair furieuic , comme 8*îl tonnait : ainsi se présente la propriété infernale dans la source.
22. Il nous faut l'entendre de même de l'arbre de la tentation qu'Adam a éveillé {Mir son imagination : il désira et la matrice de la terre loi présenta ce qu'il
désirait. Mai^ Dieu le lui défendit; il ne devait pas y toucher. Dieu ne voulait pas cela, mais la matrice terrestre voulait avoir Adam, car elle reconnaissait en lui la vertu divine; parée qu'elle était devenue terrestre par l'enflammement du démon ^ mais pas tout à fait raorte, elle désirait avec ardeur son étal priniitil, savoir la liberté, d'être délivrée de la vanité; or, la liberté était en Adam.
23. Elle attira donc Adam et le polta à imaginer, «t ainsi Adam désira contre la défense et la volonté
divines; c'est cela dont PanL dit : la diair convoite
contre l'esprit et l'esprit contre la chair (Gai. V : 17). La chair d'Adam était moitié céleste et moitié terrestre, ainsi Tesprit d'Adam avait aussi introduit, par son imagination^ une puissance dans la terre, et dès lors la matrice de la terre lui donna ce qu'il voulait. Il dut être tenté, pour savoir s'il voulait demeurer un ange à la place de Lucifer ; c'est pourquoi Dieu ne le créa pas non plus pur esprit comme un ange, afîn que, s'il venait à tomber et ne pouvait subsister, il put lui aider, et qu'il ne se perdit pourtant pas ainsi dans la fureur, comme Lucifer. Pour cette cause, il ftit créé de la matière et son esprit lui fut introduit dans la matière, soit dans le soufre composé d'eau et de feu, afin que Dieu put lui engendrer ainsi une nouvelle vie de celle-là. De même qu'iine belle et odorante fleur croît de la terre , ainsi fut le dessein de Dieu , parce qu'il connut qu'Adam ne subsisterait pas. C'est pourquoi Paul dit aussi : Wous sommes prédestinés en Jésus -Christ dé& avant la fondation du monde; ce qui veut dire que lorsque Lucifer tomba, les fondements du monde n'étaient pas encore posés; mais que, néanmoins, Thommc apparaissait déjà dans la sagesse divine; toutefois, s'il devait être créé de trois principes, il y avait déjà du danger, à cause du sulpbur enflammé des matériaux; et quoique l'homme ait été créé sur la terre, le sulphur avait néanmoins été extrait de la matrice de la terre, comme une belle tleur de la terre, et il y avait déjà du danger, Ici^ dmiC) s'est interposé le doux nom de Jésns^ comme m sauveur el un «régénérateur;, car Fhomme est le <
fim fniri mystère que Meu ait pnodnit Sa ûgm défflonire comment, dés Véimni^^ la divwité s'eat
«npfendrée de la ftireur, du feu, par l'abandon, paf ia mort, dans un autre princi{>e d'une aulre source : De même eai-ii réengendré de la mort ei verd«t41 de la mort dans un autre principe d'autre aovee et puie^ eanee, où îl 'est lotidemeni déUvré de (a terrestréité<
24. Et il nous est très avantageux d'èti'e échus, quant à noire partie terresUe, ea partage à la terre, pourvu que, néanmoins, nous obtenions aussi la partie divine; car nous sommes ainsi rendus totalement purs, et atteignons de nouveau , dans un état d'ea* tière perfection, libres de toute passion démoniaf[uc, le royaume de Dieu. Nous sommes un bien plus giand mystère que les anges et les surpasserons aussi quant à la «ubstantiaUté céleste; car ce seul des fiammesd« feu, pénétrées de lumière; mais* nous atteignons la ♦;randc source de la (Jouceur et de i'amuur qui jaillit ^e la sainte substanLialité divine.
25. En conséquence, ceui^là agissent tout à fait faussement et ii\iusteaient, qui disent que Dieu ne vesut pas avoir tous lès tiomines dans le cîel : il veut que tous soient secourus; c'est la faute de l'homme lui-même, qui ne veut pas se laisser aider; et si plusieurs sont mal disposés, cek ne vient pas de Dieu, mais dé la mère de la nàtukre. Veux>*tii accuser Diéu? Tu mens, Tesprit de Dîisu néserelîise à personne ; jette loin de toi ta m» cbaiiceté, tends à la douceur, marche dans la vérité, dans l'amour, et abandonne-toi à Dieu; alors, tu sera» secouru; <»r€iuist est né à cette êsk : il vent aider. Din»-tn'qiie tu us retenu, que tu
nepên? Ab bieoJ Tu le veux ocnmte cela; Stlan ena ïâil de mèiDe. Si ta es un chevalier, pour(}iioi m
oombats-tu pas le mal? Si tu combats le bien, lu e& un ennemi de Dieu. Crois-tu que Dieu posera une couroime angélique sur la téte du diable? Si tu esi ennehni, tu n'es pfts ami. Si tn tuux être ami» abaademie l'imUié et va a» fère, alers tu es fils. Dds» lors , celsi qui accuse Dieu est un menteur et un meurtrier comme Satan. Puisque tu es ton propre artisan, pourquoi te rends-tn mauvais? Eh bien que tQ sois «ne mamise matière, Dieu t'a doBoé son esMT et sen esprit : approprie-tei cela, tu deviendra» bon; mais si tu préfères Favarice, Torgueil et pardessus, la volupté (le la vie terrestre, qu'est-ce que Dieu y peut? Dieu doit-il peut-être encore l'installer dans ton méprisable orgueil? Non« ce n*est pas là sa souree. — Diras^tu encore ^e tu es une mauvaise^ source, que tu ne penx^ que tu es retenu? Eh bien! laisse là la mauvaise source et pénètre par Tesprit de ta volonté dans Tesprit d'amour divin, abandonne-toi à sa misérieoitie ; tu seras bien délivré un jour de la mauvaise sonroe; eUe est terrestre; donc qospid la terre recevra le corps , elle reprendra aussi k mé« chanceté qu*il tient di'elle ; mais toi, lu es et demeures un esprit dans la volonté de Dieu , dans son amour. Laisse aller le mauvais Adam, il t'en reverdira un nemeau et bon de Faneien, comme une belle ùmt pousse du puant fonlier; seidement teille à mainte^ air l'esprit en Dieu; le mauvais corps, plein d'inclinations perverses n'est pas à ménager : s'il est disposé au mal, fais-lui lant moin^ de.biqn; ne le porte pa^
à la lasciveté : le tenir en biide est , un bon reaiède; mais rivrogaerie et la bonne chère sont le moyen de précipiter dan& le bourbier la mauvaise bête qui, sans
cela, se vautre déjà assez dans la boue, coinrae un porc: mener une vie sobre, tempérée, est un bon purgatif pour celte méchante béte; ne pas lui donner ce qui lui plaît, la laisser jeûner souvent, pour qu'elle n*empêche pas la prière, lui est salutsiire. Elle s'op* pose, à la vérité ; mais rinteliigencc doit dominer, car elle porte Timao^e de Dieu.
20. Ce latin-là ne plait, à la vérité, pas au monde de la> raison vivant dans Fattrait de la duûr; mais parce qu'il n^est pas de son goût et qn'il préfère se repaître et se saturer de toute mauvaise volupté terrestre, la colère s'émeut en lui , le chasse constamment du paradis avec Adam et le précipite dans Tabime avec Lucifer : là lu pourras boire et muiger ton saoul de ce qu'ici tu auras volontairement attiré en toi; mais tu ne dois pas accuser Dieu, sans quoi tu es un menteur et un ennemi de la vérité. Dieu ne veut rien de mauvais; il n'y a non plus aucune mauvaise pensée en lui : il n'a qu'une source qui est l'amour et la joie ; mais sa fureur, soit la nature, a quatre sources; que chacun' prenne donc garde à ce qu'il fait. Tout huiiuiie est son propre Dieu et aussi son propre démon : la source vers laquelle il penche et à laquelle il s'abandonne, quelle qu'elle soit, le pousse et le conduit : il en devient Tiastniment.
^7. C'est une grande misère que l'homme soit si aveugle , qu'il ne puisse pourtant pas reconnaître ce qu'est Dieu, alors que, cependant, il vit en Dieu; et
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qu'il y ait ^core des honuiiea qui défondeni cela, disant qa'on ne doit pas rei^heroher ce qu'est Dieu, et voulant néanmoins enseigner en son nom : oe sont
bien des prédicateurs de Satan ceux-là, pour que, ni lui ni son l'ègne de laus$eté hypocrite ne spient mis en éiridençe et recoamis.