‹ De l'incendie du divin amourChapitre 36 sur 56 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

Du Bonheur de la Vie éternelle.

0 vie que Dieu a préparée à ceux qui l'aiment, vie réellement vivante , vie chaste et pure, vie sainte et glorieuse , vie sans tristesse et sans moit, vie sans tache et sans corruption, vie sans trouble, sans vicissitude et sans changement, vie toute remplie de splendeur et de dignité, vie sans combat et sans lutte, quand donc pourrai-je vous posséder ? Alors plus de charmes dans le péché, plus de crainte, l'amour est dans sa perfection , le jour devient l'éternité , un même principe réunit tous les cœurs , on voit Dieu face à face , et l'esprit se rassasie d'une nourriture substantielle.

0 vie céleste , je suis heureux d'aspirer à vos divines clartés, vos jouissances inondent mon cœur , et je ne puis plus rien souhaiter ni m'attacher à rien en dehors de vous. Votre amour me consume , votre désir m'enflamme , votre souvenir réjouit doucement mon cœur ; c'est un bonheur pour moi que d'élever vers vous les regards de mon âme et les pensées de mon esprit , et de conformer mes sentiments aux vôtres. Je suis heureux de parler de vous, de vous écouter, d'écrire vos merveilles , de m'entretenir de vous ; de lire vos béatitudes et vos gloires , de les méditer dans mon cœur , de puiser dans les douceurs de votre repos la force de surmonter les ardeurs , les périls et les travaux de celte vie fragile et mortelle , et de pencher enfin sur votre sein ma tête fatiguée pour y dormir le sommeil des élus.

C'estpour m'inilier àvos célestes jouissances que je me plais à parcourir les riantes prairies de vos saintes Écritures,

j'y cultive et j'y cueille les fruits les plus vigoureux de la science, et je me nourris de ce que j'ai lu, j'en fais le sujet de mes méditations ; enfin , je recueille ces pensées au plus intime de ma mémoire, afin d'en goûter la saveur et d'adoucir ainsi les amertumes de cette misérable vie.

0 vie heureuse , royaume fortuné qui ne connaît pas la mort, qui n'a pas de fin et qui ne subit aucune vicissitude , patrie céleste dont les jours sont sans ténèbres et sans déclin; séjour de gloire où le soldat vainqueur, couronnéd'immortels lauriers , s'associe aux mélodieux concerts des Anges pour chanter au Dieu vivant les sublimes cantiques de Sion.

Puissé-je obtenir le pardon, de mes fautes, déposer le fardeau de ma chair et me plonger dans l'océan de vos joies pour y goûter l'éternelle béatitude !

Puissé-je me voir introduire dans l'enceinte glorieuse et splendide de votre cité et y recevoir de votre main la couronne de vie! Puissé-je me trouver assol'incend. 4 u2

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cié aux chœurs sacrés des Bienheureux pour contempler avec eux l'éclat de votre gloire et la face de votre Christ ! Puissé-je enfin n'avoir plus désormais aucune crainte de la mort, et me réjouir éternellement de l'incorruptibilité de ma gloire !

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