‹ De l'incendie du divin amourChapitre 54 sur 56 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

Vie nouvelle en Jésus-Christ.

Tendre et compatissant Jésus , qu* avez daigné mourir à cause de nos péchés et ressusciter pour notre justification , faites-moi sortir du sépulcre de mes vices et de mes péchés, et donnezmoi part à votre première résurrection.

Doux et miséricordieux Sauveur, vous vous êtes élevé aux cieux dans le triomphe de la gloire, et vous êtes assis à la droite de votre Père. Roi tout-puissant, attirez-moi vers vous; je courrai à l'odeur de vos parfums , et je m'avancerai sans jamais m'arrêter. Attirez à la source abondante de vos consolations intérieures mon âme altérée; attirez-moi à vous, source vivifiante , afin que je m'y désaltère et que j'y puise la vie éternelle. Mon Dieu, votre bouche sacrée a pro-

nonce ces paroles :« Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive (1). »

0 source de vie, mon âme a soif de vous , laissez-la se désaltérer , et , selon votre promesse, répandez vos eaux vives sur elle. Fontaine de vie , remplissez mon esprit du torrent de votre volupté, enivrez mon cœur de l'ivresse de votre amour, afin que j'oublie les vanités de la terre pour ne plus penser qu'à vous seul , selon qu'il est écrit : « Je me suis rappelé le souvenir de mon Dieu, et mon cœur s'est réjoui (2). »

Faites aussi descendre sur nous l'Esprit saint, figuré par ces eaux vives que vous avez promises aux âmes altérées. Que je tende de tout mon désir et de toute mon application vers cet éternel séjour, où nous croyons que vous êtes monté quarante jours après votre Résurrection. 0 mon trésor et mon amour , que là où

(4) Joan. 7.

(2) Ps. 76.

2Si de l'incendie

vous êtes il n'y ait vraiment plus qu'un seul cœur.

Dans cet immense déluge de la vie où nous sommes sans cesse agités par les tempêtes , il n'y a ni appui solide ni lieu assez élevé pour que le pied de la colombe puisse s'y reposer en sûreté.

Point de repos assuré, partout la guerre, la dissension et les ennemis, combats au dehors, crainte au dedans; et, comme nous sommes composés de deux parties, dont rtnië appartient à la terre et l'autre au ciel, le corps, sujet à la corruption , appesantit Fàme. C'est pourquoi mon esprit, mon compagnon et mon ami, se trouve accablé par les fatigues de la roule , i! languit et demeure sans force. Les vanités par lesquelles il a passé l'ont épuisé, la faim et la soif le pressent, et je n'ai rien à lui donner, car je suis pauvre et mendiant.

Vous, Seigneur Jésus , qui êtes riche de tous les biens, vous qui êtes le souverain dispensateur de tous les mets eu

céleste banquet , donnez-moi la nourriture nécessaire pour ranimer ma défaillance , recueillez l'àme égarée , et guérissez-Ja de ses blessures.

Voici qu'elle se tient à la porte , et qu'elle frappe. Par ces entrailles de miséricorde avec lesquelles vous avez daigné descendre du haut des cieux pour nous visiter, je vous en conjure, tendez votre main compatissante , ouvrez au malheureux qui frappe , permettez-lui de s'introduire près de vous, de se reposer en vous et de se rassasier de ce pain céleste et vivifiant qui lui donne la force de s'élever jusqu'à vous et de s'envoler, sur l'aile des saints désirs, de cette vallée de larmes aux joies éternelles et célestes.

Oui , Seigneur , donnez des ailes à mon esprit pour qu'il puisse voler avec la vigueur de l'aigle, et parvenir jusqu'à la beauté de votre maison et au lieu du séjour de votre gloire pour s'asseoir au banquet des célestes convives et se ras-

sasier pleinement de vos mystères dans vos abondants pâturages. Que mon esprit se repose en vous , ô mon Dieu. Le cœur est comme un vaste et immense océan dont les vagues sont gonflées ; mais vous qui commandez aux vents et à la mer, et qui rétablissez le calme, venez et avancez-vous sur les flots de mon cœur pour ramener la tranquillité dans ses affections. Douce lumière de mes yeux, que je vous embrasse comme mon unique bien , et que les ténèbres de mes pensées tumultueuses se dissipent dans ces divins embrassements.

Seigneur, mon âme se réfugie à l'ombre de vos ailes ; c'est là qu'elle se met à l'abri des inquiétudes du siècle, et que , ranimée par vos consolations et vos jcies , elle s'écrie avec bonheur : « Oui , je trouverai ma paix en Dieu ; c'est là que je prendrai mon sommeil et que je me reposerai (1). »

M] Ps. 4.

DD DIVIN AMODR. 257

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