‹ De L'Incision Transversale Du Voile Du PalaisChapitre 7 sur 15 · SN PE · texte numérisé non relu

SN PE

16 janvier. — Température: matin 38°,2, soir 38°,6.

17 janvier. — Température: matin 37°,2, soir 37°.

A partir de ce jour, la température reste normale; la suppuration a grandement diminué. L’une des sutures du voile a coupé et donné lieu à une petite perforation du voile; on les retire toutes. — Badigeonnages au nitrate d’argent.

20 janvier. — Le jeune homme commence à manger des aliments solides; la sécrétion nasale est très faible.

24 janvier. — Le garçon quitte aujourd’hui hôpital; l'air passe librement à travers les narines; la plaie du voile est complètement cicatrisée.

Vers la fin de mars, il revient nous voir à J’hôpital; sa voix est naturelle; on voit à peine la cicatrice de l’incision du voile. Examiné avec le doigt, le lieu d’insertion du polype est parfaitement net.

Ogs. IV. — Polype naso-pharyngien sarcomateux. — Division transversale du voile avec le thermo-cautère et incision de la narine au bistouri. Par M. le professeur Eug. Bœcxez.

(Observation recueillie par M. Wozrr, interne.)

Wiebald, Catherine, âgée de 62 ans, de Rittershoffen, entre le 4 avril 1879 à la salle 34.

Cette femme, mère de 4 enfants, est sujette depuis son enfance aux épistaxis; mais depuis dix-huit mois, ces hémorragies sont plus fortes que de coutume, et se reproduisent à la moindre occasion; de plus, la respiration par le nez est gênée.

Il y a deux mois, elle consulta un médecin, qui lui arracha des fragments de tumeur de la narine gauche, mais il n’en résulta aucun soulagement. Le nez resta totalement bouché et les épistaxis continuèrent à l’affaiblir, de sorte que, sentant ses forces baisser de jour en jour, elle chercha du secours à l’hôpital de Strasbourg.

État actuel le 5 avril. — La malade à un teint jaunître, cachectique; elle est maigre et a l’air plus vieille que son âge. Elle répand une odeur nauséabonde par la bouche et par le nez. La narine gauche est complètement obstruée par une masse grisâtre, qui déborde au dehors et qui donne lieu à un suintement

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sanguin permanent. La joue et l’antre d’HicHMoRE ne paraissent pas distendus. Par contre le voile du palais bombe en avant, et laisse voir, dès qu’on déprime la langue, des masses polypeuses, mollasses, déchiquetées, qui dépassent son bord inférieur et remplissent tout le haut du pharynx. En cherchant à reconnaître le point d'implantation avec le doigt, on provoque une hémorragie et l’on détache des parcelles de la tumeur que la malade avale; ce qui lui est déjà arrivé plusieurs fois, dit-elle, et déjà spontanément. Le pédicule ne peut pas être atteint. La fosse nasale droite, quoique libre dans toute son étendue, est tout aussi imperméable à l'air que la gauche, à cause de la masse pharyngée qui bloque son orifice postérieur. En raison du sexe et de l’âge de la malade, ainsi que du développement rapide de la tumeur, qui ne paraît remonter qu’à 18 mois, M. BæœcxeL diagnostique un polype sarcomateux, et se propose de l’enlever par le même procédé que les précédents, mais en y joignant 'l’incision de la narine.

Toutefois comme le grand âge de la malade ne permet pas de l’opérer la tête pendante, il fera l’incision transversale du voile avec le thermo-cautère de PAQUELIN pour éviter l’hémorragie.

L'opération est pratiquée le 8 avril en présence de M. le professeur Gross, de Nancy, et des internes de l'hôpital.

La malade dûment anesthésiée, dans une position demiassise, M. BœcxeL introduit un bistouri boutonné dans la narine gauche et la fend en rasant la cloison jusqu’à la rencontre des os propres du nez. Ceux-ci sont très courts; aussi, quand le lambeau triangulaire est renversé en dehors, le lobe nasal de la tumeur se trouve largement à nu. On l’arrache avec une forte pince à polype, en pénétrant jusque vers la base du crâne. Un gros fragment pharyngien est même détaché par ces manœuvres et retiré par la bouche. Une éponge à tige est alors poussée à travers la narine pour absorber et arrêter le sang. Pendant ce temps le chirurgien s’arme du petit couteau de PAQUELIN chauffé en rouge sombre et fait, par une série de ponctions, une incision transversale du voile de 3 centimètres d’étendue, près de son insertion à la voûte palatine. Il n’en coule pas une goutte de sang.

L’index gauche arrive facilement par cette incision sur les insertions du polype qui se trouvent à la base du crâne, et

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guide la cuiller tranchante, qui est introduite par la narine pour ruginer les os. Quand le pharynx est nettoyé, on reconnaît qu'un lobe de la tumeur remplit le sinus maxillaire. On vide cette cavité avec la cuiller et l’on racle ses parois, puis on cautérise le point d'implantation pharyngien avec le cautère galvanique en porcelaine. De plus, le sinus maxillaire et le haut du pharynx sont tamponnés avec des bourdonnets imbibés de chlorure de zinc ‘/,, et fixés à des fils qu’on laisse pendre hors de la narine. L'incision de l’aile du nez est alors réunie très soigneusement au moyen de quelques épingles et la malade est reportée dans son lit avec des compresses froides sur le nez.

L’hémorragie, un moment assez forte pendant l’arrachement du polype, s’est ensuite très bien arrêtée par le tamponnement et n’a pas empêché de maintenir l’anesthésie complète jusqu’au bout de l’opération.

La tumeur examinée au microscope est un sarcome à petites cellules rondes. Dans la journée, la malade n’est pas incommodée par le chloroforme, mais elle a des douleurs assez violentes, dues à la cautérisation et qu’on calme par des injections de morphine.

Température du soir, 36°,5.

9 avril. — Température: matin 38°,4, soir 38°,2.

On retire tous les tampons et l’on fait des injections phéniquées dans le nez.

10 avril. — Température: matin 37,3, soir 37,6.

À partir de ce moment la température reste normale, malgré une suppuration fétide très abondante, qui est sécrétée par les surfaces cautérisées.

Douches nasales phéniquées; gargarismes à l’acide salicylique.

11 avril. — Les épingles du nez sont retirées, la réunion est parfaite et ne se marque que par une ligne blanche, à peine apparente.

15 avril. — La malade mange et dort bien, n’a aucune souffrance et se plaint seulement qu’une partie des liquides lui reflue par le nez.

Les bords de l’incision palatine se sont nettoyés et les angles commencent à se fermer. Cependant on peut encore passer le doigt à travers l’ouverture et explorer la base du crâne; on n’y trouve aucune trace de répullation.

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