OBSERVATION XXV. — (RICHELOT
Une femme de 33 ans, entrée à l'hôpital Saint-Louis après une fausse couche, avait une poche volumineuse saillante à droite et en arrière du col. Le flot se percevait nettement par le palper bi-manuel. La saillie du cul-de-sac vaginal paraissait être la saillie inférieure d’une collection unique. Cependant mon incision me conduit d'abord sur une collection de sérosité sanguinolente. Quand elle se fut longuement. écoulée, j’explorai l'utérus, qui était repoussé vers la gauche, et aperçu la trompe du côté droit dilatée et menaçante. Je pensai qu'il s'agissait d’un pyo-salpinx et j'eus peur, en l’ouyrant, d’infecter l’espace péritonéal d'où je venais d'extraire la sérosité. Je m'’arrêtai done et j'attendis les événements. La femme continua de souffrir avec sa masse annexielle et, comme j'admettais l'intégrité des annexes gauches, c'est par une laparotomie que je complétai mon intervention, le 3 mai, Je laissai l'ovaire du côté sain, et j'enlevai à droite, au lieu
d’une salpingite suppurée, un gros hématome tubaire inclus dans le ligament large et très adhérent.
OBSERVATION XX VI. — (RicHELoOT).
Femme de 35 ans, ayant un passé génital compliqué : hémorrhagies, douleurs pelvi-péritonites. Elle entre à St-Louis le 12 mai, en pleine poussée aiguë avec fièvre, ballonnement et masse pelvienne. Au bout de quelques jours le calme revient et je décide l'évacuation de cette énorme poche qui affecte l’ombilic et fait saillir le Douglas, avec une fluctuation manifeste entre les deux points. Une incision derrière le col arrive sur le péritoine et l’ouvre largement ; rien ne sort ; aucune trace de liquide, mais je rencontre avec le doigt et j’extrais une matière molle décolorée, légion d’abondants flocons fibrineux, que je n'ai jamais vus dans un péritoine en pareille quantité, et qui me paraissent être le résidu de la pelvi-péritonite à peine éteinte. Au fond à droite, j'aperçois une poche tubaire et j'hésite à l'ouvrir au milieu de la cavité pelvienne. Mais il me semble que les flocons fibrineux que j'ai en partie laissés, constituent pour l'évacuation du pus une route moins périlleuse qu’un péritoine lisse et contenant de la sérosité et je me décide à ouvrir le pyosalpinx, d'où s'échappe un flot de pus très septique. La tumeur abdominale s’affaisse. Avec le doigt je ne sens pas bien à gauche les limites du foyer pelvien ; j'ai peur que les anses de l'intestin grèle ne viennent se faire contaminer et je m'arrête sans pousser l'exploration de ce côté, puis, ayant fait une injection très douce d’eau bouillie, placé un drain de gaze. iodoformée, j'attends avec anxiété les suites. La malade guérit très bien.