TRANSFORMATIONS BRUSQUES CRÉATRICES
Le Dantec, dans son livre « la crise du translornnsme » (1), s'exprime ainsi : « une théorie nouvelle, basée sur des expériences contrôlées, a vu le jour depuis quelques années et fait de nombreux adeptes dans le monde des sciences naturelles. Or, cette théorie, dite des mutations ou des variations brusques, est la négation du iamafckisme : je dirais presque que c'est la négation du transformisme luimême. » En effet, ajoute-t-il : « pour la philosophie, le transformisme est le système qui explique l'apparitior progressive et spontanée de mécanismes vivants merveilleusement coordonnés icomme celui de l'homme et des animaux supérieurs. »
Nous verrons plus loin que l'apparition spontanée des êtres vivants est une impossibilité philosophique. Quant à l'apparition progressive de ces êtres, elle n'est en rien niée par la théorie des mutations.
C'est seulement le mécanisme hypothétique, la genèse supposée des transformations progressives qui se trouvent en opposition formelle avec les faits nouveaux.
Le Dantec et les naturalistes de son école, qui identifient le transformisme avec ses facteurs classiques, sont dans une certaine mesure logiques quand ils s'efforcent de restreindre le plus possible le domaine des mutations. Mais l'idée évolulionniste pure n'a rien à redouter des découvertes nouvelles, bien au contraire, comme je m'efforrorai de le montrer plus loin.
D'ailleurs Le Dantec reste à peu près seul de son avis quand il affirme que les mutations n'affectent que des caractères secondaires, en général des caractères ornemenf aires et « laissent intacts le patrimoine héréditaire. »
Depuis les expériences de de Vries. de très nombreuses ob'=ervations nouvelles ont été mises à jour et l'importance (•;>|tilale des mutations n'est plus niée ni niable (2).
(1) Alcan, éditeur.
'2 Consiilt.er Boaringhern : De^ transformations brusques des êtrps virants f Flammarion, éditeur).
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La seule ijiieslion qui reste posée est celle de savoir si les mutations constituent, dans l'évolution, la règle ou une exception.
De Vrics admet nettement que les transformations brusques sont la règle pour les animaux comme pour les vtS géfaux ; et de Vries pourrait bien avoir raison.
Si l'un examine en effet de près toute l'histoire des transformations dans l'échelle évolutive, on s'aperçoit que la théorie des mutations trouve partout luie éclatante confirmation.
Des vérités, qui sautent aux yeux, mais qu'on ne voulait pas voir ou qu'on escamotait inconsciemment, sont mises en pleine lumière par un examen attentif.
Ces vérités avaient été proclamées, cependant, par dt grands naturalistes, tels que Geoffroy Sain!.-Iiilaire ; mais elles n'avaient pas triomphé et la thèse des transformations lentes ne trouvait plus, jusqu'aux travaux de de Yries, de couliadictciir.
Se basant sur la théorie des mutations, Cope a repris l'étude des formes fossiles, spécialement les formes fossiles des batraciens et mammifères d'Amérique et n'a pas eu de peine à montrer la probabilité de leurs variations progressives par sauts.
Il est facile d'ailleurs, d'après les documents paléontologiques qui constituent (( les archives de la création », de constater l'apparition, toujours brusque en apparence, des principales grandes espèces.
Batraciens, reptiles, oiseaux, mammifères apparaissent tout à coup dans les terrains géologiques. Ils semblent, une fois apparus, acquérir très vite les caractères complets qu'ils garderont ensuite intégralement, sans plus subir de modification essentielle, tant que leurs espèces subsisteront.
Sans doute, la paléontologie nous offre des formes do transition. Mais ces formes sont rares et, constatation