TRANSFORMATIONS BRUSQUES CRÉATRICES
plus grave, elles paraissent plutôt des espèces intermédiaires que des lormes de passage.
Prenons par exemple l'archéoptéryx, la plus remarquable de ces espèces intermédiaires. Nous voyons un oiseaureptile, un animal tenant à la fois du reptile et de l'oiseau. Mais son espèce est^ bien déterminée et bien spécialisée. L'archéoptéryx a la constitution du reptile ; mais il a aussi dc< ailes, des ailes bien développées ; des ailes permettant le vol, des ailes d'oiseau.
On n'a jamais trouvé de reptiles munis d'ailes embryonnaires ou à l'état d'ébauche, au début de leur développement.
Ce qui est vrai pour l'archéoptéryx l'est également pour toutes les formes intermédiaires connues : ce sont des formes bien déterminées, à caractères spéciaux très nets permettant l'usage des organes caractéristiques des espèces.
Alors que la paléontologie nous présente beaucoup d'organes rudimenîaires, résidus d'organes déchus et inutiles, elle ne nous oUre jamais d'organes ébauchés et encore inutilisables.
Il semble donc bien que les transformations brusques soient la règle dans l'évolution.
Or, il est bien évident que ni la sélection naturelle ni l'influence du milieu ne peuvent expliquer ces apparitions brusques d'espèces nouvelles.
C'est ce que reconnaît Le Dantec quand il s'écrie : '( une mutation qui se produit sous mes yeux, c'est une serrure dont je n'ai pas la clef ! » (1)
'D La crise du transformisme.