LA PHILOSOPHIE DE LINGONSCIENT
et éphémères, elles s'efforcent de dégager l'essence divine, seule réelle et permanente.
Pour elles l'univers matériel, dynamique et intellectuel est fait de « représeniaiions » ou « d'obiectiuations », de l'immanence créatrice ; mais ces représentations ne procèdent pas nécessairement d'un effort réfléchi et voulu ; car la conscience napparaît pas comme un attribut primordial de r Unité.
L'Unique, le Réel, opposé au divers et à l'illusoire, c'est le principe divin des religions de l'Inde ou le principe unique des panthéistes et des monistes, c'est « l'Idée » de Platon, c'est « l'Intellect actif » d'Averrhoes, c'est la « Natura naturans », de Spinoza ; c'est «c la Chose en soi )j de Kant : c'est la <■<■ Volonté » de Schopenhauer et cest « llnconscient » de de Hartmann.
1° La DÉMONSTRATION DE SCHOPENHAUER
Jusqu'à la période moderne, cette conception grandiose n'avait reposé que sur l'intuition. Elle était restée d'ordre purement métaphysique et, par suite, entourée d'obscurités ou de contradictions.
De nos jours seulement et de plus en plus, elle s adapte aux laits ; elle entre dans le domaine de la philosophie scieniilique. Elle s'y adapte si bien qu'elle est destinée, sans doute, à permettre la fusion, la condensation du génie oriental et du génie occidental ; à rendre accessibles les plus hautes vérités ; à constituer la base et la charpente de l'édifice à la fois philosophique et scientifique qui abritera désormais toutes les aspirations et tous les idéals.
C'est à Schopenhauer que revient le mérite premier de cette adaptation aux faits. Sans doute, son système comprend de graves erreurs ; erreurs explicables par l'insuffisance des notions naturalistes et psychologiques dont il partait ; mais, par sa clarté et sa précision, par sa pro fondeur géniale, il mérite d'être pris comme point de départ de toute élude moderne sur la nature des choses.
Il est indispensable, pour bien comprendre la suite de ce travail, d'avoir, présente à l'esprit, la thèse de Schopenhauer.
Or, « le inonde comme volonté et comme représentation » ne peut pas être résumé. Il doit être étudié et médité tel quel. L'idée première, qui ramène les diverses, les innombrables apparences des choses à un principe unique, essentiel et permanent, ne saurait être isolée de sa démonstration intuitive et logique, des développements dictes par une inspiration souveraine, en un mot du cadre magique où l'a exposée le grand philosophe. Ce cadre est nécessaire pour en faire comprendre la puissance et pour mettre en valeur sa beauté.
Un exposé analytique est cependant indispensable ici et je m'en rends bien compte. Mais je prie du moins le lecteur instruit d'en pardonner l'insuffisance fatale, et je m'en excuse d'avance comme d'une profanation.
Le système de Schopenhauer ne prétend pas tout expliquer. Il proclame que certaines questions de haute métaphysique, celles du commencement et de la fin. ne sont pas susceptibles d'être totalement résolues. Il ne se demande donc pas d'où vient le mo'nde ni comment il finira. Il recherche simplement ce qu'il esl.
Pour Schopenhauer, le monde est à la fois volonté et re présentation ; volonté réelle, représentation illusoire e! factice.
Pourquoi la désignation de volonté, appliquée à l'essence réelle des choses ? C'est que la volonté *< esl (juelque chose d'immédiatement connu, et connu df telle sorte que nous savons et comprenons mieux ce que^l ici volonté que tout ce (|u'on voudra... le concept de volonté est le .seul, parmi tous les concepts possibles, qui n'ait pa^ son origine dans le phénomène, dans une simple représentation intuitive, mois vienne du fond mCMue, de la eon-