PRÉFACE IX
lormidables, puisqu'elles iraient jusqu'à refuser aux anijîiaux supérieurs celte conscience et celte sensibilité !
On voit combien Auguste Comte avait raison quand il disait : « Dès qu'il s'agit des caractères de l'animalité, nous devons partir de l'homme, et voir comment ils se dégradent peu à peu, plutôt que de partir de l'éponge et ôo chercher comment ils se développent. La vie animale de l'homme nous aide à comprendre celle de l'éponge, mais la réciproque n'est pas vraie ».
De la biologie, passons à la psychologie. Considérons., par exemple, les phénomènes dits de subconscience qui tiendront une si large place dans mon travail.
Là, surtout nous verrons étalée l'opposition entre les deux miéthodes.
Dans une étude parue dans les Annales des sciences psychiques, j'avais préconisé la m.éthode synthétique, pour l'étude philosophique des phénomènes de subconscience. Je m'étais efforcé de montrer que. seule, l'élude des phénomènes les plus complexes permettrait de comprendre l'ensemble de la question ; tandis que l'étude, si approfondie fut-elle, des phénomènes élémentaires, serait toujours incapable d'apporter le moindre éclaircissement. Je concluais que, au point de vue philosophique bien entendu, seules étaient vraiment capitales l'élude et la compréhension des phénomènes supérieurs. (1)
Cet exposé méthodologique m'a valu de vives attaques, spécialement de la part de M. Boirac (2).
M. Boirac, comme faisait Le Danlec pour les phéno-
(1) Il faut remarquer e^^preseément que, en ce qui concerne ie subconscient, phénomènes élémentaires et phénomènes complexes «ont égaltraent inexpliqués. Que l'on prenne les uns ou les autres pour (point de départ, on va toujours th Vinconnu à Vinconvu. Le principe cartésien ne saurait donc être objecté à notre méthode.
(2) Boirac : Annales des Sciences psychiqvcs^ et L'Avenir des èfu'''i"y- TiRT.rliirniPS-
X PRF-FACE
mènes biologiques, affirme ({iie Ton doit étiidief et inlerpréler, de la base au sommet, les phénomènes élémentaires d'abord, puis les phénomènes de plus en plus complexes.
A l'appui de son idée, il apporte la comparaison suivante : vouloir comprendre les phénomènes subconscients élevés, avant de comprendre les plus élémentaires, est aussi illogique que de vouloir comprendre le phénomène de la foudre en boule avant d'avoir compris les principes élémentaires de l'électricité.
A cela je pourrais répondre que c'est autre chose d'étudier les phénomènes de l'électricité et même les soumettre à des applications pratiques, et autre chose de comprendre l'essence de l'électricité. Noire compréhension de Véleciriciié, notre compréhension philosophique ne repose et ne reposera que sur des hypothèses provisoires, tant qu'on n'en aura pas compris les manifestations les plus complexes.
Aussi bien, rien de plus facile (jue dopposer compaiaison à comparaison ! En voici une autre, que j'emprunterai à J. Loeb : .
« Heureux les physiciens, s'écriait Loeb, de n'avoir jamais connu la méthode de recherches des coupes et des colorations ! Que fut-il advenu si, par fortune, une machine à vapeur fût tombée dans les mains d'un physicien histologiste ? Que de milliers de coupes ,en surface et en épaisseur, diversement colorées et recolorées, que de dessins, que de figures, sans arriver sans doute à apprendre que la machine est une machine à feu et qu'elle sori à transformer la chaleur en mouvement ! )> (Cité par Daslre).
Celle comparaison met en lumière le caractère distinctif des deux méthodes :
La méthode d'analyses restreintes, d'études approfondies de détail'S a une c^rande imporlance scientifique ; -*lle