‹ De l'incubation des maladiesChapitre 10 sur 18 · hoc. cit · texte numérisé non relu

hoc. cit

parition d’éruptions moi bilieuses. 11 est même, relativement à ces observations , quelques erreurs qui nous paraissent avoir été commises , et l’on a pris plus d’une fois pour une éruption morbilleuse ces éruptions morbilliformes qui précèdent de vingt-quatre ou quarante-huit heures l’éruption variolique, bien que Tune et l’autre de ces éruptions fussent l’expression du même virus. Sydenham avait insisté sur ces cas de diagnostic douteux , et sur toute leur difficulté.

Nous avons eu nous-même l’occasion d’insister sur cette question dans le travail que nous avons publié il y a quelques années dans les Archives generales de médecine , sur les varioles anomales.

A propos de la période d’incubation des fièvres intermittentes, on raconte qu’à l’hôpital de Steevens on reçoit beaucoup de paysans irlandais, qui, après avoir émigré en Angleterre à l’époque des moissons, et avoir travaillé dans des districts marécageux , sont pris , au bout d’un certain temps , de fièvres intermittentes; que souvent ils ne sont atteints par la maladie qu’après avoir quitté depuis longtemps le lieu des émanations marécageuses, et à leur retour chez eux ; et aussi que, parmi ceux qui entrent à l’hôpital pour une maladie aiguë, il s’en rencontre qui ne sont pris de la fièvre paludéenne que pendant la convalescence, ou même après une guérison complète.

C’est donc une opinion généralement admise que certaines maladies peuvent être retardées dans leur invasion par une autre maladie venant frapper les individus pendant l’incubation de la première ; mais par contre, d’autres faits non moins nombreux que les premiers attestent que l’organisme peut à la fois être sous 1 inlluence de deux actions morbides, sans que l’incubation en soit pour cela notablement modifiée; ainsi, dans la médecine vétérinaire, comme dans la

médecine humaine, nous en trouvons des exemples. On lit dans les Essais sur la police sanitaire des animaux domestiques , par M. Delafond ( Recueil de med . vétér. prat., 1835), à l’article Incubation (page 148): « Les virus introduits dans l’économie ne déterminent pas toujours aussitôt la maladie qu’ils transmettent; ils y séjournent un temps plus ou moins long avant de la faire naître ; ce temps porte le nom d’incubation ; l’incubation est assez constante dans quelques maladies contagieuses; dans d’autres, elle n’a rien de fixe.

« Plusieurs virus, introduits à la fois ou successivement dans les parties vivantes, peuvent avoir chacun une incubation séparée et indépendante; ainsi, une bête à laine à laquelle on aurait inoculé la clavelée, et qui à la même époque aurait été mordue par un chien enragé, pourrait contracter en même temps ou successivement la clavelée et la rage. »

Nous pensons avoir suffisamment insisté sur tous ces faits pour donner une idée de l’influence que peuvent exercer sur la durée de l’incubation les conditions individuelles; passons donc actuellement à l’étude de l’influence des conditions extérieures.

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