Rapport à V Académie sur la peste , etc , passim
n’existait pas trace de fièvre jaune; le 22, c’est-à-dire onze jours après le départ de Cayenne, le premier cas de cette affection survient à bord, et sur un effectif de vingt-quatre hommes d’équipages et de soixante-six passagers, on compte quarante -quatre malades et quinze décès dans la traversée de la Martinique en France. Parmi ces 44 cas, 27 appartiennent franchement à la fièvre jaune. Vers la fin de septembre 1854 , j’ai vu arriver à Varna, après une traversée de soixanteà soixante-dix jours, des artilleurs embarqués avec du matériel de leur arme à bord de bateaux voiliers; partis de Marseille où régnait le choléra, plusieurs d’entre eux ont succombé, en débarquant, à cette maladie alors entièrement éteinte à Varna. Les exemples d’incubation prolongée sont nombreux , et à quelque limite que s’arrête la fixation de quarantaine, elle sera toujours arbitraire. La conciliation des intérêts de la navigation et du commerce avec ceux de la préservation publique est une œuvre délicate ; des deux côtés l’exagération semble inévitable : le scepticisme desanticontagionistes accommode les uns ; le faux terrorisme des intendances sanitaires exploite les autres. »