‹ De l'incubation des maladiesChapitre 3 sur 18 · Beau, toc. cit · texte numérisé non relu

Beau, toc. cit

Fracastor , le premier qui ait fait un traité de la contagion et des maladies contagieuses , admet luimême implicitement une période d’incubation pour ces maladies; car, à propos de la variole, il dit qu’on peut soupçonner cette affection , alors qu’on apprend que le fébricitant a eu des rapports avec un varioleux « .... Qui febrit,tum suspicari potest communi illo tête neri morbo,... si conversatus estcumalioaffecto.... » Ce n’est d’ailleurs là, ajoute-t-il, qu’un des éléments du diagnostic (Fracastor, De morbo conta g.'). Il admet également pour la rage une période latente qui peut aller de vingt jours à un an, et davantage {De rabie , p. 123). De même encore pour la syphilis, qui peut ne manifester ses symptômes qu’au bout d’un, de deux, et quelquefois de quatre mois {De syphilide morbo , p. 125).

Van Swieten, dans ses admirables Commentaires des Aphorismes de Boerhaave parle de l’incubation de la variole, et signale l’incertitude de la science sur le temps nécessaire à l’absorption du poison morbide : « Ex omnibus his videtur concludi posse, contagium « variolosum non statim effectus sensibiles producere « semper, sed quandoque satis diu manere iners, et « tamen efficaciam retinere producendi morbum post « notabile temporis intervalîum » (t. V, p. 34). Et comme, dit-il , on n’est pas toujours bien sûr du moment précis où la cause contagieuse a agi , il conseille de rechercher la durée de l’incubation dans la variole inoculée , et il emprunte à Kirkpatrick ( Of inocuL , p. 86) les chiffres qu’il en donne; l’invasion aurait lieu du septième au huitième jour b

Le mot incubation vient du latin incubatio , formé de in y sur, et de cubare , coucher, coucher sur . D’après

Page 1