‹ De L'Indépendance Fonctionnelle Des Deux Hémisphères CérébrauxChapitre 11 sur 32 · LYC TOR · texte numérisé non relu

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de l'abolition de la faculté du langage articulé, arriva à cette conclusion que l'exercice du langage était subordonné à l’intégrité d’une partie très circonscrite des hémisphères cérébraux, et, plus spécialement, de l'hémisphère gauche.

La démonstration de ce fait remettait sur le tapis la question des localisations et ouvrait une voie nouvelle aux expérimentateurs.

En effet, la physiologie apporte à l'observation pathologique un contrôle puissant, comme le fait remarquer Ch. Richet (1); dans sa thèse si instructive sur la structure des circonvolutions cérébrales, l'expérimentation physiologique présente les avantages suivants : .

1° L'expérience peut être répétée autant de fois qu’on le désire.

2° On peut déterminer les conditions de l'expérience, ce qui revient à déterminer le phénomène.

Aussi, dans ces derniers temps, Coup sur coup, un grand nombre de méthodes expérimentales ont été imaginées.

Celle des injections interstitielles, qui consiste à faire les injections d’un liquide caustique (chlorure de zinc, perchlorure de fer, acide chromique) qui détruisent la région cérébrale avec laquelle ils sont en contact a été employée par MM. Fournié (2) Nothnagel (3), Beaunis (4), Goltz (5).

Elle ne pouvait donner que des résultats insuffisants.

Une seconde méthode, celle des destructions localisées, avait plus de chance de réaliser des effets certains. |

(4) Ch, Richet, Structure des circonvolutions cérébrales. Anat. et physiol. Thèse d'agrég., Paris, 1878, p. 61.

(2) Ed. Fournié. Recherches expérimentales sur le fonctionnement du cerveau. Comptes rendus de l’Acad. des Sc.T, LXXV, 1872, octobrenovembre.

(3) Nothnagel. Recherches expérimentales sur les fonctions du cerveau. Arch. für path. Anat. und Physiol. T. LXVIIT.

(4) Beaunis. Nouveaux éléments de physiologie humaine, Paris, 1881, T. I, p. 1297.

(5) Goltz. Ueber die Verrichtungen des Grosshirns. Arch. für die gesamente Phys Band XIII-XIV.

En ÿ ajoutant l'emploi de l'excilation galvanique, Fritsch et Hitzig apportèrént pour la première fois des données rigoureusement précises en démontrant que :

1° I1 y a des parties motrices, et d’autres qui né le sont pas ;

2 (Je Les points où l’on détermine l'excitation de tel où tel groupe musculaire sont limités très exactement à une pétite portion de la surface cérébrale ;

3 Que par des courants indirects et des courants du pôle of ärrive aü même résultat plus réguliér avec dés courants dé pile:

4 Que l’extirpation, avec le scalpel, d’une région cérébrale localisée, détermine dés paralysies (1).

La voie était ouverte. Elle fut immédiatement suivie.

. En Angleterre, Ferrier (2), en France, Carville et Duret{3), Rouget (4), Vulpian (5), et beaucoup d’autres, en perfectionnant les procédés, Contribuërént puissamment au progrès de la doctrine des localisations.

Lés expériences de Férrier avaient surtout été exécutées sur dés Sitiges, et par añalogie il était pérmis de supposer que le cérvéau dé l’homtne différant peu de célui de ces animaux, les données acquises pouvaiént lui être appliquées.

()Fritsch et Hitzig. Üeber die Blectrisché erregbar keit des Grosshirhs, Arch, für Anat. 1870, 28 avril, p. 330-332.

— Hitzig. Untersuchühgen zur Physiologié dés Gehirns. Afchives für Anat. und Physiol.,1873.

— Hitzig. Untersuchungen über das Géhirn, 1874.

(2) Ferrier, Experiments on the brain 6f monkeys. Proceedings of the Royal Society, 1875, T, XXIII, 0. 409 ét 494,

= Férrier. The functions of brain, 1876.

(3) Carville etDuret. Sur les fonctions des hémisphères cérébraux, Arch. de phÿsiol., 1875, 2e série. T. Î[, p. 494.

(4) Rouget. Contrôle expérimental dés recherchés de Fritsch et Hitzig-Fefrier, été. sur les cénires moteurs du cerveau. Soc: de biol., avril 14875. j

(5) Vulpiän. Leçons sûr lés centres de l'écoréu cérébrale, Journal de l'Ecole de inédecine, juillet 1876.

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En Amérique, un médecin, nommé Robert Bartholow (1), eut l’audace, à l'hôpital du Bon-Samaritain, à Cincinnati, de répéter sur des femmes confiées à ses soins les expériences faites jusqu'alors uniquement sur des animaux. |

Il enfonca dans diverses parties du cerveau d'üné malhèureuse créature des aiguilles en communication ävec uné pile galvanique, et il constata que le passage du courant électrique, sans produire aucune sensation locale, détérminait des mouvéements convulsifs dans le côté du corps opposé à telui sur lequel l'opération était pratiquée.

Du reste, nous dit M. Milne-Edwards (2), cés éxpériences qui me paraissent avoir été conduites avec aussi peu d’intelligence que d'humanité ne produisirent aucune découverté digne d'attention.

Toutés les tentativés faites sur l'écorce cérébralé n'avaient eu pour but qué dé mettre en évidence l'existence dés Centres psycho-moteurs.

En effet, cornme le fait rémarquer M. Legroux (3):

« L'étude du langage articulé échappe à toute expérience, car, en effet, l’expérimentation ne serait nullement valable que chez l’homme.

« Elle a été faite deux fois à ma connaissance.

« On à pu, par la compression d’une partie des lobes antérieurs, suspendre l'exercice de la parole.

« Cette observation, dont je ne garantis pas la parfaite moralité, n'aurait toute sa signification que si, en pareil cas, l'observateur avait eu le loisir de constater l'intégrité des fonctions autres que celles du langage. »

Malgré leur caractère de précision, cés expériences desti<

(1) Bartholow. Experimental investigation into the functions of Human brain. In american Journal of the medical Sciences, avril 1874, P: 305 et suiv.

(2) H. Milne-Edwards. Leçons sur là physiologie ét l'anatoinie comparée. T. XIII, p. 239.

(8) Legroux. De l'aphasie. Thèse d'agrèg., Paris, 1865, p. 47.

nées à démontrer l'existence des centres moteurs n’ont pas été admises sans conteste par tous les physiologistes.

Le plus éminent de tous ceux qui ont émis des doutes sur leur réalité est M. Brown-Séquard.

Cependant, si la notion de l'indépendance fonctionnelle de chaque hémisphère découle forcément de la doctrine des localisations cérébrales, elle a eu aussi le privilège d’être acceptée même par ceux qui combattent le plus cette théorie.

M. Dupuy (1) en 1873, résumait fidèlement dans sa thèse les opinions de son maître à ce sujet :

« M. Brown Séquard, disait-il, admet en ce qui concerne le cerveau, que cet organe est absolument double, Chaque hémisphère étant un cerveau complet en lui-même, non seulement pour les phénomènes intellectuels, comme l’ont avancé sir Henry Holland et le D' A.-L. Wigan, mais aussi par d’autres fonctions que l’on attribue généralement à différentes parties du cerveau. Il pense cependant qu’un des côtés étant plus souvent ou plus exercé que d’autres, celui-là acquiert, plus que l’autre, la faculté d’agir. »

La dernière conclusion de M. Dupuy était celle-ci :

« Les deux hémisphères, quoique non actifs à un égal degré etne remplissant pas les mêmes fonctions, sont identiques physiologiquement. Celui qui est ordinairement actif, pour les manifestations des fonctions organiques seulement, par exemple, peut acquérir toutes les facultés que l’autre aura perdues ou bien arrêter les manifestations de ces facultés. »

Comme on le voit par ce qui précède, M. Brown-Séquard admet sans conteste la théorie de la suppléance.

D'ailleurs, l’'éminent physiologiste a un jour exprimé de la façon la plus nette son opinion sur la théorie des localisations et sur l'indépendance des deux hémisphères cérébraux; nous ne croyons pouvoir mieux faire que de citer ses propres paroles (2) :

(4) Dupuy. Examen de quelques points de la physiol, du cerveau, Thèse de Paris, 1873.

(2; Brown-Sequard. Introduction à une sérle de mémoires sur la

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