‹ De L'Industrie Chimique PharmaceutiqueChapitre 101 sur 113 · LES · texte numérisé non relu

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sur l'essence de térébenthine, ce qui fait que celle-ci se vend moins cher à Hambourg qu’à Bordeaux.

Trois usines allemandes font plus de 250.000 kilos par an de dérivés de cette essence.

La Coumarine, la Vanilline et l’Héliotropine se fabriqueront en grand en France, dès que l’emploi de l’alcool sera rendu pratique.

Les droits de douane sont plus élevés sur les produits naturels bruts que sur les principes essentiels qu'ils renferment d’où impossibilité de fabriquer ceuxci en France. (L’essence de girofles paie 50 francs les 100 kilos, les clous paient beaucoup plus cher proportionnellement). Ce sont les Hollandais qui sont les maîtres du marché de ce produit.

Les huiles de camphre sont monopolisées par l’Allemagne qui empêche ainsi la fabrication française des dérivés du Safrol (voir les importations japonaises au tableau des Essences diverses).

La fabrication des produits odoriférants dérivés du benzol est corollaire de celle des Matières Colorantes.

Henri HAUSER, dans son ouvrage Méthodes allemandes d’ Expansion Economique, analyse l’industrie et le commerce de nos ennemis et il nous montre à quelles causes sont dûs leurs succès ; nous les résumons rapidement :

1° Qualités allemandes : capacité et volonté de reproduction se traduisant par un excédent annuel

. de 800.000 naissances sur les décès. Travail discipliné,

besoin et sens du groupement.

20 Méthodes industrielles : concentration industrielle et spécialisation ; organisation scientifique de la production ; le laboratoire indispensable à l'usine, la science alliée à La technique ; bibliographie scientifique toujours tenue à jour.

« Il est généralement reconnu que l'Industrie Chimique allemande doit sa position prépondérante uniquement à la haute préparation scientifique de ses collaborateurs » (discours de Fischer en 1897) (1).

(1) Henri Hauser. Méthodes allemandes d'expansion économique, 5° édition, page 32.

Fondation de sociétés puissantes à capital considérable donnant un dividende de 10 à 30 0/0.

30 Méthodes commerciales : Celles-ci étaient extrémement développées et empruntaient tous les moyens.

Représentant : le commis voyageur allemand est répandu partout ; habile, connaissant son métier à fond, se pliant aux exigences de la clientèle, il est insinuant, tenace, et ne lâche pas son client avant d’avoir fait une affaire ; quand il est arrivé, il se rend utile par des conseils techniques, voire des démonstrations pratiques si l’acheteur ne connaît pas suffisamment l'emploi du produit ou de la machine qu'il a acheté.

Agences de renseignements commerciaux (ou d’espionnage). Crédit Reform, Export Bureau, Schimmelpfeng) (1). Ces agences possèdent des fiches pour toutes les firmes importantes de l'univers ; elles indiquent en même temps les débouchés à leurs clients ; elles font de l’espionnage commercial dans les maisons qui les intéressent en y plaçant une créature ou en soudoyant un employé.

Consul el attachés commerciaux : choisis compétents et payés en conséquence ; ce sont toujours des allemands et tous sont indemnisés au moins de leurs frais. Le personnel est plus nombreux que le nôtre. À Pétrograd, le consulat allemand avait un budget de 250.000 francs et 17 employés, le Consulat français 16.000 avec 2 ou 3 employés. =

Etude des débouchés et leur conquête : celle-ci est faite méthodiquement et minutieusement au point de vue climat, productions, régimes politique, social, monétaire et douanier ; on tient compte de la psychologie des habitants, de leurs goûts, de leurs habitudes et de leurs rapports avec leurs fournisseurs habituels.

Les émigrés allemands, même naturalisés, restent toujours allemands (loi Delbrück). Ils constituent autant de clients et de propagandistes (50.000 allemands à Paris et 200.000 en France avant la guerre) (?).

Publicité : foire de Leipzig ; celle-ci sera coneur- , rencée maintenant par les foires de Lyon et de Londres.

(1) Léon Dauper. « L'Avant guerre ».

(2) Henri Haussn. Méthodes allemandes d'expansion économique, page 202:

Catalogues illustrés, prospectus en langue du pays. avec poids, mesures et prix mis à la compréhension de tous.

Une partie de la presse étrangère, subventionnée par l'Etat ou de grosses associations industrielles et commerciales, influe sur les habitudes locales, fait de la propagande pour la Kultur allemande et recommande ses produits.

Protection de l'Etat : celui-ci met toute son influence au service de l'exportation. Guillaume IT lui-même n’était-il pas le premier commis voyageur de son empire !-

Le Patentamt examine 35.000 brevets par an qui protègent linventeur et créent une source de revenus par la vente des licences.

Concours bancaire : les banques jouent un grand rôle dans les affaires et l’industrie. Elles s'intéressent dans les industries qui leur paraissent avoir de l’avenir et si un examen technique est favorable, elles n’hésitent pas à commanditer l'inventeur avec contrôle et participation.

Elles facilitent aussi l'exportation en permettant de longs crédits par l’escompte du papier à long terme.

Les banques -allemandes cherchent à pénétrer dans les affaires étrangères et, avec un petit capital bien discipliné, à s'assurer la direction de’ces affaires. Le moyen facile est d'organiser un capital d'actions restreint et un gros capital obligations lequel n’a rien à voir dans l’administration de la société.

Transports : lignes de navigations puissantes ; la marine marchande fait 70 0/0 du commerce allemand.

Tarifs de protection soudés, terre et mer, c’est-àdire comprenant le transport par canal, chemin de fer et bateau réunis. On paye au départ de la gare ou du port le transport total, ce qui est beaucoup plus agréable pour le destinataire, d’où l'habitude allemande de vendre « caf » (Coût, Assurance, Fret) tandis que nous vendons « fob » (franco bord).

Cartels : les usines d’une même production ou de types uniformes s'entendent entre elles pour formier des Cartels. Ceux-ci ont pour but, par un contrat accepté et signé par les contractants, de refréner la

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concurrence et de régulariser le marché. Le producteur reste libre de son exploitation, il n’est tenu qu’au respect de certaines conditions communes à tous les participants. Généralement le Cartel limite la fabrication de chaque usine et fixe les prix de vente ; souvent il organise un siège de vente commune.

Pour réussir, un cartel doit représenter 80 à 90 0/0 de la production.

Les cartels diffèrent des sociétés en ce sens qu'ils n’ont pas besoin d’existence officielle. Il y en aurait 12 à 1.300 en Allemagne, d’après Hauser.

En France nous avons l'équivalent sous les noms de syndicat, comptoir, convention.

L'application des Cartels doit être favorisée, avec faculté de la taxe des produits à l’intérieur, par le gouvernement pour éviter les abus.

Dumping : méthode consistant à vendre à l'étranger une marchandise à un prix inférieur à son prix de revient. Le but est d'empêcher la création de fabriques concurrentes et de rester maîtres du marché. L’industriel reçoit en compensation de l'Etat des primes d’exportation.

C’est un « forçage économique » pouvant être momentanément utile à un pays pour développer son industrie nationale, mais il représente de gros inconvénients. |

S'il favorise quelques fabricants, il grève le budget.

Il fausse les tarifs douaniers en faisant sous-taxer les produits ad valorem. Aussi le Canada luttait-il contre cette méthode en faisant payer la taxe, non sur le prix vendu au Canada, mais le double droit sur le prix vendu au pays d’origine.

Filiales : quand un produit ne pouvait se placer par son prix en raison des droits de douane, l’Allemagne tournait la difficulté en installant dans le pays une filiale répondant aux conditions légales exigées, mais

constituée de capitaux allemands en partie, dirigée par des Allemands.

Par contrat, l'emploi des matériaux et des machines de la maison mère était imposé aux filiales, de même que la fourniture des matières premières ou ouvrées.

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