CHIMIE PHARMACEUTIQUE
Nous avons examiné l'Enseignement de la Chimie en général, voyons celui de la chimie pharmaceutique en particulier.
Normalement les Ecoles de Pharmacie devraient produire les chimistes destinés à la fabrication des produits pharmaceutiques ; au contraire, les pharmaciens ne représentent qu’une minorité dans les usines travaillant pour la pharmacie. La plupart des postes y sont occupés par les élèves des Instituts de Chimie ou de l'Ecole de Physique et Chimie.
Pourtant nous ne trouvons qu’à l’Institut Pasteur un laboratoire de chimie se rapportant spécialement à la pharmacie, le laboratoire de chimie thérapeutique.
Pourquoi cette situation?
Pourquoi est-ce le chimiste général qui fait les produits pharmaceutiques et non le pharmacien?
Parce que tout l’enseignement pharmaceutique de l’officine ramène l'élève au détail, celui de l'Ecole à la théorie pure et surtout parce que l’Etat mal renseigné n’a pas voulu qu'il en fut autrement.
Le stage, quand il comportait 3 années d’études, permettait à l'élève de faire toute la liste des préparations galéniques du Codex et quelques produits chimiques simples. Le praticien avait généralement un laboratoire bien installé, mais aujourd’hui, la proportion d’officines possédant seulement un alambic est très faible et avec le stage d’un an il faut bien convenir que 9 fois sur 10, le jeune étudiant arrivera à l'Ecole de Pharmacie sans jamais seulement avoir fait de distillation.
Son apprentissage pratique se sera limité surtout aux manipulations magistrales, au travail du comptoir, aux reconnaissances de simples et de composés, à con-
naître le Codex et à apprendre à recevoir et servir le client.
Et il ne peut en être autrement en si peu de temps.
Les études sont forcément faites en vue de satisfaire aux examens, et aux besoins de l’exercice courant de la profession.
Quand la thérapeutique était limitée aux produits naturels, le stage était nécessairement plus long, car le nombre de matières premières à connaître était plus grand, les préparations galéniques étant beaucoup plus nombreuses. Le praticien, assisté de son, ou de ses élèves, préparait la majeure partie des médicaments dont il avait besoin, l’élève faisait forcément beaucoup de laboratoire.
Avec le développement intensif des produits synthétiques, le Codex a dû abandonner beaucoup de simples et d'anciennes formules ; sa partie « Pharmacie Galénique », s’est beaucoup réduite, tandis qu'augmentait considérablement la « Pharmacie Chimique ».
Ne pouvant préparer la plupart des nouveaux médicaments, ayant de moins en moins de produits galéniques à faire, le pharmacien délaissa peu à peu son laboratoire, puis l’abandonna tout à fait. Il vendit ses alambics pour éviter les tracasseries de la régie et dans la plupart des pharmacies, le laboratoire traditionnel est actuellement remplacé par un magasin de réserve.
L'élève a donc tout juste le temps de se familiariser avec le mouvement intérieur d’une officine et d'apprendre à connaître son Codex.
À l'Ecole de Pharmacie, le programme est très chargé et la partie chimique y tient une large place : chimie minérale, chimie organique, chimie analytique, chimie-biologique, pharmacie chimique, physique, pharmacie galénique, botanique, zoologie, matière médicale, cryptogamie, micrographie, microbiologie, hygiène, hydrologie, éléments de minéralogie et de géologie, notions de législation et de déontologie pharmaceutiques.
Pendant les 3 premières années, les travaux pratiques comportent des exercices de chimie générale et pharmaceutique, d'analyse qualitative et quantative, de physique de micrographie, la parasitologie, et les