‹ De L'Industrie Chimique PharmaceutiqueChapitre 109 sur 113 · PROGRAMME D'APRÈS GUERRE · texte numérisé non relu

PROGRAMME D'APRÈS GUERRE

Des mesures nécessitées pour développer nos industries chimiques, les unes relèvent des pouvoirs publics, les autres de l'initiative privée.

Nos dirigeants sont trop éclairés pour ne pas reconnaître l’importance de la chimie dans l’industrie actuelle, la guerre l’a surabondamment, démontrée, et la nécessité de donner à celle-ci l'assistance officielle dont elle a besoin pour se développer.

Tous les intéressés : chefs d'industrie, professeurs, chimistes, commerçants, sont prêts à collaborer à cette œuvre et ils réclament unanimement le concours de l'Etat dans certaines branches, sa protection dans d’autres.

Enseignement : c’est d’abord l’enseignement qui a besoin d’être modifié. Il ne saurait échapper à l’évolution économique de la spécialisation ; à l’école comme à l'atelier, il faut arriver à la division du travail pour obtenir le meilleur rendement. Notre enseignement chimique trop technique doit devenir plus pratique, plus réaliste.

En dehors des facultés des Sciences dont les élèves se destinent de préférence à l’enseignement, nous n’avons que les Ecoles de Chimie appliquée. Ces dernières inculpent bien au futur chimiste une mentalité industrielle, mais elles lui laissent ignorer tout de l'usine dans laquelle il devra faire en arrivant un apprentissage des besoins particuliers de l’industrie qu’il a choisie ou acceptée et de l'outillage dont il faudra se servir.

Il n’est pas possible de faire des cours spéciaux pour toutes les industries, mais il doit en être fait pour les principales et dans les régions où ces industries sont développées, l’enseignement limité a une seule branche permettant d'entrer dans tous les détails de la fabrication. d

Des ateliers adjoints aux laboratoires complèteraient parfaitement le matériel nécessaire du chimiste, pour se familiariser avec l'outillage et la fabrication.

Il ne serait pas gêné en sortant de l'Ecole par la dispro-

portion des appareils de l’usine avec le matériel du laboratoire.

Les cours, les travaux pratiques devraient être dirigés par des hommes ayant les connaissances spéciales voulues, acquises dans l’industrie même.

Il serait nécessaire qu'il y ait parallélisme entre les cours, les conférences et les travaux pratiques de façon que la théorie des cours trouve son application dans les essais au laboratoire le jour même ; la leçon profiterait bien davantage.

Dans le cas où l'installation d’appareils réels serait impossible ou trop difficile à résoudre, les professeurs pourraient montrer dès réductions fournies à titre de réclame par les fabricants ou faire des projections cinématographiques. Nous estimons qu'il y a là une méthode de démonstration très attrayante qu'il sera utile de diffuser à tous les degrés de l’enseignement.

Le personnel nécessaire à l’industrie chimique est classé en 3 catégories (1).

Les Ingénieurs chimistes constituant l'Etat Major,

directeurs, etc., doués d’aptitudes et pourvus de connaissances générales physiques, mécaniques, chimiques et professionnelles leur permettant de diriger les usines.

Les Chimistes de recherches, les novateurs, les

créateurs destinés à tous les travaux du laboratoire, à la création de produits nouveaux, l’amélioration des . moyens de fabrication, la bibliographie et les publications scientifiques. L'AUr

Les Chimistes industriels ou applicateurs des

procédés découverts par les précédents ; ils comprennent du manipulateur au chef de fabrication.

Ces trois groupes se complètent Tous les trois sont nécessaires à l'harmonie et à la prospérité de l'industrie.

À ces trois fonctions nécessaires doivent correspondre trois enseignements.

Le premier est donné par Polytechnique, Centrale et en partie par les Ecoles de Chimie appliquée ;

(4) Voir dans «l'Enseignement de la Chimie Industrielle en France » par

Eugène GRanpmouGiN, l'opinion de Le Cnarezrær, page 122, de M. BARDILLION, directeur de l’Institut de Grenoble, page 134, de M. BLonpez, page 169.

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