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le 2e est donné par les Ecoles de Chimie appliquée, mais incomplètement puisqu'il s'arrête aux connaissances générales ;
quand au 3 « il n’est pas à réformer, il est à créer » dit M. André Pelletan sous-directeur de l'Ecole des Mines (1). La réalisation du projet Astier résoudrait la question.
Le Gouvernement doit donc compléter l’enseignement supérieur et créer l’enseignement professionnel proprement dit.
Celui-ci doit être organisé de façon à former des techniciens autant qu'il y a d'industries. A côté des scientifiques, il faut des chimistes qui soient de bons ouvriers spécialisés.
M. Charles Cornu, dans Mercure de juillet 1916, page 11, préconise un plan de réforme de l'Enseignement qui nous paraît bien conçu :
Deux années de chimie générale dans un institut d'Enseignement général, deux années de spécialisation dans une école d'application, laquelle devrait constituer une usine modèle.
Les charges budgétaires seront si élevées après la guerre, l'Etat aura tellement à faire pour la restauration des pays envahis, tâche la plus urgente, qu'il ne pourra apporter aux réformes à faire l’aide financière suffisante.
Le devoir des industriels est de le seconder ; ceux qui ont travaillé pour la guerre ont gagné beaucoup d'argent, ils ont fait des réserves considérables, il serait logique qu’ils en mettent une part au service, du développement de la science et de la rénovation de leur pays.
Non seulement ïls devraient subventionner les écoles officielles, créer des prix, des bourses, mais ils devraient aussi créer des Instituts de recherches libres. Forcément, l’enseignement officiel sera toujours à peu près uniforme, tandis que dans un institut libre, il suivra la direction que lui imprimeront les professeurs qui ne sont guidés que par leurs travaux et leurs recherches. Ces derniers, au lieu d’être obligés de préparer des concours sur un programme déterminé pour
(1) Charles Cornu. Mercure, juillet 1916, page 11 (Réforme de l'Enseignement dela Chimie). ‘
arriver à l’agrégation, pourraient être choisis d’après leurs travaux personnels et le renom qu'ils se sont acquis.
. À côté de l'Ecole officielle, l'Ecole libre ; il en naitrait forcément une émulation pour le plus grand bien de l’enseignement et des élèves. :
Le rôle social du chimiste étant insuffisamment développé en France, la Presse a un rôle important de propagande à remplir ; il lui faut faire accorder av chimiste un rang social équivalent à celui de l’ingénieur et pour cela publier plus qu’elle ne le fait, les travaux et les découvertes de nos chimistes en appelant l'attention sur les résultats économiques qui en découlent. Elle devra inculquer le goût de la recherche et du laboratoire aux jeunes gens fortunés.
À créer cet esprit nouveau, nos industriels doivent collaborer en faisant passer des articles dans les journaux dont ils sont actionnaires.
Personnel: admettons l’enseignement technique organisé, le personnel ne manquera pas, surtout si la profession chimique paie bien. Les industriels n’ont qu’à faire de meilleures situations à leurs chimistes ; la formule la meilleure est la participation aux bénéfices avec un coefficient proportionnel à l’apport de chaque partie dans la réalisation des dits bénéfices. Ce coefficient peut être difficile à établir dans certains cas, mais avec la pratique on y arrivera. En tout cas le principe en est indiscutable et il doit être établi.
Après la guerre, il y aura pénurie d'hommes en France. Les femmes ont montré par leur travail dans les usines ce qu'on pouvait attendre d'elles. Elles sont tout indiquées dans les postes subalternes ne demandant que de l’attention, de la minutie, de la précision et de la régularité. Grandmougin en recommande particulièrement l’emploi dans les laboratoires de chimie. Naturellement, les postes importants resteront tenus par les hommes qualifiés par leurs connaissances et leurs. aptitudes spéciales.
Outillage : notre grand défaut est la routine ; nous travaillons souvent avec un outillage défectueux dont le rendement est mauvais, mais la peur de sacrifier un mauvais outil, de perdre un capital, nous le fait
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conserver au risque de produire dans de mauvaises conditions et d’être battu par la concurrence
Il faudra une autre conception car l'avenir appartiendra à celui qui produira le meilleur marché et qui par conséquent sera le mieux outillé.
Noûs sommes en retard, mais la paix va mettre à notre disposition de nombreuses usines qui peuvent être assez rapidement transformées pour la fabrication des produits chimiques nécessaires à la grosse industrie, la pharmacie, la parfumerie.
Jusqu'à présent, presque toutes les matières premières étaient réquisitionnées pour la défense nationale‘ mais maintenant on peut envisager la préparation et la fabrication de l'outillage demandé par l’industrie privée. Faisons en sorte que notre période de préparation ne soit pas longue et que les plans soient bien arrêtés.
Nos ouvriers sont ingénieux et nul doute qu'avec le concours des chimistes, ils n'arrivent à nous doter rapidement des appareils nécessaires aux fabrications organiques.
Protection douanière : bien que libre-échangiste par conviction, nous reconnaissons la nécessité, pendant le temps d'organisation nécessaire à notre industrie de tarifs protectionnistes ; non seulement sur les produits terminés, mais aussi sur ceux en voie de transformation et proportionnellement à leur valeur réelle.
Comme cette mesure n’aura d'effet que pour ce qu! est de la consommation nationale, elle devra être tem po-
raire, avec droits dégressifs sous peine de peser sur le consommateur.
La concurrence devra se faire surtout à l’exportation, nous devrons nous organiser pour lutter à armes
égales et nous préparer pendant la période de protection.
Brevets : la législation devra être modifiée de façon. à permettre à l'inventeur d’un produit pharmaceutique de faire breveter son procédé de fabrication comme pour tout autre produit, c’est l'opinion d’Auger, de Fourneau, et de Tiffeneau.
Régime de l Alcool : la régie devra se montrer assez
large dans le choix des dénaturants de fabrication ; elle devra reconnaître la perte d'alcool subie dans les transformations chimiques et dans les manipulations pharmaceutiques, afin de ne pas charger indûment nos prix de revient.
L'Etat devrait stabiliser les cours chaque année comme le fait la « Centrale » en Allemagne et chercher à en abaisser le prix de revient par des avantages faits à la culture. Les industriels pourraient collaborer à l’amélioration du rendement des betteraves par des conseils éclairés de techniciens aux cultivateurs et par des primes aux meilleures cultures. Bien certainement avec des graines sélectionnées et des engrais appropriés, on pourrait augmenter le rendement à l’hectare ; il n’y a aucune raison pour qu’on ne rattrape pas l'Allemagne dans cette voie, même si on est obligé d'acheter la potasse chez elle ; donc on doit le faire.
Réorganisation des consulats : ceux-ci doivent être développés dans le sens commercial. Le Consul doit être le guide permanent de l’exportateur et non simplement le représentant honorifique de la France ; le commerce est le meilleur levier pour aider à l’expansion économique et propager l'influence de notre pays.
Offices de renseignements : à côté du Consul, nous . sommes heureux de voir des services de renseignements comme « lOffice National du Commerce extérieur », 3, rue Feydeau, à Paris, patronné par la Chambre de Commerce de Paris, et des associations ayant pour but de développer notre commerce extérieur, créées depuis la guerre, comme l'Association Nationale d’Expansion Economique, fa Fédération Française du Commerce International, la Ligue Nationale Française de Défense Industrielle et Commerciale. L'Association Nationale d’'Expansion Economique fonde une société commerciale « France Expansion » au capital de 5 millions pour organiser pratiquement les services de renseignements.
Ces Sociétés doivent être soutenues et leurs services doivent être utilisés par les industriels pour développer leurs exportations.
Auger, dans son rapport sur les Matières Colorantes, demande comme supplément d’informations, que le
Ministère du Commerce organise un service de statistique chimique industrielle et commerciale, portant sur les usines, leur production, l’état du marché intérieur et les prix moyens pratiqués sur les matières premières et sur celles fabriquées.
Transports : augmenter les moyens de transport et surtout la navigation, beaucoup plus économique que le chemin de fer, pour ce qui est du service intérieur.
Quant à ce qui est de l’exportation, l’état de notre marine marchande était si précaire avant la guerre qu'il ne faisait vraiment pas honneur aux directeurs des Compagnies ; il est urgent que ceux-ci adoptent une conduite plus énergique, afin de ne plus être tributaires du fret étranger.
Il serait à souhaiter que ces compagnies soient moins administratives, moins routinières, plus commerçantes et qu’elles aident au commerce par la création de tarifs combinés avec les compagnies de chemin de fer permettant d’expédier à l'acheteur franco tous droits en gare ou à quai.
Concours bancaire : la méthode suivie par les banques jusqu’à ces années dernières, sévèrement jugée par l’opinion publique a été traité par Lysis, comme elle le mérite.
Revenus à une conception plus nationale, nous
espérons voir la création de banques de crédit pour l'exportation.
Les Allemands avaient ici l'avantage ; la France a des capitaux, l’organisation bancaire nouvelle devra
répondre aux besoins du commerçant travailleur, entreprenant et audacieux.
Concentration et accords industriels : le groupement des petites usines est absolument nécessaire pour l'achat des matières premières dans de bonnes conditions, la spécialisation des fabrications, la transformation ou le remplacement des matériaux, car la maind'œuvre sera plus rare et beaucoup plus élevée. L'usine qui produira « trop cher » est destinée à disparaître.
Des accords pour la vente des produits manufacturés doivent être faits afin d'éviter une ruineuse concurrence ; des consortiums réunissant les industriels
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d'un même produit, auraient pour eux de gros avantages
achat des matières premières en commun aux meilleures conditions ;
.. conseils techniques et pratiques éclairés, tant pour l'installation et l’outillage que pour l'entretien.
Il en résulterait un meilleur rendement et un meilleur prix de revient.
Vente par l'organisme central et livraison par l’usine la plus proche du consommateur, d’où réduction des frais généraux et possibilité de vendre meilleur marché.
C’est une des conditions nécessaires pour prendre place à l’exportation.
Cette entente indispensable entre les petites usines, l’est aussi entre les grosses, car si les petites peuvent vivre encore avec Ja consommation intérieure, les grosses doivent chercher des débouchés à l'étranger.