‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 113 sur 238 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

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tache pas aux personnes qui exercent une profession toute la considération quelles méritent, il étouffe en elles les sentimcns généreux qui les portent à sacrifier leur propre intérêt à l’intérêt de leur patrie ; il crée l’égoïsme, et dès lors, l’intérêt privé dirige toutes les actions. Cette nation , jadis célèbre , aujourd’hui dispersée sur le globe, et dont les membres errans ne connoissent plus de patrie , et trouvent à peine protection en Europe , nous offre un terrible exemple de ce que je viens d’avancer. L’intérêt privé paroi t être le seul mobile de leurs actions , parce que c’est le seul qu’ils aient à défendre ; vivant au milieu des nations , ils ne participent à aucune de leurs institutions ; on leur tient à peine compfe d’un procédé délicat ; on est presque en hostilité permanente avec eux; le nom qu’ils tiennent de leurs ancêtres est flétri dans l’opinion du peuple. Doit - on s’étonner qu’étant ainsi isolés, repoussés et rendus étrangers à tout intérêt public, il s’en trouve parmi eyx qui ne consultent que les circonstances ,et tâchent d’en profiter pour les faire tourner à leur seul avantage ?

224 DK L'INDUSTRIE FRANÇOISE.

Pour bien juger de ce que peut la considération sur le commerce, il suffit de porter ses regards sur l’Angleterre : là, le fils d’un pair ne rougit pas de s’asseoir au comptoir de ses ancêtres ; et lorsqu’il est appelé , à son tour* à prendre sa place au parlement, il remet à ses enfans le noble héritage de commerce qu’on lui avoit transmis; là, on voit souvent élever à la pairie les fabricans et les commerçans les plus distingués dans leur profession : là, tout se mesure, tout se calcule sur le degré d’utilité publique; elle seule y forme les rangs , elle seule dispense les faveurs et départit la considération : là, l’intérêt public est l’intérêt de tous, parce que tout se rattache à ce grand mobile qui imprime l’action au corps social.

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