CHAPITRE II
ou d’amélioration qu’emploient les fabricans d’un autre pays , c’est perdre l’industrie nationale. Il ne s’agit plus de savoir si l’emploi des machines condamne des bras au repos ; il suffit d’être convaincu qu’elles sont devenues nécessaires pour maintenir la concurrence et préserver notre industrie d’une ruine certaine.
Tous les efforts du fabricant doivent être dirigés vers les moyens d’améliorer sa fabrication , de perfectionner ses produits, d’apporter plus d’économie dans ses travaux, de simplifier ses procédés : ce n’est que par là qu’il peut se promettre des succès durables et constans.
Le fabricant doit étudier le goût trèsvariable du consommateur et y conformer ses produits : nous voyons chaque jour des branches importantes d’industrie tomber dans le discrédit, quoique la fabrication n’ait été ni négligée ni altérée, parce que, d’un côté , l’inconstance de la mode se fatigue de l’uniformité, et que, de l’autre, des étoffes d’un nouveau genre plaisent davantage au consommateur : on avoit cru, peut-être, parer à ces inconvéniens en prescrivant des règlemens de fabrication uni-
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formes et invariables ; mais le consommateur, qui seul juge et achète , se joue de ces règlemens ; il rejette les produits qui ne sont pas conformes à ses goûts , et appelle , par tous les moyens , ceux de l’étranger , au détriment de l’industrie nationale. On ne peut trop se pénétrer de cette vérité , que le fabricant ne travaille que pour le consommateur, et que , par conséquent, il doit se conformer à ses goûts.
Tant que l’industrie françoise a été asservie à des règlemens , le consommateur déversoit le mépris sur les produits de nos fabriques , et se paroit avec orgueil des productions étrangères ; mais du moment que la liberté a été rendue à l'industrie , nous sommes arrivés à un tel degré de perfection, dans tous les genres, que l’intérêt de la vanité du consommateur se confond avec celui du fabricant.
Il est des circonstances , il survient des événemens qui changent la nature de l’industrie et paralysent tout à coup des établissemens qui comptoient des siècles de prospérité : l’introduction des fabriques de coton et la grande variété de leurs tissus, ont réduit la consommation des étoffes de