‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 118 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

d’œuvre, à la facilité des débouchés ? a-t-il comparé les avantages et les inconvéniens de sa position avec ceux des fabriques dont les produits sont analogues ? Toutes ces considérations doivent être pesées et calculées d’avance, car elles entrent, comme élément, dans ses succès ou ses revers.

Le sort de chaque genre de fabrication est lié à des convenances ou à des conditions qu’il est nécessaire de réunir pour en assurer la réussite : ici, c’est le combustible qui est l’objet principal des dépenses ; là , c’est la main d’œuvre : dans l’un et l’autre cas, il faut se rapprocher de ces premiers besoins. Souvent la facilité du débit sur les lieux, la faculté de former ses approvisionnemens à peu de frais, compensent quelques désavantages de position ; mais ces considérations n’en doivent pas moins être calculées avant de s’établir.

Une industrie qui exige le concours et l’application d’une grande variété de connoissances, et des talens distingués , ne peut prospérer que dans les grandes villes, qui seules offrent cette réunion.

Une manufacture dont les produits sont de peu de valeur , doit s’établir à portée des

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matières premières et à côté du consommateur.

Comme la main d’œuvre forme la dépense principale de plusieurs genres d’industrie, celui qui peut se la procurer à plus bas prix a de l’avantage sur ses concurrens ; c’est pour cela qu’on a^vu constamment prospérer les manufactures, dont les produits peuvent être fabriqués dans les pays de montagnes ou les frimas et le repos de la terre condamneroient les habitans à rester oisifs, pendant plusieurs mois de l’année, s’ils ne s’exerçoient à quelque genre d’industrie casanière. Ici, ils fabriquent des rouages d’horlogerie ; là , ils sculptent des jouets d’enfant; ailleurs, ils tissent des toiles ou des serges ; et, sur les montagnes de Tarare, ils fabriquent des mousselines qui rivalisent avec les plus belles de l’Inde.

Dans ces montagnes où aucun genre de luxe n’a pénétré , et dont l’habitant n’est jamais détourné de son travail par ces écarts de conduite qui altèrent la moralité de l’ouvrier des villes , le salaire est à bas prix ; et si les travaux de fabrique vien nent à languir, l’existence des habitans, qui repose sur la sobriété, n’est jamais compromise , et la

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