‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 157 sur 238 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

sin linéaire, on pourroit former dans chaque ville une ou plusieurs écoles publiques dans lesquelles la jeunesse seroit reçue dès l’âge de dix ans.

L’étude du dessin me paroîtdu plus grand intérêt pour le progrès des arts : dans chaque métier on est tenu d’exécuter des formes ou des figures, dont il importe de connoître le nom et les proportions; l’étude du dessin peut seule les rendre familières aux artistes : on peut sans doute parvenir aux mêmes résultats avec le secours de l’équerre, du compas et autres instrumens en usage; mais quelle différence entre l’homme dont l’oeil et la main sont exercés, et celui qui n’est guidé , dans son travail, que par des machines ! l’un se rend compte à lui -même d’avance, et peut soumettre ses projets, avant l’exécution, soit au propriétaire qui ordonne le travail, soit à l’homme instruit qui peut l’éclairer de ses conseils, tandis que l’autre ne peut juger que lorsque l’opération est consommée. Tout le monde sait ce que peut l’étude du dessin pour perfectionner nos organes ; on leur donne une précision presque égale à celle des instrumens : cette précision appliquée aux arts, en rendra les

procédés plus faciles, fera apporter plus de correction dans les formes , concourra à mettre plus d’harmonie dans l’ensemble, et en faisant mieux connoitre les dimensions des pierres , des métaux, des bois, des étoffes , des cuirs, etc. , elle procurera de l’économie dans leur emploi. M. ie comte de Cazes, animé d’un zèle éclairé pour les arts , a établi à Libourne une école de dessin linéaire, qui a déjà les plus heureux résultats.

Ces écoles primaires, destinées à instruire la première jeunesse, me paroissent présenter d’ailleurs de grands avantages pour la société; car, outre qu’elles donneroient de bonne heure le goût de l’application, elled étoufferoient le germe de tous les vices que développent trop souvent le vagabondage et le manque de surveillance; elles feroient Connoitre les dispositions des élèves , marqueroient d’avance la place qu’ils doivent occuper parmi les artistes , et le genre d’industrie auquel ils peuvent se livrer. C’est dans ces pépinières qu’on prendroit les jennes gens que le gouvernement fait instruire, à ses frais, dans les écoles d’arts et métiers à Châlons et à Angers; c’est encore là que les manufacturiers pourroient faire

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