CHAPITRE VIII
intervenir dans un contrat où les parties stipulent librement pour leurs intérêts , et en eonnoissance de cause ?
De tout temps , les gens raisonnables se sont prononcés contre le régime prohibitif: je me bornerai ici à faire connoître les plaintes que le tiers-état a présentées aux états-généraux de i6i4- Il demande au roi que toutes les maîtrises érigées depuis les états tenus en la ville de Blois , en 1 5j6 , soient éteintes , sans que , par ci après, elles puissent être remises , ni aucune autre de nouveau établies ; et soient ces exercices desdits métiers laissés libres à vos pauvres sujets.
Que tous édits d'arts et métiers, ensemble toutes lettres de maîtrises ci-devant accordées en faveur d'entrées , mariages , naissance , régences des rois et reines , leurs enfans , ou d'autres causes quelles qu elles soient , soient révoquées , sans qu’à l’avenir il soit octroyé aucune lettre de maîtrise , ni fait aucun édit pour lever deniers sur artisans pour raison de leurs arts et métiers , et ou aucunes lettres de maîtrises ou édits seront faits et accordés ; au contraire, soit enjoint à vos juges n’y avoir aucun égard.
Que les marchands et artisans, soit de mé-
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lier juré ou autres métiers, ne donnent ou ne payent aucune chose pour leur réception , lèvement de boutique ou autres, soit aux officiers de justice et visiteurs de métier et marchandises , et ne fassent banquet et autres dépenses quelconques , ni même pour droits de confréries ou autrement , sous peine de concussion à Vencontre desdits officiers , et de cent livres d’amende pour chacun desdits jurés ou autres qui auront assisté au banquet, pris salaire , droits de confrérie ou autres choses.
On ne peut donc pas dire que les maîtrises aient de tout temps reçu l’approbation publique; et, si elles ont existé pendant des siècles, c’est moins l’opinion qui les a conservées que l’intérêt des maîtres privilégiés.
Il faut que le régime de la liberté soit bien favorable à l’industrie, puisque, au milieu des événemens qui paroissoient devoir en étouffer tous les germes, on l’a vue s’étendre, se perfectionner et prospérer. Les guerres désastreuses que nous avons eues à soutenir dépeuploient les ateliers; le vieillard descendoit dans la tombe sans trouver auprès de lui un seul de ses enfans à qui il pût léguer le fruit de son expérience; les