‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 17 sur 238 · CHAPITRE I. 3f · texte numérisé non relu

CHAPITRE I. 3f

personnes employées dans les imprimeries qu’il n’y avoit autrefois de copistes.

D’ailleurs, il n’est pas au pouvoir d’une nation, qui veut avoir une industrie manufacturière, de ne pas adopter les machines dont on se sert ailleurs : elle ne pourroit ni faire aussi bien , ni vendre au même prix ; et, dès lors, elle perdroit sa fabrication : c’est donc aujourd’hui un devoir que de les employer , et l’avantage reste à celui qui a les meilleures.

Nous sommes loin encore d’avoir en France cette profusion de machines qu’on voit en Angleterre : dans ce dernier pays on les emploie à tous les travaux; on y remplace partout la main de l’homme par des mécaniques : les pompes à feu sont le mobile de toutes les opérations dans les ateliers; et cependant une grande partie de la population y vit du travail de l’industrie manufacturière. Si nous n’avons pas donné une aussi grande étendue à l’application des machines que Font fait les Anglois , c’est que la main de l’ouvrier est moins chère cb<ez flous, et que le bas prix du combustible en Angleterre permet d’y employer partout, avec avantage, les machines à vapeur.

32 DE l’industrie FRANÇOISE.

La fabrication des bonnes machines de précision , dont la justesse, la solidité et la simplicité font le principal mérite, n’étoit point portée en France , jusqu’à ces derniers temps , au degré de perfection où elle étoit parvenue en Angleterre ; et nous étions tributaires de cette nation pour tous ces objets, tels que lunettes, instrumens de physique, etc.

Ce genre d’industrie suppose, de la part de l’artiste, des connoissances étendues de mécanique , quelques notions de calcul , une grande habileté dans le travail , et des lumières sur les principes de l’art. Cette réunion de qualités nécessaires pour composer un bon instrument , se trouve rarement dans un artiste; et ce n’a été qu’à l’époque où l’étude des sciences est devenue plus générale, et les rapprochemens plus intimes entre les savâns et les artistes, que ceux-ci sont arrivés à un grand degré de perfection dans leur art.

M. Bréguet a considérablement perfectionné l’art de l’horkogqrie : non-seulement il exécute des garde-temps d’une grande précision , mais il a fait des améliorations importantes au travail des pièces qui en-

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