‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 188 sur 238 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

tion avoit été libre , et que nos manufactures eussent pu suivre les progrès de l’industrie étrangère, et se conformer partout au goût du consommateur.

Le commerce des draps dans le Levant, a des formes et des usages qui lui sont particuliers; il faut se plier à ces formes pour l’y établir avec succès. Les dimensions qu’on donnoit à nos draps étoient conformes aux besoins des habitans qui en confectionnoient leurs vêtemens sans aucune perte d’étoffe; et comme la forme de ces vêtemens est invariable , il faut qu’on n’introduise aucun changement ni, dans la longueur ni dans la largeur des draps, qui jusqu’ici y ont été reçus favorablement.

On doit observer encore que la qualité des draps doit être constamment bonne et uniforme, parce que la vente ne s’en fait pas au détail, mais par ballots, pour être expédiés par les caravanes, et qu’il est presqu’impossible de visiter chaque pièce, pour juger du mérite de l’étoffe et de ses dimensions.

C’est donc un commerce de confiance , un commerce qui a un caractère à lui; et je pense que pour le reconquérir, il faut don-

364 UE i/iNDUSTRIE FRANÇOISE, ner un titre au fabricant, d’après lequel il puisse constater, aux yeux du Levantin, que les draps qu’il expédie sont conformes aux anciens dans la qualité et dimensions. Par ce moyen , le fabricant, persuadé que notre commerce a été perdu dans le Levant, parce qu’on s’est écarté dès règlemens de fabrication , pourra rentrer dans ses anciens procédés , tandis que celui qui n’aura pas la même opinion variera sa fabrication et fera ses expéditions d’étoffes nouvelles, sans garantie de la part du gouvernement.

Pour remplir cet objet il suffiroit , je pense, que les chambres de commerce ou de manufactures, dans les villes où sont situées les fabriques, fussent autorisées à nommer trois anciens fabricans qui, après avoir constaté que la qualité et les dimensions des draps sont conformes à celles de la fabrication ancienne, apposeroient un sceau de garantie sur chaque pièce et sur chaque ballot. Les vérificateurs inscriroient sur un registre les noms des fabricans , le nombre de pièces qu’ils auroient marquées, et de celles qu’ils auroient rejetées.

Le gouvernement feroit connoître , par son ambassadeur et les consuls dans les

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