CHAP1T11E XI
échelles, que les draps revêtus de son sceau sont conformes à la fabrication de ceux qui avoient fait notre réputation dans le Levant.
Les décrets du 21 septembre 1807, et du 9 décembre 1810, ont été rendus sur les représentations des chambres de commerce de Marseille, Carcassonne et Montpellier T ils prescrivent , pour chaque qualité d’étoffe, le nombre de fils, la largeur et longueur du drap et la couleur des lisières ; ils organisent des bureaux pour vérifier et apposer une estampille nationale sur les draps qui pourront être présentés ; ils désignént les ports par où se feront les expéditions, et reproduisent presque toutes les entraves des anciens règlemens , si ce n’est qu’ils laissent la liberté de recourir ou de ne pas recourir à l’estampille.
La plupart des formalités prescrites par ces décrets sont inutiles ou Vexatoires ; il suffit de constater que la qualité et les dimensions des draps sont conformes aux anciennes, sans toutefois prescrire un- mode invariable de fabrication , comme on le fait, en déterminant le nombre des fils qui doivent entrer dans la chaîne.
La garantie qu’on peutdonner à u n produit
366 DE l’iNDBSTRIJË FRANÇOISE, de fabrique, de quelque nature qu’il soit, me paroît réunir l’intérêt du fabricant à celui de l’industrie ; elle cimente et rend durables ces relations de bonne foi qui sont la base de la prospérité d’un commerce réciproque; je n’en citerai que deux exemples.
Avant la révolution il y avoit dans le Languedoc des inspecteurs qui constatoient le titre des eaux-de-vie destinées à l’exportation , et ne laissoient embarquer que celles qui avoient le degré porté sur la facture. La vérification du titre étoit faite avec des pèse - liqueurs auxquels l’administration éclairée des états de la province avoit fait donner les plus grands degrés de précision. Nos eaux-de-vie avoient obtenu la plus grande faveur dans le nord de l’Europe, où il s’en faisoit une énorme consommation ; elles étoient constammentet invariablement au même titre. D’un autre côté, les eaux-devie d’Espagne, quoique de bonne qualité, ne jouissoient à l’étranger d’aucune confiance > parce que les moyens d’épreuves y étoient imparfaits et qu’elles présentoient des degrés de force très - variables : pendant long -temps nos marchands du midi ont acheté les eaux-de-vie d’Espagne pour les