CHAPITRE XI
mettre au titre et les exporter ensuite sans distinction avec celles du pays. Mais du moment que les Espagnols ont eu adopté nos moyens de vérification pour n’expédier leurs eaux-de-vie qu’à des degrés constans , ils ont pu se présenter sur les marchés du nord concurremment avec nous , et , deux ou trois ans avant notre révolution , leur commerce d’eau-de-vie étoit devenu considérable.
La fabrication des savons à Marseille , avoit joui, jusqu’à ces derniers temps, d’une réputation méritée; mais quelques fabricans avides et des marchands peu délicats étoient parvenus à les altérer de manière à tromper et à dégoûter le consommateur : l’un faisoit entrer de l’argile blanche dans leur composition ; l’autre substituoit la graisse à l’huile d’olive ; l’épicier dissolvoit les pains de savon dans l’eau, et, par une opération facile, ,'doubloit le poids du bon savon qu’il avoit acheté : le gouvernement a dû réprimer toutes ces fraudes, et il est intervenu trois décrets à ce sujet; l’un du ier avril 1811 , l’autre du 18 septembre de la même année, et le troisième, du 22 décembre 1812. Ces décrets laissent toute latitude à la fabrica-
368 DE L1NDUSXRIE FRANÇOISE, tion ; mais ils exigent que chaque facricant appose une marque sur chaque brique de savon, portant ces mots: huile d’olive , huile de. graine , ou suif ou graisse , selon que le savon est composé avec l’une ou l’autre de ces substances. Le décret du 22 décembre 1612 , accorde une marque particulière à la fabrique de Marseille pour ses savons à l’huile d’olive ; cette marque présente un pentagone dans le milieu duquel se trouvent, en lettres rentrées, ces mots, huile d’olive, et à la suite, le nom du fabricant et celui de la ville.
Les prud’hommes des villes où il y a des fabriques de savon , ont le droit d’inspection sur tous les magasins et dans les lieux de débit , pour surveiller l’exécution des dispositions contenues dans les décrets. Les contraventions sont portées devant les tribunaux comme matières de police.
Lorsque le gouvernement se bornera , ainsi que nous venons de le proposer, à fournir une garantie au consommateur dans les seuls cas où il peut être trompé par le fabricant, il maintiendra la bonne foi dans les manufactures , et laissera à l’industrie tout son essor ; il cimentera la confiance