‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 197 sur 238 · CHAPITRE XIT. Z'JC · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIT. Z'JC

Hindret et Van-Robais , deux des fabricans les plus renommés dans ces deux genres d’industrie ; mais il se garda bien de leur accorder des privilèges , parce qu’il vouloit que la nation jouît le plus tôt possible de tous les avantages de ces deux branches de prospérité : il fixa Hindret, qui importait le métier à bas, au château de Madrid, dans le bois de Boulogne, et Van-Robais à Abbeville : il leur forma des établissemens convenables , les assortit de tout ce qui leur étoit nécessaire, accorda quelques privilèges temporaires aux produits de leurs fabriques, et leur confia l’apprentissage de nombreux élèves , auxquels il donnoit un métier, lorsqu’ils étoient suffisamment instruits, pour aller porter et propager l’industrie sur tous les points de la France. De cette manière, et en peu d’années, il établit dans leroyaumeces deux genres de fabrication qui sont devenus deux des principales sources de sa richesse.

Le génie de Colbert varioit la législation sur l’importation d’un procédé de l’industrie étrangère , d’après la nature de l’objet, l’étendue de la consommation, et l’emploi plus ou moins considérable de capitaux qu’exigeoit un premier établisse-

38o DE l’industrie FRANÇOISE, ment. C’est ainsi qu’en 1 665, il fut accordé un privilège pour l’importation de l’art de souffleries glaces qui, jusque-là, n’avoit été pratiqué qu’à Venise, et un second en 1668, pour les glaces coulées. Ces deux privilèges furent réunis, par le successeur de Colbert, en i6q5 ; en 17^5 on en donna à une compagnie connue sous le nom d’Antoine Dagincourt; et, en 1757, Louis Renard en obtintun nouveau, sous la condition expresse qu’il diminueroit le prix des glaces , conformément à un tarif arrêté entre lui et le gouvernement.

En 1 755 on autorisa Charles Adam à fabriquer de la porcelaine , façon de Saxe , peinte et dorée, avec privilège de vingt ans. L’établissement fut formé dans le château de Vincennes.

Ces privilèges étoient nécessaires , sans doute, dans un temps où l’industrie étoit dans son enfance ; mais aujourd’hui que les lumières ont pénétré partout, aujourd’hui que les communications entre les peuples se sont étendues , l’importation d’un procédé ne suppose pas un grand mérite , et le privilège exclusif de l’exploiter pendant quinze ans, me paroît une atteinte portée à la liberté de l’industrie et au bien de la société.

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