‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 199 sur 238 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

cas, ou le gouvernement doit payer cette redevance et transmettre la liberté de ce commerce à tous ses sujets, ou privilégier une compagnie qui se charge de tous les frais.

A mesure que le commerce a pénétré dans ces pays sauvages, il y a introduit peu à peu la civilisation : les rapprochemens , l’intérêt commun ont lié successivement les peuples, et il est peu de contrées , aujourd’hui, où les relations commerciales exigent les précautions qui étoient nécessaires autrefois.

La compagnie des Indes a été la plus puissante de toutes celles qui ont existé : l’immense population de ces vastes contrées consommoit une partie des produits de notre industrie , et la fécondité du sol nous offroit, en retour, des productions aussi variées qu’utiles. Le traité de Paris a changé notre position ; quelques places démantelées, la perte de l’Ile-de-France qui auroit pu mettre à Fahri nos achats et notre marine, ne laissent plus au commerce aucune sûreté ; et le négociant qui dirige aujourd’hui ses spéculations vers l’Inde , ne risque ses capitaux qu’en tremblant, puisque le premier

coup de canon tiré en Europe doit être le signal de sa ruine. Au reste , les productions de l’Inde ne présentent pas pour nous le même intérêt, depuis que nous sommes parvenus à fabriquer dans nos ateliers presque toutes les variétés de tissus qu’on en exportoit autrefois; mais ce n’est pas moins une perte pour notre commerce d’environ trente millions par an.

On ne peut pas nier que les compagnies n’aient rendu des services réels : elles ont ouvert le chemin au commerce , ont fait connoître et apprécier nos produits, et levé les difficultés sans nombre qu’ont présentées les premières relations; elles ont défriché , pour ainsi dire, le sol commercial; mais je crois qu’il est de l’intérêt public de laisser aujourd’hui l’exploitation du commerce de toutes les nations à la liberté. Le particulier qui agit pour son propre compte, est toujours plus économe et plus industrieux que des compagnies.

Les longues et vives discussions qui se sont élevées, vers la fin du dernier siècle , pour ou contre les compagnies privilégiées , ont constamment offert des résultats favorables à la liberté du commerce. Le

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