CHAPITRE XII
tableau du commerce de l’Inde, pendant les années où il a été régi par une compagnie, comparé à celui des années où il a été libre, est en faveur de ce dernier, comme on peut le voir dans l’état joint à la page 1 3i du premier volume de cet ouvrage.
Je ne pense pas qu’il s’agisse jamais d’assujettir le commerce à opérer ses retours dans un seul port; il y avoit peut-être quelque raison particulière pour n’effectuer ceux de l’Inde que sur le port de Lorient, lorsque nous pouvions appeler l’Europe à nos marchés, lorsque des monceaux de marchandises exigeoientdes magasins immenses qu’on ne trouvoit que là, lorsque l’intérêt d’une compagnie qui ouvroit ses ventes à des époques fixes se trouvoit dans la concurrence des acheteurs. Les temps ne sont plus les mêmes , et il faut laisser au propriétaire de la marchandise le soin de choisir ses marchés; il se rapprochera du consommateur de manière à concilier les intérêts respectifs.
Indépendamment de ces privilèges accordés à des particuliers ou à des compagnies , il en existoit encore, avant la révolution, en faveur des provinces et des villes : les
386 DE ^INDUSTRIE FRANÇOISE, premiers ne doivent pas nous occuper ; c’étoient, ou des faveurs qu’-on avoit successivement accordées à certaines localités , ou des conditions stipulées dans les contrats de leur réunion à la France. Il n’existe plus aujourd’hui qu’une même loi pour tous les François , et ces exceptions ne peuvent pas reparoître. Mais comme les privilèges donnés à des villes maritimes intéressent le commerce, nous croyons devoir en parler.
Nous ne reviendrons pas sur le privilège qu’avoit obtenu le port de Lorient pour les retours de l’Inde , ni sur les franchises de Marseille, Dunkerque et Baïonne; nous nous bornerons à dire un mot du privilège qui accordoit l’exploitation du commerce du Levant à la ville de Marseille.
Marseille est si bien située par rapport au commerce des échelles du Levant, que la presque totalité lui en est dévolue par sa seule position. L’existence de son lazaret lui en assure les retours pour toute la consommation du midi : ce sont là des avantages qu’aucun autre port ne peut lui disputer. Ajouter à cela un droit de 20 pour cent, pour les retours du Levant, qui se faisoient par Rouen et Dunkerque, et la