‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 203 sur 238 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

portaient chez eux par le cabotage; les Espagnols soldoient leurs achats avec des piastres ou par l’échange de quelques denrées de leur pays. En considération des communications qui existent entre la France et l’Espagne , par les gorges des Pyrénées , on étendit la franchise, non-seulement au port de Saint- Jean-de-Luz, mais à tout le territoire du pays de Labour, depuis Baïonne jusqu’aux frontières , entre l’Adour , la Nive et la mer.

La position de Marseille exigeoit la franchise du port : le voisinage des côtes de la Barbarie, de l’Italie, de la Catalogne, en présentoit tous les avantages, et la franchise de Gênes , de Livourne et de Trieste , en démontroit la nécessité. Cette vérité avoit été sentie de tout temps : les comtes de Provence avoient accordé des privilèges considérables à son commerce , des actes de iôqôles avoient confirmés ; mais les besoins du trésor public, et l’intérêt peu éclairé qu’on accorda au commerce pendant un siècle et demi, multiplièrent tellement les droits, donnèrent lieu à tant de vexations, que les étrangers, ne trouvant plus ni protection ni liberté dans ce port, s’en éloignèrênt et

3qO DE i/lNDUSTRIE FRANÇOISE,

furent enrichir le marché de Gênes et celui de Livourne. Par un édit de 1669, Colbert organisa la franchise dans toute sa pureté : dès lors la ville et tout son territoire ne furent plus qu’un vaste entrepôt , où tout entroit et d’où tout sortoit sans presque remplir aucune formalité. Néanmoins le commerce du Levant fut soumis à un droit decinqpourcent, pour fournir au traitement des consuls dans les échelles. Peu après , divers articles furent soustraits de la franchise, tels que les sucres et les cafés étrangers; en 1703, l’entrée de Marseille fut fermée aux toiles des Indes, aux lainages et aux produits des tanneries venant de l’étranger : ainsi la franchise fut successivement restreinte , et la ville de Marseille a dù sa prospérité , bien moins encore à sa franchise qu’au privilège exclusif qu’on lui accorda pour le commerce du Levant; en effet, on frappa de 20 pour cent toutes les importations du Levant sous pavillon étranger , et toutes celles qui se faisoient par un autre port françois; encore ces retours n’étoientils tolérés , sous ces conditions , que pour Rouen et Dunkerque. On étendit peu à peu ce privilège à toutes les soies et mar-

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