‹ De l'industrie françoise (volume 2)Chapitre 81 sur 238 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

du Jura , de l’Ain , etc. : c’est surtout dans ces pays qu’on dégrossit toutes les pièces qui entrent dans les rouages ; on les livre ensuite aux horlogers pour être polies et retravaillées.

Avant 1789 , on ne fabriquoit en France que 200 mille montres ; mais le bas prix auquel elles sont tombées , les progrès du luxe, et l’aisance qui règne dans les campagnes, en ont répandu l’usage , et fait augmenter la fabrication.

Les réparations que nécessitent journellement les montres et les pendules , ajoutent encore beaucoup à l’importance de cette industrie : les nombreux horlogers établis dans les provinces, et qu’on trouve jusque dans les plus petites villes, ne sont guère occupés qu’à réparer: je crois estimer audessous de la réalité, en portant ce bénéfice de main d’œuvre à 5, 000, 000 fr.

M. Necker évaluoit A 10,000,000 fr. la valeur de l’or et de l’argent provenant de notre commerce à f’étranger , employés par les orfèvres ou les bijoutiers ; cette somme est à peu près doublée par la refonte de la vieille vaisselle et des galons qu’on destine au même usage.

164 DE l’industrie FRANÇOISE.

Le travail de la grosse orfèvrerie n’ajoute à peu près qu’un huitième au prix de la matière première ; mais la bijouterie, dont la fabrication est immense à Paris , la dorure , la broderie , prennent , par l’industrie , une valeur auprès de laquelle celle du métal n’est pas plus du cinquième.

Tous les états que j’ai pu me procurer de la part de l’administration et des fabricans , me portent à croire que l’orfèvrerie emploie annuellement en France pour 16 millions d’or ou d’argent, et la bijouterie pour 4 millions ; ce qui produit , par le travail , une valeur commerciale de 38, 000,000 fr. sur laquelle Paris est compris pour plus des trois cinquièmes.

On compte , en ce moment, à Paris , huit à neuf cents ateliers de doreurs sur bronze : en comprenant les fondeurs , les tourneurs, les ciseleurs, les doreurs , etc. cet art n’occupe pas nloins de six mille ouvriers ; et en évaluant à 4o?ooo fr. le produit annuel de chaque atelier, le commerce des bronzes dorés est un objet d’environ 35 millions.

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