CHAPITRE IV
Des Règlemens de fabrication.
Vers le milieu du dix-septième siècl^ France ne possédoit encore que des mannfactures destinées à fournir des prodoits grossiers aux besoins de ses habitans; la draperie fine, ainsi que nous l'avons déjà observé, étoit fabriquée en Hollande et en Espagne ; les belles soieries nous étoïent fournies par l'Italie; la bonneterie venoit d'Angleterre, et la Hollande et le BrabzBt étoient supérieurs par les toiles et les dentelles. '
Colbert paroît, et son génie dégage le commerce de toutes ses entraves ; il appcUff l'étranger dans nos ports; il forme là'compagnie des Indes occidentales, et AHe des Grandes-Indes ; il accorde 3o fr. par tonneau d'exportation , et 5o fr. par tonneau d'ioportation ; il donne une prime de 5 fr. p0 tonneau pour encouragerla construction dCs navires marchands: en peu d'années les mers sont couvertes de nos vaisseaux , et noi remplis de ceux de toutes les nations. ■
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Si le commerce doit sa régénération k i Colbert, les principales branches d'industrie lui doivent aussi leur naissance r les fabricans les plus distingués sont appelés pour s'établir en France , leurs nombreux élèves se répandent bientôt dans les provinces; et, dans le court espace de six ans , il a la donce satisfaction de compter 42,200 métiers employés à fabriquer de beaux draps.
L'industrie, justenientorgueilleuse de ses succès, craignit bientôt qu'on n'altérât les bonnes métbodes de fabrication dont on venoît de l'enrichir; elle crut être arrivée k la perfection ; elle voulut rendre les procédés invariables en faisant prescrire partout le même mode de fabrication ; de toutes parts, les manufactures sollicitèrent des règlemens , et Colbert souscrivit à leurs vœux.
Ces règlemens ne sont, à la vérité, que la description exacte des meilleurs procédés de fabrication ; et, sous ce rapport, ils forl ment des instructions très-utiles; mais ces [ règlemens étoient exclusifs, l'artiste ne pouvoit pas s'en écarter , la stricte exécution en étoit commandée, et les inspecteurs brisoient les métiers, brùloient les étoffes, prononçoient des amendes, toutes les fois.
2,)0 DE LINDCSTRIE PRAltfÇOlSE.
■voir imiter les produits de l'iadustrie étrangère, perdant ses débouchés au dehors par l'impossibilité de varier sa fabrication , et de l'assorlir au goût du consommateur; on verra le gouvernement occupé sans relâche à ramener l'industrie à l'exécution littérale des procédés prescrits , à étouffer, dès son origine, tonte pensée d'amélioration, et à remplir les ateliers de comoiis , d'inspecteurs , de marqueurs , comme pour en faire émigrerla bonne foi , l'émulation et le génie.
Dfs Règleniens concernant la fahricatmn des Étoffes de laine.
Une ordonnance du mois d'août 1669, prescrit les longueurs et largeurs que doivent avoir les draps , les serges , les rases façon de Chartres, deCbàlons et de Heims, les camelots, les bouracans , les étamines, les frocs , les droguets , les tiretaines , etc.
Dans le court intervalle de quatre moiSf tous les métiers dévoient être rois à la largeur et longueur prescrites par l'ordonnance; api'ès ce terme , les anciens métiers dévoient être brisés, et les propriétaires condamnés