CHAPITRE IV
bonnoisy la Bresse, le Bugey, l'Auvergne ou le Vivarais.
Un arrêt du conseil du 27 mai 1746 donne de nouveaux règlemens à la fabrique de Tours.
Tous ces règlemens étoient fondés sur les meilleurs procédés de fabrication qui fussent alors connus, et ils en consacroient Fexé- , cution : mais le consoinmateur, qui prononce sans appel sur le sort d'une fabrique, a voulu plus de variété dans les tissus , et des étoffes à plus bas prix; il a bien fallu se conformer à ses goûts , et l'on a été forcé de fabriquer des étoffes brillantes et légères qui , sans avoir la solidité des anciennes , étoient préférées à cause du bas» prix, et recherchées par leur éclat et leur variété. On a crié^ comme de coutume , à la ruine de la fabrique, à la perte des bons procédés, mais l'industrie , en se pliant au goût du consommateur , l'a retenu dans sa dépendance , et a conservé ses avantages sur l'industrie étrangère. A la vérité, on voit peu aujourd'hui de ces taffetas corcés qu'on léguoit aux générations futures, parce que les femmes, qui usent moins qu'elles ne ternissent, préfèrent ces étoffes légères qu'on leur donne
a6o DE I.'irfDCSTRIE FRANÇOISE.
à bas prix; ayant une somme déterminéei dépenser, elles aiment mieux avoir deui robes qu'une seule.
La liberté de fabrication, en donnant un libre cours aux facultés de l'artiste, crée sans cesse de nouveajix genres, et imprime k tous un goût, une élégance, une propreté qui séduisent, entraînent et multiplientles acheteurs. La variété des étoffes satisfait seule à tous les goûts, à toutes les fantaisies; elle va au-devant de la mode qu'elle provoque, et les prix différens de ses produits appellent le consouimateur de toutes les classes de la société.
Le manufacturier qui fait fabriquer, dans ses ateliers, des étoffes de soie brochées d'or et d'argent , réunit sans doute de grandes connoissances dans l'art, et une habileté peu commune pour l'éxecution; mais celui qui met ses produits à la portée de la cLisse la plus nombreuse de la société, emploie dans le même temps beaucoup pins de soie, un plus grand nombre d'ouvriers, et donne plus de travail au teinturier, au tailleur, etc. Ce dernier contribue donc plus puissamment à la richesse nationale. Le luxe de quelques particuliers concourt bien foi-